menu déroulant essai

Rechercher dans ce blog

Affichage des articles dont le libellé est Hors-norme. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Hors-norme. Afficher tous les articles

lundi 11 juin 2012

Mon avis sur : "Vampires d'une nuit de printemps" de Lia Vilorë

248 pages
Editeur : Editions du petit caveau
Dates de parution :  15 mai 2012
Origine : France
Version originale
ISBN :   978-2-919550-04-3
Prix : 17,90€

Voici mon avis concernant "Vampires d'une nuit de printemps" de Lia Vilorë.


Jetons tout d'abord un oeil à la couverture.
J'aime beaucoup le coup de crayon de l'illustratrice, Rozenn Illiano.
Sur cette image, une jolie jeune femme à l'allure moderne de par sa coiffure et son maquillage. Sa tenue aux accents légèrement "clownesques" illustre parfaitement l'humour décalé de ce roman. La jeune femme, qui n'est autre que
Lía Fáil, l'héroïne, tient une fleur face à un micro de scène. Chose étrange, cette fleur est affublée d'un visage aux caractéristiques humaines et, comme si cela ne suffisait pas, elle chante ! Oui, elle chante. En jetant un coup d'oeil attentif à la jeune femme, on pourrait se dire qu'elle est en train de nous jouer un numéro de ventriloque. C'est presque ça. Mais notre héroïne est bien plus qu'une simple ventriloque. Je vous en reparle dans quelques instants. Commencez par vous imprégner de l'atmosphère particulière du roman en en découvrant le résumé. ;-)


Voici le résumé figurant au dos du roman :
 "Cher journal,
Désormais, mon nom est Fáil, Lía Fáil, et je suis un vampire.
Sans déconner ?
Punaise de pouvoir idiot, et tu réponds à l’écrit en prime !
Ben, depuis le temps, je sais que tu ne sais pas t’empêcher d’écrire tes tracas alors…
Ouais… pas faux…
Alors, vas-y, raconte…
En décembre dernier, je suis devenue un vrai vampire du genre « Kit complet sans les petits inconvénients ». Avec le sexy garde-du-corps écossais en prime.
Tu vas en faire des envieuses ! 
Ouais… surtout qu’à l’heure qu’il est, c’est le seul à ne pas vouloir ma tête pour un crime que je n’ai pas commis !
Qui est ? 
Toute ma nouvelle famille m’accuse d’avoir assassiné notre Maître, celui qui m’a créée. Mais je te jure : j’ai rien fait !
Ça me rappelle quelque chose…
M’en parle pas !
***
Bourré de références cinématographiques, de traits d’humour et de rebondissements, l’auteur nous propose de suivre les pas de son héroïne, Lia Fáil, dans une enquête qui lui permet de vivre maintes péripéties. un récit moderne et original, teinté d’humour pour le moins mordant !"



Voici un extrait du roman :




Parlons un peu des personnages.
Tout d'abord, je tiens à vous présenter un peu plus en détails (Pas trop non plus ! Je ne voudrais pas vous gâcher le plaisir de la découvrir par vous-mêmes.) Lía Fáil, l'héroïne. Ce roman est son histoire. L'histoire de sa deuxième vie. Non pas qu'elle soit le genre de personnage à mener une double vie ! En fait, on peut dire que Lía a vécu une nouvelle naissance. Elle aurait dû compter parmi les victimes d'un accident de bus mortel mais le destin en a décidé autrement. Un homme étrange enveloppé dans un long manteau noir lui a offert cette renaissance. Mais à un certain prix : il a fait d'elle un vampire. Lía a tendance à râler souvent (pour ne pas dire la plupart du temps !), a un caractère plutôt explosif et pas vraiment facile à vivre pour les autres et de surcroît, elle s'exprime avec un franc-parler qui peut prêter à rire ou choquer les lecteurs. Personnellement, je fais partie des lecteurs ayant apprécié cette liberté évidente d'expression et le caractère terrible de cette héroïne mais je pense que certaines personnes pourraient trouver la demoiselle agaçante, imbuvable, à claquer contre un mur. Tout est question de goût. Quoiqu'il en soit, cette jeune femme avec tous ses défauts est promise à une destinée hors-norme qui lui vaudra d'être la victime d'un affreux complot : son maître vampire sera assassiné et le coupable cherchera à lui faire porter le chapeau.
Oh ! J'allais oublier : comme chacun des vampires présents dans ce roman, Lía a hérité d'un pouvoir unique. Elle n'est pas une simple ventriloque comme on pouvait le penser en décryptant la couverture. Elle arrive véritablement à faire parler les objets : maison, pipe, épée... se mettent à jacasser comme des pies en sa présence. Un pouvoir qui paraîtra de prime abord farfelu et pas très utile mais qui s'avérera être d'une grande valeur au fil des événements.


