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jeudi 10 août 2017

"La Sublime Communauté, tome 1 : Les Affamés" d'Emmanuelle Han



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Informations de publication :

  • ISBN : 978-2-330-08667-1
  • Format : 14,5 x 22,5 cm • 384 pages
  • Origine : France
  • Version originale
  • Date de parution : 4 octobre 2017
  • Prix : 16 euros

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    Résumé au dos de l'ouvrage :

     "C'est la fin de notre ère.
    Aux quatre coins d'une planète dévastée devenue invivable, de mystérieuse portes apparaissent, ouvrant des brèches vers Six Mondes dont on ignore tout.
    Fuyant la mort et le désespoir, des populations entières les Affamés – se déplacent pour s'y ruer aveuglément.
    Seuls quelques individus se refusent à fuir et doutent de la réalité de ces terres promises. Tupà, Ekian et Ashoka, trois Transplantés – des enfants arrachés à leur milieu d'origine dans un but inconnu – ne se connaissent pas et vivent à des milliers de kilomètres de distance.
    Pourtant, leurs destins sont liés.
    De leur union dépendra le sort de la Sublime Communauté."


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    La bande-annonce :


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    L'auteur :


    Emmanuelle HAN 



    Grande voyageuse, Emmanuelle Han se tourne, après des études de lettres, vers le documentaire. Elle réalise son premier film en 2002, au Niger, puis participe, pendant vingt ans, à de nombreux tournages en tant qu'auteur et réalisatrice. Avec la série documentaire "Sans crier gare", elle embarque aussi, pendant quatre ans, à bord de l'aventure des "Nouveaux Explorateurs", pour Canal+. En 2014, elle publie un premier ouvrage, Flying Blues, un recueil de textes et d'images issus de ses voyages (éd. Intervalles). La Sublime Communauté est son premier roman.
      

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    Mon avis sur ce roman :

    Ce roman m'a été proposé par Babelio lors d'une édition privilégiée de Masse Critique. On m'offrait l'occasion de lire une dystopie que je ne connaissais pas encore et en plus en avant-première. Alors... comment dire... ben oui, je n'ai pas pu résister, la tentation était vraiment trop grande et le résumé très alléchant.

    Ai-je eu raison de céder à la gourmandise ?

    "La Sublime Communauté, tome 1 : les Affamés" est le premier roman d'Emmanuelle Han, mais l'auteure n'est pas une véritable novice dans l'art de conter. En effet, elle a une grande expérience dans le domaine du documentaire audio-visuel et franchement, ça se sent énormément.
    Emmanuelle Han nous fait voyager autour du globe avec ses personnages sur trois continents différents : Asie, Afrique et Amérique. Nous commençons par nous rendre en Amérique du Sud, à la jonction de l'Argentine, du Brésil et du Paraguay pour y faire connaissance avec Tupà, un jeune garçon qui a été élevé par une tribu dans une réserve naturelle. Puis, nous partons à la rencontre d'Ekian, la seule fille du futur trio héroïque, alors qu'elle a quitté l'Inde pour se rendre aux frontière du Sahara. Et nous terminons par la rencontre d'Ashoka, un autre jeune garçon  qui a lui été confié à un Roi très spécial dans la partie nord de l'Inde.

    Les trois personnages sont représentés sur la couverture de l'ouvrage ce qui permet de bien se les imaginer. Malgré toutes les différences qui les séparent, ils ont une chose en commun : tous trois ont été retirés de leurs milieux d'origine à l'âge de 8 mois pour être confiés à d'autres familles, loin de leurs origines. Ce sont des Transplantés. La raison de cette transplantation est assez mystérieuse. A-t-elle été faite dans le but d'éviter la réalisation d'une prophétie quelconque ? Ou au contraire dans le but qu'une prophétie se réalise ? La raison est-elle tout autre ? Bref, on est tenus en haleine tout au long du roman, on dévore les pages, avides d'en savoir plus, avec l'espoir d'avoir des réponses claires à nos interrogations... en vain ! Il ne faut pas oublier que ce roman est le premier tome d'une série, et en bon premier tome il pose les bases, nous fait entrer dans les prémisses de l'histoire, nous permet de nous imprégner d'une ambiance, d'un monde et de faire connaissance en profondeur avec les héros de cette aventure.

    L'auteure a fait un choix judicieux en adoptant l'alternance de points de vue à chaque chapitre. On avance donc pas à pas dans l'histoire : un chapitre avec Tupà, puis un chapitre avec Ekian, un autre avec Ashoka... et on recommence ainsi jusqu'à la dernière page. Ce qui nous permet de nous téléporter auprès de chaque personnage et d'avoir une vision quasi simultanée des événements qu'ils vivent chacun de leur côté du globe.

    Au fil des pages nous rencontrons aussi d'autres personnages hauts en couleurs, certains plutôt sympathiques, d'autres un peu moins. De Freddie le chauffeur de taxi grand ami de Tupà, au Roi des Intouchables égoïste et plutôt antipathique, en passant par une sorcière, des Djinns redoutables, des Affamés inquiétants, des Guetteurs conspirateurs, des Passeurs...

    Eh oui ! Des Passeurs ! Car dans le monde d'Ekian, Ashoka et Tupà, des portes, s'ouvrent sur Six Mondes et pour franchir ces portails les Passeurs ont un rôle important, une sorte de rôle de guide. Les Affamés n'hésitent pas à suivre ces Passeurs dans l'espoir obsédant de se rendre dans un monde meilleur, de quitter la Terre dévastée avant qu'il ne soit trop tard et de recommencer une nouvelle vie. Et tous ces petits "moutons de Panurge" que sont les Affamés sont décidés à foncer tête baissée sans savoir ce qui se cache réellement derrière ces portes. On ne peut pas leur en vouloir, quand on a tout perdu, qu'on n'est plus qu'un "déchet humain sur pattes", il faut bien se raccrocher à quelque chose pour garder un peu espoir.

    Seuls les trois jeunes héros de notre histoire semblent avoir un avis beaucoup plus mitigé sur ce qui se trouve dans les Six Mondes. Ce sont les seuls à suspecter que tout ne sera peut-être pas tout rose de l'autre côté. Mais bien entendu, personne n'est prêt à les écouter (Sauf nous, qui, en tant que lecteur de dystopie savons pertinemment que tout ne peut pas être si simple.).

    Mais qu'est-ce qui se cache réellement derrière ces portes ? C'est une question qui nous obsède jusqu'à la dernière ligne de la dernière page... et... Ô frustration ultime ! L'auteure nous abandonne sur le seuil de l'une des portes. Quelle cruauté de nous laisser face à un cliffhanger ! Ce n'est pas gentil du tout ça ! 

    On se consolera en se disant que premièrement le tome 2 finira bien par sortir un jour pour nous guérir de cette frustration et que deuxièmement on aura appris pas mal de choses concernant des mythes, des rituels, des traditions, des façons de vivre très éloignés de ceux que nous connaissons. Toutes ces connaissances que l'auteure nous apporte sont basées sur des faits culturels réels et c'est ce qui me permet de revenir à ce que j'avais affirmé au tout début de cette chronique : Emmanuelle Han a beaucoup voyagé, a participé à pas mal de documentaires et on le ressent parfaitement lors de la lecture de ce roman qui, s'il n'y avait pas une dimension fantastique pourrait très bien se révéler être un docu-fiction.

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    En conclusion :  

    Un roman dystopique pré-apocalyptique qui s'adresse plutôt aux adolescents (à partir de 14 ans) et aux adultes qui aiment aussi ce genre (et dont je fais partie). Une bien belle lecture pour laquelle je ne regrette pas le moins du monde d'avoir cédé à la tentation.
    Des personnages attachants et crédibles dans un monde qui l'est tout autant avec juste ce qu'il faut de fantastique pour titiller l'intérêt des amateurs du genre et donner une folle envie de connaître la suite et de passer la vitesse supérieure.

    Pour terminer, je dirais donc que ce tome d'introduction est une mise en bouche très réussie pour une première incursion dans le monde du roman. Le style d'Emmanuelle Han est très agréable, ce fut un véritable plaisir à lire.

    Un grand merci au site Babelio et aux éditions Actes Sud junior pour m'avoir permis de plonger dans le premier volet de cette belle aventure prometteuse.
    Vivement la suite !


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    Mon appréciation :

    J'ai beaucoup aimé.
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    En vente le 4 octobre 2017 

    http://www.actes-sud-junior.fr/
     

    vendredi 1 mars 2013

    Mon avis sur "Le Demi-Monde, tome 1 : hiver" de Rod Rees


    542 pages
    Editeur : Editions J'ai lu (janvier 2013)
    Collection : Nouveaux Millénaires
    Origine :Angleterre
    Traduction française : Florence Dolisi





    Voici mon avis concernant "Le Demi-Monde, tome 1 : hiver" de Rod Rees.