Deux autres personnages dont je voudrais parler rapidement : Maximilian Orfhlaith et Amaël Ailill.

Le premier est le maître vampire qui a transformé notre héroïne en vampire. Je l'ai trouvé très charismatique. J'ai presque été déçue qu'il soit victime d'un assassinat. Car c'est de son meurtre que Lía est accusée. Le meurtre de celui qui lui a permis de revivre et d'accomplir sa destinée. Le maître vampire de chaque clan ("convent") est la seule figure à pouvoir engendrer d'autres vampires. Il est donc d'une importance capitale pour l'existence et la survie de ses disciples.


Amaël Ailill est un vampire d'origine écossaise. D'un courage exemplaire, d'une force hors-norme, d'une galanterie sans faille, d'un sang-froid impressionnant, ce solide gaillard a toutes les qualités d'un preux chevalier. Enfin, c'est l'image que j'en ai eu. C'est un gentleman certes, mais avec une pointe de machisme : il considère que les femmes ont besoin d'être protégées car elles sont faibles. Amaël appartient au convent lié à celui de l'héroïne. A chaque membre du convent Orfhlaith correspond un membre du convent Ailill de sexe opposé. Amaël est donc le partenaire destiné à Lía.
J'ai vraiment adoré ce chevalier-servant, incarnation de la force tranquille mais cachant bien plus sous sa carapace. C'est mon personnage coup de coeur de ce roman.

Bien sûr, ce roman est peuplé de bien d'autres personnages vampiriques que je vous laisserai découvrir. ;-) J'ai tenu, comme d'accoutumée, à ne vous parler que de ceux qui m'avaient le plus marquée.

Mon avis concernant ce roman :
Un roman qui m'a beaucoup fait rire et qui a su aussi me surprendre.

L'humour est omniprésent. C'est un humour assez "cru", souvent déjanté et complètement décalé ! Comme je le disais un peu plus haut, certains lecteurs auront peut-être du mal à apprécier pleinement la liberté totale d'expression et le langage de l'héroïne parfois fleuri et parsemé de quelques noms d'oiseaux. Mais attention ! Même si le ton est très relâché, il ne franchit jamais la frontière de la vulgarité gratuite. Je dirais plutôt que l'auteure a su nous livrer un personnage féminin haut en couleur et non conventionnel, à la limite de l'anti-héroïsme. Lía n'a rien d'une femme "sois belle et tais-toi". Elle a un tempérament de feu presque exagéré qui contraste délicieusement avec le caractère "force tranquille" de son compagnon Amaël. Si l'on creuse un peu sous la surface, on se rend compte que les personnages ont été travaillés malgré ce sentiment de stéréotype que l'on éprouve en faisant leur connaissance. Lía la femme au tempérament impétueux, la femme plus têtue qu'une ânesse, la femme au cynisme énervant, se révèle être aussi une femme pouvant faire preuve de sagesse et de fragilité. Il en est de même en ce qui concerne Amaël : la force tranquille, l'homme "bonne pâte", nous montre qu'il cache un véritable volcan sous la surface.


On pourrait scinder le roman en deux parties très facilement. La première partie nous fait entrer dans le nouveau monde de Lía. Nous pénétrons en même temps qu'elle dans cet univers vampirique à la mythologie originale. Certaines explications concernant les origines de ces vampires nous paraîtrons un peu compliquées à comprendre, mais les principales informations sont faciles à assimiler. L'auteure nous propose du vampire neuf, du vampire original, créé à partir d'un mélange de caractéristiques traditionnelles et de nouveautés. Parmi les particularités que j'ai trouvées intéressantes figure le fait que chaque vampire se voit affublé d'un pouvoir (qu'il ne choisit pas) unique.

Une fois notre intégration quasiment terminée au sein de cette communauté vampirique, nous nous trouvons face au tournant de l'histoire : le meurtre du maître vampire. A partir de ce moment-charnière, le récit va prendre une direction tout à fait différente et nous nous retrouvons projetés au sein d'un roman policier. Cette deuxième partie ravira les amateurs d'enquêtes.
Les preuves semblent indiquer le coupable dès les premières pages de cette deuxième partie ? Si vous pensez ainsi, sachez que vous venez de tomber droit dans le piège que nous tend l'auteure. Beaucoup de rebondissements, de fausses pistes, de suspense. L'auteure nous mène par le bout du nez... jusqu'à la dernière page ! Eh oui ! J'ai bien dit "jusqu'à la dernière page".

Mais j'avoue que ça a été un véritable plaisir de me faire mener en bateau de la sorte avec autant d'humour et de fraîcheur.