    Voici le résumé figurant au dos de l'ouvrage :

    «Le Demi-Monde est la simulation informatique la plus avancée jamais conçue. Créé pour entraîner les soldats à la guérilla urbaine, ce monde virtuel est volontairement bloqué dans une guerre civile permanente. Ses trente millions d'habitants numériques sont gouvernés par les avatars des plus cruels tyrans de l'Histoire : Heydrich, l'architecte de l'Holocauste; Beria, le bourreau de Staline; Torquemada, l'Inquisiteur sans pitié; Robespierre, le visage de la Terreur...

    Quelque chose s'est cependant détraqué à l'intérieur même du Demi-Monde, et la fille du président des Etats-Unis y est restée coincée. Il incombe à l'agent Ella Thomas d'aller la récupérer, mais, une fois sur place, la jeune femme se rend compte que les règles du jeu sont faussées...

    Le monde réel pourrait bien courir un danger que nul n'a encore osé imaginer !»


    Voici le book-trailer de l'ouvrage :

     


    Envie de lire le prologue ? C'est par ici :




    Mon avis concernant cet ouvrage : 

    Le Demi-Monde n'est rien d'autre qu'une impressionnante simulation informatique gérée par ABBA (rien à voir avec le groupe de musique suédois des années 70. ^^), un ordinateur qui, du point de vue des Dupes (habitants du Demi-Monde), est considéré comme un Dieu.

    Voilà déjà qui donne a réfléchir : et si nous-mêmes n'étions que de simples avatars dans un monde virtuel ?
    Je ne suis pas folle, ne vous inquiétez pas. Ce que je souhaite exprimer ici c'est l'immense réalisme de l'histoire que nous conte ce livre. Vraiment, ça fait froid dans le dos !

    Avec les progrès technologiques de notre propre monde, nous ne sommes qu'à deux doigts d'être en mesure de créer un tel "outil" pour le compte de nos armées. Car, il faut bien le rappeler, le Demi-Monde a été créé dans le but d'entraîner les soldats... américains ! Logique. Une idée pareille est plus crédible si elle sort directement de cerveaux américains, non ? ^^
    Il n'y a qu'à voir ce qui se passe dans la plupart des films : qui sauve toujours le monde ? Les Américains ! Qui a des super-héros en veux-tu, en voilà ? Les Américains ! Qui possède des technologies super avancées que les autres n'ont pas ? Les Américains ! Où les extra-terrestres décident-ils de se crasher ? Bingo ! Chez les Américains ! ^^


    Bref. Tout ce blabla pour dire que nous avons affaire à un ouvrage mettant en scène... oui ! Bravo ! Vous avez tout compris ! Des Américains. ^^

    Mais n'allez pas vous méprendre : cette fois les patriotes de la Bannière Etoilée ne sont pas présentés sous leur meilleur jour. Leur merveilleuse expérience finit par déraper (c'est ça de vouloir jouer aux apprenti-sorciers ou à Dieu ! ^^). Une personne qui n'aurait jamais dû en faire partie se retrouve coincée dans l'univers impitoyable du monde virtuel. Pour donner plus de poids à ce petit incident, on apprend qu'il s'agit de Norma, la fille du président en personne ! Et comme si ça ne suffisait pas, l'armée américaine ne peut pas envoyer de troupes pour la sauver. La seule mission de secours qui pourra être envoyée sera composée d'une seule et unique personne : Ella Thomas.

    Cette jeune femme afro-américaine qui pensait simplement passer une audition pour chanter du Jazz se retrouve agent en mission pour l'armée américaine dans l'enfer du Demi-Monde.

    Parlons-en un peu de ce Demi-Monde.

    C'est un endroit extrêmement hostile, divisé en différents quartiers surpeuplés avec une identité propre à chacun. Ces quartiers ont un côté ségrégationnistes : les habitants y étant affectés en fonction de leur race, de leurs pratiques ou de leurs religions. Tout a été calculé de manière à créer des tensions et veiller à ce que ce monde soit en guerre civile perpétuelle.

    Le niveau technologique a toutefois été ramené à celui de la fin du XIXème siècle. Pas de bombe atomique mais tout le nécessaire pour tenir de longues guérillas et autres guerres civiles.

    Mais tout ceci ne suffisait pas. Les créateurs du Demi-Monde ont donc eu l'ingénieuse idée de mettre à la tête de chacun des quartiers les pires personnages de l'Histoire : Heydrich, Beria, Robespierre...

    Dans ce premier volume, le tyran "vedette" est Heydrich, nazi architecte de l'Holocauste et tristement célèbre personnage de notre réel passé historique.

    Vous me direz que vous ne voyez pas bien en quoi la situation est dramatique : après tout, si c'est une simulation virtuelle il suffit d'arrêter le programme, de taper sur la touche "Echap" ou même de tout débrancher.

    Mais il faut savoir qu'il est tout à fait possible de mourir dans cette "réalité virtuelle" (oui, je pense que "réalité virtuelle" est le terme le plus approprié).

    Le Demi-Monde est bien plus qu'une simple simulation informatique, c'est une sorte de nouvelle dimension, une sorte de monde parallèle relié à notre propre monde par des passerelles virtuelles. Et autre fait très inquiétant (ce qui se cache derrière la phrase "... une fois sur place, la jeune femme se rend compte que les règles du jeu sont faussées..." dans le résumé de l'ouvrage.), les Dupes ne sont peut-être pas aussi dupes que ça.

    Stop ! Je ne vous dirai pas un mot de plus sur l'histoire et le contexte. ;-)

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    Le concept de cette quadrilogie est vraiment original. J'ai vraiment adhéré et je tiens à décerner un coup de coeur à ce premier tome qui nous fait voyager alternativement dans les deux mondes (le réel et le virtuel) à chaque nouveau chapitre (surtout au début de l'histoire pour nous aider à nous imprégner en douceur).

    La première immersion pourra peut-être paraître un peu difficile mais quelques pages suffiront à vous faire sentir comme un poisson dans l'eau.

    Et pour ceux qui souhaiteraient en savoir plus sur les termes spécifiques de l'histoire, un glossaire est présent à la fin de l'ouvrage.

     Sachez aussi que ce roman est plutôt dangereux : vous risquez de développer une véritable addiction et ressentir un manque terrible en arrivant au cliffhanger final. Mais rassurez-vous, trois autres volumes sont prévus pour assouvir notre soif.

    La mauvaise nouvelle c'est qu'il va nous falloir patienter jusqu'au mois d'octobre 2013 pour avoir notre prochaine dose. ;-)


    En conclusion :  

    Un véritable coup de coeur pour ce premier volet qui m'a donné des frissons dans le dos de par la crédibilité du monde qu'il nous propose de découvrir.

    Les amateurs de science-fiction seront comblés par cette dystopie terrifiante.

    A découvrir absolument !

    En plus, la couverture d'inspiration steampunk est magnifique ! Que demander de plus ?

    La suite, pardi ! ;-)


    Un grand merci aux éditions J'ai Lu pour cette belle découverte.

    jeudi 13 septembre 2012

    Mon avis sur "L'année des dragons" de Jean-Louis W. Mauré

    425 pages
    Date parution : Août 2012
    Origine : France
    Version originale
    ISBN : 9782954259406
    Prix : 19€


    Voici mon avis concernant "L'année des dragons" de Jean-Louis W. Mauré.

    Jetons tout d'abord un oeil à la couverture.
    Lorsque j'ai découvert la couverture, j'ai tout de suite été séduite par le côté flamboyant de l'illustration. Des flammes qui inspirent à la fois le chaos et le retour à un monde sans électricité : le feu comme unique moyen de se chauffer, se nourrir, s'éclairer mais aussi se protéger. Le coucher de soleil sur les montagnes qui figure dans la partie supérieure de la couverture me fait penser au changement, à la fin d'une ère et l'annonce d'un jour nouveau et différent.

    Voici le résumé figurant au dos du roman :
    "Imaginez une journée entière sans téléphone ni appareil électrique qui fonctionne ! Au deuxième jour, c’est la crise de nerfs assurée. Et si cette panne généralisée durait une semaine ? Comment s’organiser pour tenir sans machine à laver, pour s’occuper sans télévision ni ordinateur ni internet et se résigner à devoir jeter tout le contenu du congélateur ?
    Plus d’informatique ni de communications, aucun appareil n’est opérationnel et toutes les machines sont en panne. Plus aucune transaction n’est possible, la pénurie de carburant gagne, l’activité économique est complètement paralysée.
    Sans nouvelles de l’extérieur, on se retrouve coincé comme dans une bulle. Encore quelques jours et tout risque de basculer si l’on ne prend des mesures radicales..."