En conclusion : 
Une fois de plus un roman qui nous prouve que toutes les histoires mettant en scène des vampires ne se ressemblent pas. Un humour décalé, un roman pétillant à souhait qui sort des sentiers battus, une héroïne à la fois agaçante et attachante, une nouvelle mythologie vampirique, ... bref, un roman qui mérite largement qu'on y plante les crocs.
 

Un grand merci à l'auteure, Lia Vilorë et aux  éditions du petit caveau pour m'avoir permis de découvrir ce roman à l'occasion d'un partenariat via Ex-Tenebris.

mardi 24 avril 2012

Mon avis sur "Sérum, saison 1 épisode 1" de Henri Loevenbruck et Fabrice Mazza

191 pages
Editeur : J'ai Lu
Dates de parution : février 2012
Origine : France
Version originale
ISBN :   978-2-290-04174-1
Prix : 6€

Voici mon avis concernant "Sérum, saison 1 - épisode 1"" de Henri Loevenbruck et Fabrice Mazza.


Jetons tout d'abord un oeil à la couverture.
Une spirale hypnotique constitue la principale illustration de cette couverture. Mais cette spirale a quelque chose de particulier : elle semble être formée de deux parties qui s'enroulent ensemble. On peut y voir une représentation du temps : passé/présent/futur avec une sorte de fracture au niveau de la jonction. Pourquoi cette perturbation ? Sûrement pour illustrer le grand traumatisme subi par l'un des personnages principaux de la série. Ces cercles concentriques me font aussi penser à une cible. Et là, tout s'enchaîne avec logique dans mon esprit : cible --> balle dans la tête --> amnésie --> rupture de l'enchaînement temporel passé/présent/futur.

Il y a aussi d'autres détails intéressants (car même si cette couverture semble relever d'une grande sobriété et d'une grande simplicité, je la trouve après examen attentif, riche en subtilités) comme la police un peu trash utilisée pour le titre : elle donne une impression de quelque chose de cassé, d'abîmé... comme la mémoire de la pauvre Emily Scott, l'un des personnages clés de cette série.
Une dernière chose : le symbole en forme de cygne blanc. On peut se demander ce que vient faire ce petit dessin ici, sur cette couverture... On comprendra le lien avec l'histoire dès qu'on aura commencé la lecture du deuxième épisode. Je tiens d'ailleurs à préciser que ce dessin diffère d'un épisode à l'autre. Ils donnent l'impression d'être comme des indices semés volontairement par les auteurs pour nous pousser à nous interroger sur leur signification.

Oui, je sais, dit comme ça, ça paraît un peu compliqué mais après lecture du roman vous comprendrez parfaitement ce à quoi je fais allusion. ;-)



Voici le résumé figurant au dos du roman :
                                "1773 : MESMER INVENTE L’HYPNOSE
   1886 : FREUD INVENTE LA PSYCHANALYSE
2012 : DRAKEN INVENTE LE SÉRUM
Une injection.
Sept minutes pour accéder au subconscient d’Emily Scott.
Un carnet pour décrypter ses visions fantasmagoriques.
Quelques jours pour empêcher le pire.
Mais quand les morts suspectes se multiplient, le NYPD se pose une question : Arthur Draken est-il un psychiatre de génie ou un dangereux criminel ?"



Voici le trailer officiel du roman :





Parlons un peu des personnages.
Mes trois personnages préférés sont le Docteur Draken, le détective Lola Gallagher et Emily Scott.

Le premier, Arthur Draken, est à l'origine du titre de la série. Et oui, d'après le résumé du livre, ce serait ce cher Arthur qui serait à l'origine de l'invention du Sérum, une substance dont l'injection permettrait de faciliter l'induction hypnotique et d'accéder au plus profond du subconscient de ses patients. Il filme chaque séance qu'il conserve sur cassettes vidéos afin de les revisionner, les étudier et décrypter les symboles cachés dans les paroles des sujets. Oh ! Je me rends compte que j'ai oublié de vous préciser que le Docteur Draken est psychiatre. Je vous préviens tout de suite : le prix de la consultation n'est pas à la portée de toutes les bourses. ^^ J'ai tout de suite eu une profonde tendresse pour ce personnage à l'humour cynique. Il m'a un peu fait penser au célèbre Dr House de la série télévisée (ben oui, je regarde aussi la télévision parfois).

Le détective Lola Gallagher est une héroïne à la fois forte et fragile. Elle a un côté rebelle et n'hésite pas à braver les consignes quand elle sent que ça peut faire avancer les choses. Elle prend en charge Emily Scott, une femme de 35 ans qui, après avoir reçu une balle dans la tête souffre d'amnésie. Emily Scott est le nom qui lui est donné par la police. Dans ce premier épisode, on ne connaît pas son vrai nom. Lola décide de l'emmener chez Draken afin de l'aider à retrouver la mémoire.