    Voici la bande-annonce du roman :


    Vous pouvez aussi découvrir gratuitement les premières pages ici : 
    Extrait du roman (pdf)


    Parlons un peu des personnages.
    Il est difficile de vous parler d'un personnage en particulier. En effet, ce roman met en scène toute une population, un peu dans le style de "Dôme" de Stephen King. Les habitants de Mauriac, ville existant réellement et se situant dans le Cantal, entre la Dorgogne et les volcans d'Auvergne.

    Pourtant, au fil des pages, quelques éléments se détachent un peu du lot : un sous-préfet nommé Castillo qui, par la force des choses deviendra Général, Mr Lesmarie, maire de Mauriac et porte-parole auprès de la population... mais aussi un personnage qui m'a beaucoup fait rire (allez savoir pourquoi ! ^^), Attila II le Grand, qui, comme vous devez vous en douter, n'est pas forcément pacifique.

    Je ne vais pas m'amuser à tous vous les citer car, chaque protagonistes a, à sa manière, un rôle plus ou moins important dans cette histoire.

    Mon avis concernant ce roman :
    Ne connaissant pas la région dans laquelle se situe cette histoire, je n'ai tout de même pas eu de mal à m'en faire une bonne idée. Les descriptions sont suffisamment détaillées pour nous télé-transporter en plein coeur de Mauriac et ses environs. Des descriptions détaillées, dis-je, mais plaisantes à lire.

    J'ai été vraiment emballée par l'idée principale de ce roman (qui, soit dit en passant, est le premier tome d'une trilogie intitulée "L'Aube des jours perdus"). L'auteur nous embarque dans une véritable aventure qui, malgré son caractère fictif n'en demeure pas moins possible. Une panne d'électricité généralisée et pérenne pourrait très bien nous arriver un jour. Plus d'électricité équivaudrait à ne plus pouvoir nous servir de tous ces outils devenus indispensables dans notre quotidien : ordinateur, téléphone, chauffage, aspirateur, lumière... Un véritable retour au Moyen-âge ! Et c'est exactement ce que nous propose Jean-Louis W. Mauré ! Il a essayé d'imaginer ce que deviendrait notre société si on la privait de courant.

    Dans le roman, nous assistons donc à ce retour en arrière de toute une communauté (Mauriac et ses environs) qui doit apprendre à s'organiser pour vivre et survivre. Une panne d'électricité est toujours plus ou moins gênante mais lorsqu'elle semble s'être installée de manière définitive (ou du moins, sur du long terme) il est nécessaire d'apprendre à s'adapter pour continuer à exister. C'est ce que Mauriac et les villages avoisinants s'évertue de faire : une réorganisation complète du système, une vie en autarcie et des moyens de protection contre l'extérieur. Chacun doit apprendre à vivre comme dans l'ancien temps : les forges reprennent du service, seul le pain cuit au four à bois est disponible, il ne fait pas bon tomber malade ou se blesser (les moyens médicaux sont bien amenuisés : pénurie de médicaments, d'alcool...)...

    J'ai beaucoup aimé la façon dont l'auteur nous invite à nous promener dans la ville pour partir à la découverte de ses habitants et surtout, nous montrer l'impact de la grande panne au fil du temps.

    Ce roman se lit très vite, l'intrigue nous absorbe jusqu'à la dernière page. Une fois la fin de l'ouvrage atteinte, on a vraiment envie de pouvoir lire la suite.


    Un seul petit regret : 
    Un petit défaut qui m'a frappée de plein fouet : la typographie utilisée dans les dialogues est étrange. J'avais été habituée au style très personnel de l'auteur qui consiste à parsemer ses dialogues de points d'exclamation lors de ma lecture de "Le loup et le grizzli" (dont vous pourrez retrouver ma chronique ici : mon avis sur "Le loup et le grizzli" ) mais j'ai été un peu surprise par la présentation adoptée pour les dialogues.
    Un exemple : "- Quoi ma fille, lui répond-elle, piquée au vif ?" (Le point d'interrogation en fin d'incise me trouble un peu)
    Mais on se fait vite à ce style plutôt non conventionnel et ça n'enlève rien à la qualité du récit qui nous est proposé. ;-)

    En conclusion :  
    C'est le deuxième roman que j'ai la chance de lire de cet auteur et je suis toujours vraiment fan de ses histoires ! Un roman (et un auteur) qui mérite vraiment d'être lu, dévoré même (Le livre ! Pas l'auteur ! ^^). Je le classe à la fois dans la catégorie aventure et dans la catégorie anticipation car, cette histoire qui semble incroyable pourrait très bien arriver un jour. Pas de monstres, pas d'extra-terrestres ou autres créatures et phénomènes paranormaux dans "L'année des dragons", tout est parfaitement ancré dans notre réalité.

    Pour terminer, je dirais simplement : "Vite ! La suite !" ;-)

    Un grand merci à l'auteur, Jean-Louis W. Mauré et à Eivlys éditions pour m'avoir permis de découvrir ce titre lors d'un partenariat.

    jeudi 23 février 2012

    Mon avis sur : "Les Mange-Rêve, tome 5 : le miroir du rat" de J-L. Le Pogam


    Tome 5 : Le miroir du rat
    311 pages
    Editeur : Palémon éditions
    Dates de parution : 1er trimestre 2011
    Origine : France
    Version originale
    ISBN : 978-2-916-24821-9

    Voici mon avis concernant le tome 5 de la série "Les Mange-Rêve" de Jean-Luc Le Pogam.


    Jetons tout d'abord à la couverture.
    Une couverture sombre qui illustre bien la tourmente à laquelle se trouveront confrontés les jeunes héros de la saga dans ce 5ème tome. Un homme, peut-être pas si âgé qu'il n'y paraît assis seul derrière une grande baie vitrée qui semble le protéger de la tempête qui gronde au-dehors. A moins que cette immense vitre ne soit le mur d'une prison de solitude ? Cet homme que j'identifierais comme étant le jeune Iwan (voilà pourquoi je vous disais juste au-dessus qu'il ne faisait pas forcément son âge) se retrouve face à un avenir noir. Pourtant, il ne semble pas l'accepter : sa tête semble ne pas vouloir se tourner vers ce futur désespérant, ses yeux ne veulent pas voir la noirceur des jours futurs qu'on essaie de lui imposer. Cet orage violent peut facilement être assimilé à Bogdich et sa dictature. La mince paroi de verre symbolise la résistance. Mais est-elle assez solide pour tenir bon face à la tempête qui s'abat contre elle ?
    Un autre symbole : sa casquette verte ! Vert, couleur de l'espérance. Mais la teinte camouflage exprime aussi le combat, la guerre. Tout nous laisse à penser que malgré sa peur d'affronter son destin, il est prêt à se battre, à lutter et, même si les chances de l'emporter sont minimes, il garde espoir. Il n'abandonnera pas. Il fera tout pour sauver sa liberté, son droit au rêve et à la Vie.
    Cette couverture n'est pas ma préférée mais je trouve qu'elle colle parfaitement à l'ambiance de ce cinquième volet.


    Voici le résumé figurant au dos de l'ouvrage :

    "Taÿfa aura sans aucun doute été la rencontre qui a tout fait basculer pour Iwan, Thibault et Mélanie.
    Taÿfa, citadelle aux mille couleurs de peau, aux accents sans frontières. Taÿfa, l'adolescente, dernier bastion de cette liberté à sauvegarder à tout prix.
    Taÿfa la rebelle qui détient et dévoile les vérités cachées, fédère la jeunesse, crée ses propres systèmes de communication pour échapper à la censure.
    Mais Taÿfa sous haute surveillance et objet de toutes les convoitises car elle a fait chanceler le pouvoir du tyrannique Président Bogdich en s'attaquant à Tombmor, l'une des places fortes de son régime.
    C'est donc entre ses murs que garçons et filles de tous horizons se retrouvent pour organiser la Résistance, fiers d'avoir pu prouver que l'envie de liberté peut faire au moins vaciller ses plus farouches opposants.
    Mais c'est aussi entre ses murs que la rouille ronge doucement les mémoires endolories de jeunes qui n'avaient pas un instant pensé aux traumatismes que peuvent causer pareils événements.
    Jamais cependant nos trois héros, qui ont perdu leur âge, ne laisseront s'éteindre la flamme de l'espoir, fut-elle l'ultime lueur de vie d'une chandelle à l'agonie...
    "


    Présentation de l'éditeur :

    " Le miroir du rat est le cinquième volume des Mange-Rêve. Charnière entre deux cycles, l’ouvrage met en évidence les traumatismes causés par les événements vécus par les héros. L’auteur, par cette prise de recul, fait peser sur l’ouvrage et ses antagonistes le poids de la réflexion. Il accentue encore ce repli sur soi-même en enfermant les adolescents dans l’univers carcéral qu’ils ont eux-mêmes choisi car il est également leur refuge face au monde extérieur où les dangers qui rôdent sont plus voraces encore. Le rythme du récit s’est nettement infléchi forçant le plus souvent l’action à laisser place à l’introspection.
    Mais là encore subsiste le doute sur la fragile limite entre la Résistance et le terrorisme vers lequel certains autres seraient tenter de basculer. La seule chose dont l’auteur semble convaincu, et c’est là le message qu’il délivre, c’est qu’exister est déjà résister."


    Parlons un peu des personnages.
    Nous retrouvons les personnages des 4 premiers volets (exception faite de quelques uns ;-) ).

    Cette suite met toujours en scène le trio Mélanie / Iwan / Thibault. Mais les trois enfants du premier cycle des Mange-Rêve ont "grandi". Les événements tragiques qu'ils ont vécus les ont poussés à changer. Ils sont bien décidés à lutter de toutes leurs forces contre le Président Bogdich et sa foutue dictature ! 

    Dans ce cinquième volet, la poche de résistance de Taÿfa se retrouve sur le devant de la scène. Les adolescents rebelles dont Mélanie, Iwan et Thibault ont fait la connaissance dans le cycle précédent ont pris le trio sous leur aile. Ensemble, ils se battront pour se débarrasser de Bogdich et ses Mangeurs de rêves. Ensemble ils se battront pour retrouver leur liberté.

    Mon avis concernant ce roman :
    Ce volume initiant le deuxième cycle de la saga, l'auteur a eu la bonne idée de commencer par nous faire un petit résumé des événements du premier cycle. Une attention qui peut plaire aux lecteurs qui auraient pu perdre un peu le fil de l'histoire en attendant la sortie de ce tome mais qui peut aussi permettre à ceux qui n'ont pas lu le premier cycle de ne pas se sentir trop perdus (Bien qu'il serait dommage de ne pas lire les quatre premiers tomes ! J'en recommande chaudement la lecture. Ne pas lire les premiers volumes reviendrait vraiment à passer à côté de quelque chose. ;-))

    Dans ce cinquième tome, nous retrouvons de l'action mais aussi de longs moments d'introspection. L'auteur pousse les personnages à s'interroger, à réfléchir aux conséquences de leurs actes. Leur manière de s'y prendre est-elle vraiment la bonne ? Le Président Bogdich n'aurait-il pas un peu raison de les faire passer aux yeux du monde pour des terroristes ? Ont-ils une chance de gagner ? Leur destin est-il déjà scellé ? Sont-ils tous condamnés ? Doivent-ils continuer de lutter ? ...


    J'ai trouvé que le ton de ce volume était moins "léger" que dans le cycle 1 : on sent que le trio Mélanie / Iwan / Thibault a gagné en maturité. Les événements passés les ont obligés à sortir de l'enfance plus vite que la normale. Les épreuves traversées, les tragédies vécues, les ont fait mûrir, leur faisant presque oublier leurs rêves. Ils ne sont plus de simples enfants, ils sont devenus des hommes, des rebelles. Ils ont perdu leur innocence.
    Iwan se retrouve confronté à "ses démons". Il s'enferme dans sa solitude. Il commence à douter, à désespérer. Il souffre de l'intérieur. Nous découvrons non plus un enfant mais un homme tourmenté.

    La bonne humeur omniprésente de Thibault dans les 4 premiers volets s'étiole peu à peu.
    Même Mélanie a changé : elle a soif de vengeance et est prête à ne faire aucun quartier.

    Ce tome 5 est le théâtre d'une guerre active entre Taÿfa et le pouvoir de Bogdich. Nous nous retrouvons sur le front, en première ligne aux côtés des jeunes rebelles.

    Un petit regret : même si le style de l'auteur est toujours aussi fluide et agréable à lire que dans les précédents volets, je n'ai pas retrouvé la clarté du premier cycle en ce qui concerne l'emploi du présent et du passé. J'ai été, par moment, un peu perdue, ne sachant pas trop s'il s'agissait d'une scène se déroulant en direct, d'un souvenir ou d'un rêve.

    Mais une fois encore, l'histoire nous happe, nous tient en haleine, jusqu'à la dernière page. Dernière page qui ne laisse planer aucun doute : tout est loin d'être terminé !
    En refermant l'ouvrage, nous n'avons qu'une seule envie : pouvoir lire le tome 6 pour enfin connaître le fin mot de l'histoire. Dénouement heureux ou malheureux ? Seule la lecture de "la révolte des chiens", le fameux tome 6 devant paraître cette année,  pourra nous le dire. A moins que l'auteur ne nous fasse le coup d'écrire un tome 7 ? ;-)

    En conclusion :  
    Encore une fois j'ai pris un réel plaisir à suivre les jeunes héros de cette histoire qui nous amène à nous interroger sur nos libertés. Et si, sans que l'on s'en rende compte, les dirigeants de ce monde cherchaient à nous priver de nos libertés ? Liberté de rêver, liberté de s'exprimer, liberté de créer... liberté de vivre.

    Mon avis reste le même que pour le premier cycle de cette saga : à lire absolument !


    Un grand merci aux chroniques de Madoka, à l'auteur, Jean-Luc Le Pogam et à Palémon éditions pour m'avoir permis de découvrir cette excellente série suite à un concours.

    dimanche 22 janvier 2012

    Mon avis sur : le premier cycle de "Les Mange-Rêve" de J-L. Le Pogam


    Tome 1 : Le Grand dérèglement
    251 pages
    Editeur : Palémon éditions
    Dates de parution : 1er trimestre 2008
    Origine : France
    Version originale
    ISBN : 9782907572903




    Tome 2 : La route du Nord
    316 pages
    Editeur : Palémon éditions

    Dates de parution : 3ème trimestre 2008
    Origine : France
    Version originale
    ISBN : 9782907572972




    Tome 3 : Tombmor 1
    284 pages
    Editeur : Palémon éditions

    Dates de parution : 1er trimestre 2010
    Origine : France
    Version originale
    ISBN :  9782916248097




    Tome 4 : Tombmor 2
    281 pages
    Editeur : Palémon éditions

    Dates de parution : 1er trimestre 2010
    Origine : France
    Version originale
    ISBN : 9782916248103

    Voici mon avis concernant le 1er cycle de la série "Les Mange-Rêve" de Jean-Luc Le Pogam.
    Petite précision : j'ai décidé de regrouper les quatre volumes du premier cycle de la série dans une même chronique car on ne peut pas se contenter de lire un seul tome. L'histoire s'étale sur les quatre tomes, chaque volume se terminant par un cliffhanger qui nous donne envie de vite connaître la suite. Je vous conseille donc vivement d'avoir à portée de main les quatre tomes pour ne pas être frustrés par l'attente de votre prochaine visite chez le libraire. ;-)

    Jetons tout d'abord aux couvertures des quatre tomes.
    Les couvertures de chacun des volumes constituant la série ont une belle uniformité au niveau des polices utilisées pour les titres et nom d'auteur mais aussi au niveau des couleurs. De plus, le choix des niveaux de gris et du blanc reflète parfaitement l'environnement dans lequel se déroule "les Mange-Rêve" : un monde gelé, glacé, enneigé.
    Ma préférence va sans aucune hésitation à l'illustration du tome 4 "Tombmor 2" : passé entre les mains d'Annie Fournier le Mont Saint Michel a un côté lugubre tout en conservant sa beauté originelle. J'imagine bien cette illustration être potentiellement déclinée en poster. ;-)

    Présentation de la série par l'éditeur :
    "À partir de 12 ans

    2024. Les ordinateurs des gouvernants ont cerclé l'Europe d'un mur électromagnétique infranchissable, y programmant des hivers de neuf mois, flanqués de températures à -50 °. Dessinateurs, peintres, musiciens, danseurs, écrivains ou photographes... Tous sont pourchassés par les Mange-Rêve car leur métier d'artiste est désormais interdit."


    Voici les résumés figurant au dos des différents tomes :


    * Tome 1, "Le grand dérèglement" : 
    "Iwan et Thibault sont amis depuis la maternelle.
    Pour les deux garçons et leur copine Mélanie, début septembre rime depuis toujours avec rentrée. Sauf que cette fois, elle a lieu au collège.
    Alors, quoi de plus banal que le petit coup de stress d'une rentrée de septembre à la veille des premiers grands froids ?
    Rien, si ce n'est qu'un soir, fuyant un cours de guitare qui a tourné au drame, Iwan et Thibault se réfugient chez eux mais doivent se rendre à l'évidence : leurs parents ont disparu !