Le Docteur Draken se trouve ainsi confronté au cas le plus compliqué de toute sa carrière. Grâce à son sérum, il va découvrir qu'Emily semble connaître des détails concernant un drame qui se prépare et qui pourrait changer l'avenir de la planète. Il n'a que peu de temps pour arriver à décrypter le secret qui se cache dans la mémoire d'Emily, d'autant plus que la jeune femme est en danger de mort : ceux qui ont essayé de la tuer souhaitent terminer le travail avant qu'elle ne puisse délivrer des informations capitales à quiconque.

Je ne vous parle que des trois personnages qui m'ont le plus marquée mais ce roman est peuplé de beaucoup d'autres personnes comme le fils de Lola Gallagher, Ben Mitchell (chercheur en neurophysiologie atteint de cécité), Phillip Detroit (le collègue geek de Lola), Tony Velazquez (un jeune officier de police que Lola prend sous son aile)...


Mon avis concernant ce roman :
"Sérum" inaugure un nouveau concept littéraire : le roman-série.
Tout le monde a déjà visionné au moins une fois dans sa vie une série télévisée. Et bien, "Sérum" a un goût très prononcé de série télévisée diffusée non pas sur écran mais sur papier.
Il y a en effet beaucoup de similitudes entre votre feuilleton télévisé préféré et "Sérum".
Tout d'abord, cette série est divisée en saisons et en épisodes (tout comme les séries télé). Chaque épisode est publié au fur et à mesure selon un calendrier digne des diffusions sur un programme télé.

Voici, par exemple, le calendrier de publication des 6 épisodes de la saison 1 :

- Episode 1 : 28 mars 2012
- Episode 2 : 25 avril 2012
- Episode 3 : juin 2012
- Episode 4 : septembre 2012
- Episode 5 : octobre 2012
- Episode 6 : novembre 2012

Chaque épisode est constitué d'un court roman de 200 pages environ. La première saison sera constituée de 6 épisodes, donc, de 6 romans. Pour le moment trois saisons ont été prévues mais il est possible que l'aventure ne s'arrêtera pas là.

L'un des avantages de ce système est de proposer des livres à un prix très abordable ( 6€ chaque épisode). Son format est aussi un petit plus bien agréable : format poche, pas trop épais, idéal pour être transporté partout. Enfin, le côté "série-télé" est un point fort non négligeable quand on voit le succès remporté par les séries-télé auprès du public.

Le principal inconvénient (puisqu'il faut bien en trouver un) est de devoir attendre la date de sortie du prochain épisode pour connaître la suite. Mais, n'est-ce pas le cas de nos feuilletons télévisés préférés ? ;-)

Mais les similitudes avec une série-télé ne s'arrêtent pas là.

"Sérum" a tout d'une bonne série-télé : suspense, rebondissements, tissage d'intrigues savamment mené, style cinématographique, rythme haletant, personnages attachants et mystérieux...

Lorsque j'ai ouvert cet épisode 1 pour la première fois, j'ai découvert que l'expérience "Sérum" ne se réduisait pas à ce que je vous ai déjà cité. En effet, pour les heureux propriétaires d'un téléphone portable suffisamment moderne, des flash-codes sont prévus au fil des chapitres. Ils sont censés donner accès à du contenu multimédia qui permet de se plonger encore plus profondément dans l'univers de "Sérum". Je n'ai malheureusement pas pu tester ce système (mon téléphone portable n'est pas un modèle très moderne). J'étais un peu embêtée de ne pas pouvoir le faire. J'avais peur de passer à côté de quelque chose d'important... Mais j'ai très vite appris que le contenu était accessible via le site internet de "Sérum" dont voici l'adresse : http://www.serum-online.com/
Ouf ! J'ai ainsi pu expérimenter la lecture de quelques chapitres en écoutant les morceaux de la bande-originale spécialement composée pour la série. De quoi se mettre vraiment dans l'ambiance de chaque passage.
Sur ce site, vous découvrirez aussi quelques infos sur les personnages et les lieux des romans en vous promenant directement dans les rues de New-York grâce à la navigation Google Earth. J'ai trouvé l'idée plutôt sympa. Pouvoir se promener dans les rues de New-York sans décoller de son siège...