    C'est avec la complicité d'Yvon et Jack, deux grands-pères qui ont oublié de vieillir, que le trio se lance sur des cataskis bourrés d'électronique à la poursuite du train qui emmène ses prisonniers vers le nord.
    Tous les cinq découvrent rapidement qu'ils sont la proie des Mange-Rêve qui les ont pris en chasse dès la première heure de l'expédition..."



    * Tome 2, "La route du Nord" : 
    "Deux cataskis géants ! Voilà ce que Torg, Nag et leurs hommes ont vu surgir du bunker aux aurores. Deux vaisseaux des glaces que les Mange-Rêve prennent immédiatement en chasse sans même avoir la moindre idée de la destination des fuyards. Où qu’il ait choisi de se rendre, ce convoi qui file  vers le nord ne devra jamais atteindre le but de son voyage.
    A bord du Seagull et du Bugale Ar Mor maintenant engagés sur la faille ouest, Iwan, Thibault et Mélanie, conscients de la cible qu’ils représentent pour les Mangeurs, poussent avec Yvon et Jack les machines au maximum de leur puissance, à la limite de la rupture.
    Mais, avec un thermomètre à -50°, des aubes blanches, des tempêtes de neige et la pression de poursuivants en motos-neige, la vie se fait au fil des jours de plus en plus difficile… Surtout quand la malchance se met de la partie !
    En effet, les membres de l’expédition comprennent à leurs dépends que, même lorsque l’on prévoit tout dans les moindres détails, on ne peut envisager l’imprévisible.
    Les amitiés les plus solides se retrouvent dès lors malmenées et la route jusqu’à Tombmor bien plus longue encore…
    "


    * Tomes 3 et 4, "Tombmor 1" + "Tombmor 2" : 
    "Alors que l'on ne sait toujours pas si Jack se remettra ou non de sa chute par-dessus bord, les conditions climatiques, politiques et sociales ne cessent de se dégrader dans cette Europe carcérale.
    C'est au cœur du voyage qu'une série d'événements majeurs vient percuter de front Iwan, Thibault et Mélanie à bord du Seagull. Mais les rencontres, bonnes ou mauvaises, et les longs retours sur soi ne sont-ils pas le meilleur moyen de comprendre les rouages des mécaniques les plus effrayantes ? Ne permettent-ils pas ensuite de les aborder avec plus de force et de conviction ?
    Si, assurément. C'est la raison pour laquelle les trois préadolescents quittent définitivement cette enveloppe de l'enfance jusque-là guidée par la naïveté pour entrer de plein fouet dans un autre monde, celui de l'adolescence, qu'ils vont devoir blinder car tous les clignotants sont au rouge lorsque l'expédition parvient enfin à Tombmor..."
     

    "Nouvelles technologies, rebondissements  incessants, rendez-vous avec l'Histoire, la Résistance, l'actualité ; le voyage, la voile, la Liberté ; réflexion sur l'amitié, les rapports inter générationnels et familiaux, le dérèglement climatique et ses conséquences, les alternatives écologiques et économiques envisageables, la vigilance, l'angoisse, la rigolade et l'imaginaire...
    Voilà les ingrédients de cette expédition au cœur d'une Europe et plus particulièrement d'une Bretagne en glaciation, au cœur d'un ouvrage au triple codage de lecture à la fois pour les jeunes et les adultes de tous âges.

    Parlons un peu des personnages.
    Les personnages sont vraiment attachants, qu'il s'agisse du trio Iwan-Mélanie-Thibault (auquel les jeunes s'identifieront sans aucune difficulté) ou du duo Yvon-Jack.

    J'ai d'ailleurs une tendresse toute particulière pour Yvon, le grand-père d'Iwan, qui, loin d'être un retraité fatigué se lance corps et âme dans une expédition de sauvetage en usant de son expérience en tant qu'ancien membre du GIAT (Groupe d'Intervention Anti-Terroriste). Son dynamisme, sa maîtrise de la situation, son intelligence (son surnom n'est autre que "Fox" et quoi de plus représentatif qu'un renard pour désigner une personne rusée) son dévouement et surtout sa relation avec son petit-fils m'ont vraiment conquise.

    Bien entendu, Mélanie, Thibault et Jack m'ont eux-aussi plu.

    Mélanie, est une jeune fille courageuse qui n'a pas la langue dans sa poche et est dotée d'un sacré caractère. Elle entretient une relation privilégiée avec Iwan.

    Thibault, c'est un peu le comique de la bande. Il pète parfois les plombs pour notre plus grand plaisir, relâchant un peu la pression. Mais Thibault, c'est avant tout le meilleur ami d'Iwan. Ensemble ils vivront des moments très difficiles, allant même jusqu'à frôler la mort. Thibault, c'est aussi un "ventre sur pattes" qui pense très souvent à son estomac.

    Jack, le grand complice d'Yvon est lui aussi un sacré gaillard : courage, force et expérience du terrain font de lui un homme remarquable. Son amitié avec Yvon est incassable. Lorsqu'ils sont ensemble, il leur arrive de se chamailler comme des gamins, nous montrant ainsi que malgré leur âge ils ont conservé une part d'enfant en eux. Ce qui est amusant c'est que, Yvon et Jack entretiennent un peu la même relation que Thibault et Iwan.

    Une dernière petite remarque concernant Iwan et Yvon : leur nom de famille Malaterre reflète leurs talents pour la navigation. Je ne sais pas si l'auteur l'a fait consciemment (je suis presque sûre que oui) mais Malaterre fait tout de suite penser à "mal à terre" qui signifie que ces personnes ne sont bien que sur la mer, comme les vrais marins. Leur fuite en Cataski (un catamaran modifié pour "naviguer" sur la glace et la neige) viendrait d'ailleurs confirmer mes soupçons. ;-)

    Bien entendu, il n'y a pas que des "gentils" dans cette histoire. (Nous ne sommes pas au pays des Bisounours !) Parmi les "méchants" de l'histoire nous retrouvons le président Bogdich qui est à l'origine du "grand dérèglement" climatique européen, des brigades Mange-Rêve (les BMR), de la forteresse Tombmor, de l'élimination de tout ce qui peut procurer du plaisir et du rêve aux populations, de la déportation de tous les artistes (dessinateurs, peintres, musiciens, danseurs, écrivains photographes...)...

    La petite troupe rencontrera aussi des alliés : de jeunes résistants regroupés dans une ville de l'espoir. L'intrigue du second cycle tournera d'ailleurs autour de cette poche de résistance que nous découvrons à la fin du premier cycle.

    Mon avis concernant ce premier cycle :
    J'ai vraiment été bluffée par cette série ! Je ne m'attendais pas à ce que l'histoire soit aussi prenante, les personnages aussi attachants et les messages aussi nombreux.

    Ces romans ont en effet différents niveaux de lecture. Ils nous racontent tout d'abord une histoire (surprenant, n'est-ce pas ? ^^) mais si l'on y regarde de plus près, nous pouvons y retrouver des similitudes avec des faits actuels ou passés. Je me souviens avoir tout de suite pensé aux rafles dans les ghettos et aux camps de concentration de la seconde guerre mondiale en lisant le tome 1 des Mange-Rêve. L'auteur nous y montre aussi l'importance de la résistance, de la solidarité, de l'amitié, du courage, de l'espoir... mais aussi et surtout de la jeunesse.

    Au fil des tomes nous prenons conscience de l'importance des jeunes générations : ce sont elles qui peuvent tout changer ! Elles seules peuvent réussir à résister et à lutter contre les privations de liberté qu'un régime totalitaire tente d'imposer. Elles seules peuvent empêcher les erreurs du passé de se reproduire. Ce sont elles qui ont le pouvoir de tout faire basculer. Elles ont les capacités de se révolter et de ne pas se laisser dominer comme leurs parents.

    Dans ce roman, on apprend aussi beaucoup de choses concernant la navigation, le tout étant expliqué de manière très simple et intéressante.

    L'histoire nous emporte comme un bateau sur l'océan. Les événements s'enchaînent à un train d'enfer comme si nous étions pris en pleine tempête puis, quelques moments de calme (relatif) nous laissent le temps de souffler un peu sans pour autant nous autoriser à relâcher notre vigilance. Une mer d'huile est si vite arrivée !

    L'intrigue est parsemée de "rochers" qui provoquent des rebondissements à répétition. Nos héros frôlent à plusieurs reprises la catastrophe et la mort... ces dernières arriveront d'ailleurs partiellement à leurs fins.