Excusez-moi, je m'égare. Où en étais-je ?
Ah oui, ça me revient.
Je souhaitais aussi mentionner le petit "générique" (du moins, c'est à cela que ça m'a fait penser) que l'on retrouvera à chaque début d'épisode. Si vous avez visionné la bande-annonce du roman (si tel n'est pas le cas, remontez un peu sur cette page et regardez la vidéo) vous aurez un petit aperçu de ce "générique textuel" dont je vous parle. Ce petit "générique" nous annonce que notre épisode est sur le point de commencer. Chut ! Asseyez-vous et ne faites plus aucun bruit. ;-)

Ce premier épisode est ce que l'on pourrait appeler le "roman-pilote" de la série. Grâce à lui nous faisons connaissance avec les principaux personnages et nous nous imprégnons du monde de "Sérum". Mais cette première immersion ne se fait pas en douceur ! Dès les premières pages nous plongeons tête la première dans le mystère et le suspense. Les chapitres sont de véritables scènes : ils sont courts et donnent un rythme soutenu au récit. Pas de longs discours stériles, le style est très visuel, cinématographique et il va à l'essentiel. Attention ! Ce roman n'est pas écrit entièrement comme un script, il conserve un côté littéraire très agréable. Les dialogues sont écrits selon les règles du roman mais ils sonnent avec une telle justesse qu'on pourrait très bien les jouer à l'écran.
Petit à petit des questions commencent à se poser. Normal ! "Sérum" est avant-tout un roman d'investigation. Comme dans les séries-télé, les réponses ne nous seront pas entièrement données avant la fin de la saison.
Donc, tout s'enchaîne à une vitesse folle, les pages tournent, encore et encore... jusqu'à ce qu'apparaisse le si frustrant "A suivre..." Et pour nous mettre encore plus en appétit, on nous offre un petit teaser de l'épisode suivant qui nous donne envie de hurler "Pitié ! Donnez-moi la suite maintenant !"

Exactement comme les séries-télé. En revanche, "Sérum" présente un point fort supplémentaire : pas de pub qui débarque en plein milieu de chaque épisode ! ^^



En conclusion : 
Je sais, je vous ai fait un véritable discours mais sachez que j'aurais eu encore bien des choses à vous dire à propos de ce premier épisode : j'aurais pu tenir une véritable conférence sur ce petit concentré d'innovation et de suspense. ;-)

En tous cas, je ne regrette pas d'avoir accepté l'injection de cette première dose de "Sérum" qu'on m'a proposée. Je viens d'ailleurs de recevoir ma deuxième dose et je peux vous garantir d'ores et déjà que les effets sont spectaculaires ! Pour le moment, pas trop d'effets secondaires, mis à part une très forte accoutumance.

Je ne peux que vous conseiller de tenter vous aussi cette expérience, mais, je vous aurais prévenus : il y a un gros risque d'addiction !

Un grand merci aux auteurs, Henri Loevenbruck et Fabrice Mazza ainsi qu'aux  éditions J'ai Lu , pour me permettre de vivre cette expérience.

lundi 30 janvier 2012

Mon avis sur "EROTICORTEX" de Thierry Maugenest


134 pages
Editeur : Hugo et Cie (JBZ&Cie)
Dates de parution : janvier 2012
Origine : France
Version originale
ISBN : 9782755608540

Voici mon avis concernant "EROTICORTEX" de Thierry Maugenest.


Jetons tout d'abord un oeil à la couverture.
L'illustration est une copie de l'article de journal qui ouvre ce roman. J'aime beaucoup la "mise en scène" de cette couverture qui nous laisse découvrir quelques mots comme "Dieu", "Cerveau", "Une révolution est en marche !", "Le professeur Carrington", ... A première vue, on pense avoir affaire à un ouvrage scientifique et sérieux. Même le titre et le nom de l'auteur conservent un côté sobre. Mais qu'en est-il vraiment ? Commençons comme toujours par découvrir le résumé de cet ouvrage.

Voici le résumé figurant au dos du roman :
"- Je pense que l'humanité aurait besoin d'un amour modulable. Il faudrait pouvoir activer le sentiment amoureux lorsqu'on en a besoin et le mettre en veille lorsqu'il s'avère inutile. - C'est pas très romantique... - Au contraire, un couple activerait son amour dans les grands moments de la vie, lors d'un voyage au bout du monde, sur le sommet d'une montagne ou à bord d'une goélette sur l'océan Indien, et, pour ne pas l'user inutilement, il le désactiverait dans des situations quotidiennes, plus prosaïques, qui s'accommodent mal de grands sentiments. - L'amour à la carte ? - Oui, ce serait le bonheur assuré. Pourquoi être amoureux fou de quelqu'un si c'est pour pousser ensemble un caddy au supermarché, comparer les prix des produits d'entretien et faire une heure de queue à la caisse. - L'amour à la carte, c'est ce qu'il nous faudrait... Moi, je signe tout de suite pour un tel programme dans mon cortex. 

L'auteur des Rillettes de Proust, propose ici un roman grinçant sur la toute-puissance des laboratoires pharmaceutiques. Un roman de science - vraiment pas fiction - sur un savant nobélisable qui veut fabriquer un nouveau monde à l'image de ses éprouvettes. Un humour noir, très noir, jour une vision du monde futuriste, ou pas. "



Parlons un peu des personnages.
Parmi les personnages les plus notables (et les plus inoubliables !) de ce roman figurent le professeur Albert Carrington et son assistante Ayumi Hatsumo.

Le professeur Carrington est au coeur de ce roman, au coeur de tous les articles qui y figurent, de toutes les conversations qui y sont reportées. Ce professeur un peu spécial a réussi à prouver que la croyance en Dieu est le résultat de l'irrigation d'une zone particulière du cerveau. En véritable apprenti-sorcier, cet homme de science sans éthique va expérimenter sa théorie sur des cobayes et réussir à rendre impies des personnes croyantes et à rendre croyantes d'autres personnes qui étaient athées. Simplement en manipulant cette zone qu'il a nommée "Zone de Dieu". Malgré les protestations et les plaintes qu'il reçoit, ce professeur Foldingue va chercher à aller toujours plus loin dans la découverte et le contrôle du cerveau : après la religion, il s'attaque à la bêtise, puis au sexe. Il cherche la solution pour "guérir" les populations de ces "maladies".
Mais il faut savoir une chose : notre cher professeur est lui-même empli de pulsions. Une en particulier : il désire fortement son assistante, la délicieuse Ayumi. Et cette petite faiblesse sera la cause de sa perte ! ;-)

Ayumi Hatsumo, assiste le professeur Carrington dans ses recherches. Elle s'occupe, entre autres choses, des "castings" de cobayes. Ayumi, malgré son expertise en neurobiologie reste avant tout très féminine. Elle aime séduire et ne se gêne pas pour être toujours sexy. Elle a été engagée par le professeur Carrington qui aimerait bien la voir dans son lit. Ayumi, elle, n'a aucune envie de terminer entre les griffes du professeur. Elle est aussi une grande adepte des Haïkus : elle en écrit des tonnes chaque jour, qu'elle colle sur des post-it dans son bureau. Les employés du laboratoire ne se gênent pas pour en prendre quelques uns en cachette : ils aiment partager entre-eux la poésie à consonance érotique de la belle Ayumi. Ayumi est tout sauf une idiote et le professeur en fera les frais.

Mon avis concernant ce roman :
J'ai été fortement étonnée lorsque j'ai découvert son contenu : articles de journaux ou de revues, bribes de conversations prises dans les couloirs, l'ascenseur, le hall... ou même les toilettes du laboratoire !
Cette structure inattendue m'a tout de suite séduite. J'avoue m'être beaucoup amusée en découvrant chaque article, chaque interview, chaque commérage. Ce traitement original de l'histoire s'avère un très bon choix de la part de l'auteur : on ne se lasse pas de tourner les pages en se demandant sur quoi on va tomber. Un livre qui se lit très très vite.

Après avoir parlé de la forme, parlons un peu du fond. Encore une fois, j'ai été surprise : je m'attendais à quelque chose de plus sérieux (bon, j'avoue que la quatrième de couverture m'avait cependant donné quelques indices dans la présentation qui en est faite). Mais je ne m'attendais tout de même pas à ça.

Ma remarque n'a rien de négatif, bien au contraire : la lecture de ce roman n'a cessé de me faire glousser du début à la fin. (Faites attention : cette lecture risque de vous donner des airs de poule ou de hyène ! A ne pas lire au travail ou durant les cours : vous vous feriez repérer trop facilement. ;-) )

Peut-être que certains ne riront pas autant que moi : il faut aimer l'humour noir et grinçant.

Mais derrière ces airs d'ouvrage destiné à plier en deux ses lecteurs, ce roman traite tout de même d'un thème sérieux : l'expérimentation scientifique et les frontières de l'éthique.

Ce roman n'est peut-être pas aussi fiction qu'il en donne l'air. Si on suit un peu les découvertes scientifiques, on se rend vite compte que certains chercheurs de la vie réelle flirtent avec les frontières de l'éthique. Il existe réellement des "apprenti-sorciers" qui travaillent sur des projets qui pourraient bien un jour se retourner contre l'humanité.

Thierry Maugenest nous pousse à réfléchir : et si, des chercheurs étaient effectivement en train de travailler sur des moyens de contrôler l'espèce humaine ? On sait déjà que certains créent et manipulent des virus qui pourraient causer de gros dégâts. Pourquoi n'en serait-il pas de même sur un moyen efficace de transformer chacun de nous en gentil mouton ? Ce serait tellement plus simple pour les dirigeants de la planète !

En conclusion :  
Un roman faisant preuve d'une très grande originalité. Une lecture très rapide et très agréable de par son côté amusant. Un humour noir certes, mais que j'ai trouvé de bon goût. Un ouvrage à deux niveaux de lecture : au premier degré pour bien rigoler, au second pour passer en mode réflexion.