    La fin de ce premier cycle ne se passe pas tout à fait comme on l'aurait imaginée. J'ai presque eu envie d'étrangler l'auteur en découvrant la fin qu'il avait réservée à ce cycle. Mais, après m'être remise de mes émotions et après avoir un peu réfléchi, je me suis dit que cette fin n'était pas si mauvaise en soi. Elle ouvrait la porte au deuxième cycle et nous laissait encore de l'espoir. C'est après avoir réalisé ceci que je me suis lancée dans la lecture du tome 5 de la série (le 1er volume du 2ème cycle) intitulé "le miroir du rat" dont je vous parlerai dans une autre chronique.

    La plume de Jean-Luc Le Pogam est fluide, dynamique. La narration à la première personne et au présent nous permet de nous fondre parfaitement dans l'histoire. J'ai beaucoup apprécié aussi la technique employée pour nous permettre d'identifier les moments de rêve ou de flashback : ils sont tous écrits au passé ce qui nous permet de ne pas nous perdre. Lorsque j'ai commencé la lecture du tome 1, n'ayant pas encore compris ce principe, j'ai été un peu surprise de passer d'un premier chapitre écrit au passé à un chapitre au présent. Mais très vite le déclic s'est fait. Ce premier chapitre n'était en fait qu'un rêve (prémonitoire ?).


    En conclusion :  
    Une série vraiment excellente que je conseille vivement aux lecteurs de 12 à plus de 99 ans.

    Il m'a d'ailleurs été donné de voir à quel point cette série était une lecture familiale : combien de fois ai-je lu que des membres d'une famille se "battaient" presque pour pouvoir lire le prochain tome ? Chez beaucoup, les romans avaient été achetés pour les enfants (pas forcément fans de lecture) qui avaient donné envie à leurs parents de découvrir cette série qui les avait tellement enthousiasmés et les avait rendus avides de lecture.

    Un petit conseil : si vous ne vivez pas seul, que vous avez des enfants, un conjoint... mettez en place un système de rotation des ouvrages avant de les apporter dans votre foyer afin d'éviter des querelles. ;-)


    Un grand merci aux chroniques de Madoka, à l'auteur, Jean-Luc Le Pogam et à Palémon éditions pour m'avoir permis de découvrir cette excellente série suite à un concours.

    vendredi 14 octobre 2011

    "Marche ou crève" de Richard Bachman (Stephen King)



    379 pages
    Editeur : Le Livre de Poche
    Date parution : (décembre 2004)
    1ère parution U.S. : 1979/ FR : 1989
    Origine : Etats-Unis
    Traduction française
    ISBN : 2-253-15139-4


    Voici ma critique de : "Marche ou crève" de Richard Bachman (Stephen King).

    Tout d'abord parlons de la couverture du livre :  :
    Une empreinte de pas dans la neige. Une empreinte d'homme laissée par une bonne paire de chaussures. Cette empreinte a une valeur symbolique : dans le roman, il est en effet question d'une très longue marche. Je ne me souviens pas que les personnages du roman aient eu à affronter la neige (en tout cas, si tel est vraiment le cas, ça ne m'a pas marquée) en revanche, je trouve que ça illustrerait parfaitement la difficulté de cette marche. Progresser dans la neige est assez fatigant et pénible. La "Longue Marche" l'est elle aussi. Mis à part cette empreinte dans la neige, aucune fioriture. Un jeu d'ombres qui me fait penser à une alternance de jours et de nuits. Longueur, difficulté, immensité, sont les termes qui me viennent à l'esprit.

    Voici le résumé figurant au dos de l'ouvrage :
    "Garraty, un jeune adolescent natif du Maine, va concourir pour "La Longue Marche", une compétition qui compte cent participants. Cet événement est très attendu. Il sera retransmis à la télévision, suivi par des milliers de personnes. Mais ce n'est pas une marche comme les autres, plutôt un jeu sans foi ni loi...
    Garraty a tout intérêt à gagner. Le contraire pourrait lui coûter cher. Très cher..."


    Allons-y ! Parlons un peu des personnages.
    Comme souvent dans les romans de Stephen King, nous trouvons une multitude de personnages. Certains sont gardés à l'arrière-plan (imaginez un peu s'il nous fallait faire la connaissance des cent marcheurs individuellement !).

    Le personnage principal de cette histoire, celui que nous suivrons du début à la fin, celui que nous apprendrons à vraiment connaître, se nomme Raymond Garraty. Ce jeune adolescent a postulé pour participer au très grand événement que représente "La Longue Marche".
    Détail amusant mais pas le moins du monde étonnant : Ray est natif du Maine. Stephen King a l'habitude de baser très souvent ses histoires dans le Maine, l'état dont il est lui-même originaire. ;-)
    On assiste au début de l'histoire à la séparation émouvante de Ray et de sa mère. Avant d'avoir été informé des règles du jeu, on pense simplement que Madame Garraty est comme beaucoup de mères, un peu mère-poule et qu'elle a du mal à réaliser que son poussin a grandi. Plus tard, on comprendra pourquoi cette femme était autant brassée par le fait de laisser son fils.
    Comme dans beaucoup de ses romans, Stephen King démarre en douceur. Un groupe de cent adolescents sélectionnés suite à des tests d'aptitude se préparent à prendre le départ d'une épreuve sportive renommée. L'ambiance est un peu tendue, on sent le stress des participants, mais rien d'inquiétant ou d'anormal. Qui n'a jamais eu le trac avant une grande épreuve ? Les concurrents se jaugent, tentant d'évaluer leurs chances face à leurs adversaires. Certains croient dur comme fer qu'ils seront LE vainqueur. D'autres doutent un peu, certains tentent de plaisanter ou de discuter pour faire retomber un peu la tension de l'attente.
    Une fois le départ donné, des liens se forment petit à petit entre Garraty et Peter Mc Vries. D'autres concurrents se montreront bien moins sympathiques.

    Une autre figure emblématique de ce roman n'est autre que le Commandant, organisateur de cette longue marche. Au fil du roman, Garraty le qualifiera de sociopathe entretenu par la société", il le considérera comme un dangereux criminel. On apprendra que son propre fils participe à la course.



    Passons à mon avis général sur ce livre.
    J'ai commencé la lecture de ce roman avec beaucoup de curiosité. Une épreuve sportive renommée, retransmise par la télévision ? Une marche à laquelle seulement 100 personnes participent ? Et alors ?
    Je brûlais d'envie de savoir ce que Stephen King avait bien pu nous concocter.
    Comme je l'ai déjà dit un peu plus haut, l'histoire commence en douceur. On ne s'attend pas encore à tout ce qui va suivre.
    Et pourtant ! L'horreur est bien présente dans ce roman et on la découvre petit à petit en tournant les pages. On comprend bien vite ce qui se cache derrière l'expression d'apparence inoffensive "prendre son ticket". On comprend bien vite que ces 100 jeunes participent en fait à une course à la mort. Seul l'un d'entre-eux en sera vainqueur, seul l'un d'entre-eux en réchappera ! C'est la règle !
    En revanche, une question m'a tenaillée durant une bonne partie de ma lecture : mais que font-ils tous ici ? Pourquoi se sont-ils enrôlés dans cette course qui n'aura pour seule issue (à une exception près) que la mort ? Et sur ce coup-là, une fois de plus, Stephen King a été très fort ! Il nous pousse à tourner les pages, à parcourir les lignes, à avaler les mots pour obtenir la réponse à cette question qui nous tourmente tant. Pour certains participants, on pourra comprendre qu'ils n'avaient pas grand-chose à perdre dans leur vie. Pour d'autres, on s'interroge sur le pourquoi de leur geste : l'un d'entre-eux, Scramm, est marié. Comment peut-on risquer sa vie dans ces conditions ? Scramm est pressenti comme le potentiel vainqueur de cette marche. Il est très sûr de lui. Il est certain que rien ne pourra l'arrêter et qu'il retrouvera bien vite sa femme.
    En ce qui concerne Garraty, le personnage central, on le verra douter, on le verra désespérer, on le verra s'accrocher, on le verra bouillir de révolte et de colère, on le verra vaciller et marcher sur une corde raide sur le point de casser puis se relever et avancer... toujours avancer... Garraty est à la fois faible et fort. Il a envie de vivre, peut-être bien plus que tous les autres concurrents. Il se rend compte que, peut-être, c'était une erreur d'avoir accepté de prendre le départ de cette longue marche. Cette marche qui ne sera que le théâtre de la souffrance, du désespoir, de la mort.

    Le roman se déroule du début à la fin sur la longue route qui défile sous les pieds des candidats. On pourrait penser que la lecture va devenir pénible, lassante. Mais ce n'est pas du tout le cas. Stephen King a su rendre son histoire prenante, addictive, distrayante. On est un peu surpris d'arriver à la dernière page. Aucune longueur, aucun temps mort. Tout est subtilement agencé pour nous donner envie d'avancer, d'avancer, d'avancer... et de franchir la ligne aux côtés du vainqueur de la Longue Marche.
    La fin m'a un peu interpellée. Elle m'a paru un peu énigmatique. On peut la comprendre de deux façons... Mais, chut ! Ce n'est pas la peine d'insister ! Je ne vous dirai rien.