Un grand merci à Karine du forum "club de lecture" , à l'auteur, Thierry Maugenest et à Hugo et Cie (JBZ&Cie) pour m'avoir permis de découvrir ce titre lors d'un partenariat.

lundi 7 novembre 2011

"Sur la route au bout de la nuit" d'Olivier Courtois


346 pages
Editeur : arHsens édiTions
Dates de parution : juin 2010
Origine : France
Version originale

Voici mon avis concernant "Sur la route au bout de la nuit" d'Olivier Courtois.

Jetons tout d'abord un oeil à la couverture.
Une illustration en noir et blanc, en rose et jaune qui donne un air léger, presque amusant à la couverture. Les éléments représentés sont assez symboliques. On y retrouve la fameuse route, bien visible, tracée en jaune et serpentant en plein milieu de l'illustration. Elle agit comme une frontière, séparant deux groupes de bâtiments : sur la droite, sans doute permis, nous pouvons reconnaître les Etats-Unis d'Amérique. Sur la gauche, il semble s'agir de monuments européens. Sur la route, deux personnages : ce sont les personnages principaux du roman. Le choix des couleurs semble avoir été fait de façon à mettre en valeur le titre : "la route" est en jaune; le côté noir et blanc, assez sombre, du reste de l'image, ainsi que les nuages roses semblent symboliser le "bout de la nuit", l'aube naissante.


Voici le résumé figurant au dos du roman :
"Les compagnons d’Ulysse dévorés par le cyclope dans l’Odyssée ou les mineurs victimes d’un coup de grisou dans Germinal... qui s’en souvient ? Personne... On ne peut pas même les nommer, Homère et Zola ne les ayant pas baptisés. Malheureux personnages romanesques secondaires, oubliés des lecteurs, manipulés par leurs auteurs, snobés par leurs éditeurs, méprisés par leurs héros...
A tous ces parias de l’histoire de la littérature, un livre offre enfin la lumière des premiers rôles : ils seront les héros d’une épopée « sur la route au bout de la nuit ».
Leurs porte-parole s’appellent Arthur Ganate et Jeff Malhotra. Le premier est un personnage de Voyage au bout de la nuit, le roman de Céline dont il disparaît dès la fin du premier chapitre ; le second se prétend un personnage de Sur la route, de Jack Kerouac, supprimé du manuscrit lors des corrections, avant même la première édition. La rencontre d’Arthur et Jeff provoque leur soudain héroïsme et ensemble, ils parcourent la France puis les états-Unis à la recherche de Ferdinand Bardamu et Dean Moriarty, les deux héros de leurs romans originels."

C'est en lisant ce résumé que j'ai eu envie d'en savoir plus. J'étais très désireuse de savoir ce qui se cachait vraiment dans ce livre qui me semblait un peu hors-norme au vu du résumé. C'est donc avec un immense sentiment de curiosité que je me suis lancée à la découverte de ce roman. 

Parlons un peu des personnages.
Beaucoup de personnages dans cet ouvrage. 
Tout d'abord, les deux héros de cette histoire : Arthur Ganate et Jeff Malhotra, qui, comme l'explique le résumé, sont des personnages secondaires de deux autres romans.
 Tous deux ont la même rancoeur : ils se sentent volés, bafoués. Ils ne supportent pas leur condition de personnages secondaires. L'un disparaissant dès la fin du premier chapitre de son roman originel, l'autre ayant même été totalement supprimé de la version définitive. Ils n'ont qu'un désir : se venger ! L'un et l'autre souhaitent retrouver les héros de leurs romans respectifs pour les éliminer. Ils se mettent donc en chemin, ensemble, voyageant sur la route, jusqu'au bout de la nuit, parcourant différents points du globe. Chemin faisant, ils rencontreront une multitude d'acteurs du monde littéraire : des éditeurs, des auteurs, le jury du Goncourt... mais aussi des personnages d'autres romans dont la majorité feront partie de la catégorie des personnages secondaires. Parmi leurs rencontres : l'un de nos anciens présidents français, le Petit Prince de St Exupéry, la petite fille aux allumettes, Robinson Crusoë...
Une belle brochette de personnages !

Et leur voyage, comme tout voyage, les fera mûrir, les poussera à réfléchir et à passer au-dessus de leurs sentiments de départ, leur ouvrira les yeux et les fera changer.

Mon avis concernant ce roman :
Ce roman est assez singulier. Pas de longs passages narratifs ou descriptifs. Cet ouvrage est un long, très long dialogue entre ses différents acteurs. J'ai trouvé que c'était assez agréable et aisé à lire dans l'ensemble. Pourtant quelques passages m'ont semblé un peu plus confus. J'avoue m'être parfois un peu perdue dans les dialogues impliquant plus de deux personnages à la fois. Le style étant dépourvu d'incises et les personnages n'ayant pas de tics de langage suffisamment développés il s'est avéré parfois un peu difficile de les identifier. Je me suis posée à plusieurs reprises la question "Mais qui est en train de parler ?" Heureusement, ces passages ne sont pas nombreux et on retrouve très vite ses marques.