    99 participants tomberont. Un seul participant franchira la "ligne d'arrivée".

    En conclusion :
    Stephen King nous invite à la découverte d'un récit d'anticipation dystopique qui fait froid dans le dos. Aucune incursion du surnaturel dans ce roman. Tout pourrait très bien arriver dans notre monde. La fiction pourrait très bien rejoindre un jour la réalité. Cette marche à la mort n'a rien d'impossible, et c'est ça qui fait le plus peur.
    Un roman que j'ai trouvé excellent. Je regrette vraiment qu'il n'ait pas été adapté au cinéma comme la majorité des oeuvres de Stephen King. En même temps, les réalisateurs ont-ils peur de ne pas arriver à rendre justice à ce roman ? Il suffirait de pas grand-chose pour faire de ce magnifique roman un film lamentable et insipide. Pour pouvoir adapter cette oeuvre, il faudrait un réalisateur ayant le génie de Stephen King. Peut-être que jusqu'à présent personne ne s'est senti à la hauteur de la tâche. C'est bien dommage.
    Pour conclure, je dirai que ce livre a été un vrai coup de coeur. Un très bon roman de Stephen King dont je recommande vivement la lecture. ;-)

    lundi 20 juin 2011

    Ma critique de :" 0.4 " de Mike A. Lancaster



    255 pages
    Editeur : Nathan jeunesse (collection "Blast" : ado/adulte)
    Date parution : (avril 2011)
    Origine : Royaume-Uni
    Traduction française


    Voici ma critique de : "0.4" de Mike A. Lancaster.

    Tout d'abord parlons de la couverture du livre : surtout, ne vous fiez pas à l'aspect austère de la photo de l'ouvrage dans ce billet. Quand on a le livre en main, on ne peut qu'être surpris par l'aspect "métallisé" de cette couverture qui gagne en originalité. J'avoue, je me suis beaucoup amusée à jouer avec les reflets irisés. Attention toutefois ! En plein soleil, on risque d'éblouir les passants dans la rue. Si, si, je vous assure : j'ai testé ! Allons, redevenons sérieux. Cette couverture est donc sympathique mais elle reflète tout à fait l'état d'esprit du roman : technologie, numérique, science-fiction... En effet, le côté répétitif et bien organisé des petits bonshommes qui ornent la couverture me font penser à un disque dur. Ce "disque dur" présente toutefois quelques clusters défectueux : les quatre personnages blancs sur fond rouge. On s'attend à une histoire qui traite du thème de la différence. Ce qui est le cas. Mais on n'imagine pas encore à quel point cette différence est originale. Un autre détail m'a intriguée : l'étiquetage du nom de l'auteur qui contraste avec le côté virtuel du reste de la couverture. Ce détail (qui n'en est pas un !) est en parfait accord avec l'univers de l'histoire dans lequel nous entrons en commençant à feuilleter ce roman : il aurait été écrit à partir d'enregistrements audio sur de vieilles cassettes. Mais je ne vous en dis pas plus pour l'instant. ;-)

    Voici le résumé figurant au dos de l'ouvrage :
    "Quand ils se sont réveillés, leur amis, leurs parents, leurs voisins, tout le monde avait changé. 
    Tout le monde sauf eux quatre. "


    Allons-y ! Parlons un peu des personnages.

    Ce roman met en scène quatre personnages principaux, quelques personnages secondaires et beaucoup de "figurants".
    Parmi les personnages principaux se trouve Kyle Straker. Il est l'auteur des enregistrements à partir desquels cette histoire a été écrite. Ce roman est donc une retranscription de son témoignage sur des événements passés. Le père de Kyle possédait un vieux magnétophone analogique dont le jeune homme a décidé de se servir pour nous ouvrir les yeux sur une vérité : le monde a changé. Oui. Je sais. Dit comme ça, ça ne vous parle pas beaucoup. Le monde change, et alors ? Mais le changement dont il est question est brutal et surtout... inattendu.

    Kyle fait partie de ceux qui seront désignés comme étant des "0.4". Tout comme son amie Lily, Mr Peterson et Mrs O'Donnel. 

    Passons à mon avis général sur ce livre.


    La structure de ce roman est plutôt originale. Le découpage a été fait en fonction des enregistrements sur cassettes de Kyle. "L'éditeur" (qui est l'auteur de ce roman en personne) commence cet ouvrage par des avertissements qui nous aident à nous mettre tout de suite dans le bain et donnent tout de suite à cette histoire une impression de vérité. Le texte est parfois annoté pour nous donner l'impression que l'auteur a vraiment écrit cette histoire suite à l'écoute et l'analyse des fameuses cassettes dont il est question. J'ai beaucoup apprécié ce petit air de documentaire.

    Le style est clair, très abordable et agréable à lire.

    L'intrigue est finement tracée, nous guidant peu à peu vers la vérité en nous montrant que l'on s'est trompé de direction. Je pense en particulier à cette dénomination "0.4" qu'il ne faut pas lire "zéro virgule quatre" mais bien "zéro point quatre". Il ne s'agit pas d'un pourcentage de population comme on le pense en débutant la lecture. Non. Ce nombre a une toute autre signification que je tairai afin de ne pas tout vous dévoiler.
    Sachez simplement qu'il y a un rapport très étroit entre ce nombre et les nouvelles technologies. ;-)

    Oh et puis, c'est mon jour de bonté. Voici donc une phrase tirée du communiqué de presse du roman qui vous mettra sûrement sur la voie :
    "Un roman rythmé et angoissant : et si l'humanité, tel un vulgaire logiciel, était régulièrement mise à jour ?"


    En conclusion :

    Ce roman appartenant au label ado-adulte "Blast" des éditions Nathan Jeunesse  est le premier roman de Mike A. Lancaster. La suite de "0.4", intitulée "1.4" est apparemment en préparation. Je serais vraiment ravie de pouvoir la lire.
    J'allais oublier : "0.4" s'adresse à un public de lecteurs à partir de 12 ans.
    Un grand merci à Karine du forum "club de lecture" et aux éditions Nathan Jeunesse pour m'avoir permis de découvrir ce titre lors d'un partenariat.

    samedi 23 avril 2011

    Critique de "Idlewild" de Nick Sagan


    286 pages
    Editeur : Editions J'ai lu (mars 2011)
    Collection : Nouveaux Millénaires
    Origine : Etats-Unis
    Traduction française





    Voici ma critique de :

    « Idlewild» écrit par Nick Sagan.


    Tout d'abord parlons de la couverture du livre :
    Une illustration assez simple et sobre au premier abord. Une touche d'originalité se retrouve au niveau de la police utilisée pour le titre et du code barre "tatoué" sur la nuque du personnage dont on ne découvre que l'arrière du crâne. Qui est-il ? Sûrement le principal protagoniste de l'histoire, pense-t-on avant d'entamer la lecture. Quelques pages plus loin, le doute s'installe sur son identité : une terrible erreur aurait-elle été commise ? Il semblerait que le "héros" soit roux et non brun. On se dit que l'illustrateur n'a pas dû lire le roman. Pourtant, en approchant de la fin du livre, on se rend compte que l'image colle effectivement au personnage principal mis à part ce code-barre qui n'est pas cité dans l'histoire. En y réfléchissant bien, on peut faire un lien entre ce code-barre et le fait qu'il soit question de RVI (Réalité Virtuelle en Immersion) dans ce roman.



    Voici le résumé figurant au dos de l'ouvrage :


    « Quand il reprend conscience au milieu de ce champ de citrouilles, il ne peut plus bouger aucun de ses muscles. Pire, il a tout oublié : son nom, son passé, comment il est arrivé là. Seules certitudes :
    1. On a essayé de le tuer
    2. Lazare est mort
    3. Il a tué Lazare
     Si seulement il pouvait se rappeler qui est Lazare...
    Ainsi commence pour Halloween un fascinant voyage, au cours duquel il rencontrera des smileys tueurs, un professeur sadique, les maigres bêtes de la nuit, l'âme soeur et, éventuellement, lui-même. Un voyage qui le mènera bien plus loin qu'il ne l'aurait cru possible, par-delà les frontières de la réalité...»



    Allons-y ! Parlons un peu des personnages.

    Pas mal de personnages intéressants dans ce roman : dix jeunes gens (garçons et filles), un professeur virtuel, une Nanny virtuelle elle aussi (dans le style Mary Poppins !), des scientifiques, ...

    Mais le personnage auquel on s'attache très rapidement et qu'on a du mal à lâcher est incontestablement Halloween, le protagoniste principal, le grand héros de ce roman. L'histoire nous est racontée de son point de vue ce qui permet une immersion totale dès les premières pages. A son réveil, Halloween est victime d'amnésie. Il ne sait plus qui il est, ce qui s'est passé, ce qu'il fait ici... bref, tout au long du roman, nous vivons en direct sa recherche d'identité et découvrons la vérité (ou plutôt les vérités) en même temps que lui. Halloween a un côté rebelle très intéressant. Il est aussi un jeune homme intelligent et plutôt doué en programmation informatique. Il vit dans un environnement virtuel en compagnie d'autres jeunes qui, comme lui, font des études d'un nouveau genre : leurs apprentissages se font dans un système de Réalité Virtuelle. Ils ont un professeur virtuel et une Nanny virtuelle chargée de veiller à leur confort.

    Parmi les élèves de cette "classe" certains s'entendent bien avec Halloween, d'autres non. Chacun a sa propre personnalité. Chaque personnage est plutôt bien travaillé : pas de personnalité creuse ! On se pose des questions sur eux au fil de l'intrigue, ne sachant pas vraiment qui est le traître, qui cache sa véritable personnalité.



    Passons à mon avis général sur ce livre.

    Les 286 pages se lisent à une vitesse pas croyable : je l'ai dévoré en deux jours à peine (à raison d'une poignée d'heures par jour. Je suis maman de deux enfants et il n'est pas facile de consacrer beaucoup de temps à mes loisirs. ;-) ). Sans mes impératifs familiaux, je l'aurais certainement avalé en moins d'une journée !
    Et oui ! Ce livre est captivant à un point que l'on a du mal à interrompre sa lecture. Il provoque une véritable boulimie littéraire : vite ! Vite ! La suite ! Bien entendu, une fois la dernière page atteinte on se met à ressentir un manque qui nous pousse à crier : "Quoi ! C'est déjà fini ? "

    L'histoire se divise en deux intrigues savamment tissées ensemble tout au long du récit. On découvre ainsi l'histoire de Halloween racontée par lui-même mais aussi, en caractères italiques (pour que l'on ne soit pas déboussolé par ce changement de point de vue), on nous rapporte des faits relatifs à l'intrigue principale qui ont eu lieu une vingtaine d'années plus tôt. C'est un excellent moyen pour semer des indices petit à petit au fil des pages sans tout nous dire d'un coup.

    J'avoue que l'on ne peut pas s'empêcher de penser à "Matrix" ou éventuellement "Tron" en lisant ce roman dont l'un des thèmes principaux est la réalité virtuelle. Tout comme dans "Matrix", on en arrive à se demander où s'arrête le virtuel et où commence véritablement la réalité.

    La fin m'a un peu surprise. (Mais, juste un peu.) Disons que je ne m'attendais pas au choix que Halloween décide de faire. Je suis restée bouche bée en me disant : "Mais ça ne peut pas se terminer comme ça !" La fin est une fin ouverte, elle a un goût d'histoire inachevée (même si tout aurait bien pu s'arrêter là !). Un peu perturbée, j'ai décidé de faire une recherche sur internet et c'est ainsi que j'ai découvert que "Idlewild" est en fait le premier tome d'une trilogie ! En tout cas, j'ai très très envie de pouvoir découvrir la suite !



    En conclusion :

    Cette découverte a été une belle surprise. J'avais été très tentée par le résumé et je n'ai pas été déçue par la lecture de ce roman. Je le conseille vivement à tous les lecteurs qui aiment la science-fiction, l'anticipation et les histoires qui se passent dans un monde virtuel. Tous les fans de Matrix y trouveront leur compte !
    Un grand merci à Karine du forum "club de lecture" et aux éditions "J'ai Lu" pour m'avoir permis de découvrir ce titre dans le cadre d'un partenariat.

    mardi 23 novembre 2010

    Ma critique de "Extras"

    432 pages
    Editeur : Pocket Jeunesse (2008)
    Origine : Etats-Unis
    Traduction française


    Voici ma critique de : « Extras » par Scott Westerfeld.

    Tout d'abord parlons de la couverture du livre : la photo représente Aya Fuse, l'héroïne de ce volet. La photo ne me plait pas forcément mais, c'est question de goût. Il y a tout de même un petit détail qui tempère mon avis négatif : l'interface de l'écran oculaire qui rehausse un peu le côté un peu fade de la photographie et suggère l'univers futuriste de ce livre.

    Voici le résumé figurant au dos de l'ouvrage :

    "Dans le monde de l'extrême beauté, seule compte la célébrité.


    Plusieurs années se sont écoulées depuis que la rebelle Tally a renversé le système des Uglies, des Pretties et des Specials. Débarrassé de ces castes, le monde connaît une véritable renaissance, sous le regard permanent de mille millions de caméras. La société n'est plus qu'une gigantesque émission de télé-réalité. La célébrité règne sur le monde.
    Une chose pourtant n'a pas changé : les moins de seize ans ne sont pas censés se montrer en ville. Surtout quand on est une Extra comme Aya, une anonyme au rang facial ridicule. Sa seule chance de s'arracher à la médiocrité : claquer sur le nouveau réseau une histoire inouïe et... dangereuse."



    Allons-y ! Parlons un peu des personnages.
    La figure dominante de ce tome s'appelle Aya Fuse. Comme l'indique le résumé, cette jeune fille rêve de quitter l'anonymat et de figurer dans le top 1 000 des célébrités. Pour cela, un seul moyen : trouver un scoop à diffuser sur le réseau pour faire monter sa côte de popularité. Elle ne se sépare jamais (de son plein gré) de Moggle, sa vidéocam qui est à la fois un moyen de récupérer des images croustillantes à divulguer sur son blog personnel mais aussi un précieux allié pour l'aider à s'échapper de sa chambre.
    Deux autres nouveaux personnages dont je retiendrais les noms sont Frizz et Hiro.
    Frizz est un jeune homme populaire à face de manga incapable de mentir : il a créé ce qu'il appelle "la sincérité radicale". Une petite opération du cerveau lui rend impossible tout mensonge ou secret.
    Hiro n'est autre que le grand frère d'Aya. Il est l'un des meilleurs claqueurs du réseau et jouit d'un rang de célébrité assez élevé.
    Nous retrouvons aussi Tally youngblood, David, Shay et Fausto, les héros des trois volets précédents qui n'ont ici qu'un rôle secondaire même s'il revêt une certaine importance dans le dénouement de l'histoire.



    Passons à mon avis général sur ce livre.
    Ce quatrième tome fait partie de la trilogie Uglies/Pretties/Specials. Non. Je ne dis pas n'importe quoi. Ce volume est la suite des trois tomes précédents même s'il ne s'agit plus de l'histoire de Tally et que les événements se déroulent plusieurs années après le reste de la série.
    Ce coup-ci, il est question de l'histoire de Aya Fuse, personnage pour qui on se prend vite de sympathie. Cette gamine rusée qui cherche par tous les moyens à remonter dans le classement de la célébrité finira par découvrir qu'il est parfois bon de tenir sa langue. Je ne vous en dis pas plus pour ne pas dévoiler l'intrigue.
    Les premiers tomes de la série traitaient de l'importance du physique chez les adolescents. "Extras" traite de l'importance de la popularité chez les jeunes. Je pense qu'il fera réfléchir beaucoup de jeunes : être célèbre mais à quel prix ?
    Comme toujours le style de Scott Westerfeld est très agréable. Son univers est incroyablement riche et cohérent. Plusieurs fois pendant ma lecture je me suis surprise à penser : "Mais où va-t-il chercher tout ça ?"
    Beaucoup d'action dans ce volet, peut-être plus que dans les précédents.
    J'aime beaucoup le fait que Scott invente des termes dans cette série : nous avions eu droit à l'expression "intense" dans le deuxième tome et voici que nous nous retrouvons avec l'expression "claquer" qui signifie divulguer une information sur le réseau.

    Un seul petit regret : Le roman se dévore comme les tomes précédents et on est presque déçu de tourner la dernière page en se disant que cette fois-ci, c'est vraiment fini. On en reprendrait bien encore un peu.


    En conclusion : Ce tome vient clôturer la série Uglies avec brio. Il existe bien un tome 5 intitulé "secrets" mais, je ne le considère pas comme faisant partie de la série : c'est plus un petit guide qui nous permet de mieux comprendre le monde de Tally et celui d'Aya. Très intéressant aussi, avec de nombreux croquis.
    C'est la deuxième série de Scott Westerfeld que je dévore avec toujours autant de plaisir. Croyez-moi, cet auteur vaut le détour !