Ce procédé d'écriture m'a un peu inquiétée au début, je l'avoue. J'avais peur de me trouver face à un discours philosophique soporifique, insipide et ennuyeux à souhait. Il n'en est rien ! Olivier Courtois, l'auteur, a su faire passer des moments "d'action" dans les échanges verbaux des personnages. Le récit est très vivant.
Le ton léger lui donne un côté amusant. J'ai souri un nombre incalculable de fois durant ma lecture et j'étais impatiente de découvrir la suite des péripéties de nos deux amis.

Un détail important aussi qui pousse à tourner les pages toujours et encore : les chapitres sont courts, certains très courts même. Les chapitres courts ont sur moi un effet magique, addictif : "Allez ! J'ai encore le temps d'en lire un petit ! Et puis un autre, et puis encore un autre..."

J'ai trouvé le concept très intéressant et original : cette révolte de personnages secondaires m'a beaucoup plu. En tant qu'auteur, j'avoue que ce texte pousse à s'interroger sur le traitement que l'on réserve à chacun de nos personnages. Nous avons tendance, en grande majorité, à choyer nos héros au détriment de nos personnages secondaires, voire de nos antagonistes. Après lecture de ce roman qui trouve toute sa force dans ses personnages qui prennent vie devant nos yeux, se rebellent, donnent leur façon de penser... on se dit qu'il faut soigner tout autant nos personnages secondaires (au moins ceux qui ont un rôle dans l'histoire. Ceux qui ne font que de la figuration décorative ne sont pas obligés de suivre le même traitement de faveur.) que nos personnages principaux. Sans les personnages secondaires, les héros des romans ne seraient rien.

L'intrigue part un peu dans tous les sens par moment mais, attention, ce côté tortueux est parfaitement voulu par l'auteur. Ce n'est en aucun cas un défaut. C'est une manière de montrer que ce sont les personnages et leur auteur qui créent l'histoire selon leurs envies du moment. L'auteur peut faire basculer un univers tout entier d'un simple coup de plume. Les personnages rebelles que sont Arthur Ganate et Jeff Malhotra influent aussi sur le cours de l'histoire, usant de leur liberté dès qu'ils le peuvent.

En conclusion :  
Encore un roman qui m'a beaucoup plu. Tous les écrivains, en particulier les aspirants-écrivains, devraient lire ce livre. Ce n'est pas à proprement parler un guide d'écriture mais sa lecture nous pousse à réflexion sur notre propre conception de la caractérisation des personnages et sur l'utilisation que l'on fait de nos personnages secondaires. Je trouve que ce roman a des vertus quelque peu initiatiques.

Pour de simples lecteurs, cet ouvrage sera un bon outil récréatif. Agréable à lire, amusant, sortant des sentiers battus... Il permettra aussi à certains de retrouver les personnages de romans appartenant aux classiques de la littérature.

C'est le deuxième ouvrage que je découvre du même éditeur et je suis une fois de plus ravie d'avoir pu lire ce nouveau roman hors-norme. 

Un grand merci à Karine du forum "club de lecture" , à l'auteur, Olivier Courtois et à arHsens édiTions pour m'avoir permis de découvrir ce titre lors d'un partenariat.

vendredi 9 septembre 2011

"La soupe au formol" de Frédéric Mouchet


427 pages
Editeur : arHsens édiTions
Dates de parution : novembre 2009
Origine : France
Version originale

Voici mon avis concernant "La soupe au formol" de Frédéric Mouchet.

Jetons tout d'abord un oeil à la couverture.
Lorsque l'on prend ce livre en main pour la première fois et que l'on pose son regard sur la couverture, nos yeux se fixent immanquablement sur le centre de l'illustration : un crâne à moitié disséqué. Un objet qui se trouvera au centre de l'intrigue de cet ouvrage. 
Le fond représente une partie du décor de l'histoire : la cathédrale se situant juste à proximité de la faculté d'anatomie de Montpellier. Je trouve que ce côté sombre est un peu symbolique : je l'associerai volontiers à l'humour noir de ce roman.
La police, le style et la couleur jaune choisis pour le titre donnent un côté amusant, dédramatisant, comparable au ton léger utilisé à plusieurs reprises dans cet ouvrage.
Personnellement je trouve que cette couverture est efficace et assez représentative du contenu de l'ouvrage.
Si en regardant simplement cette image vous sentez votre estomac se soulever, n'ouvrez surtout pas ce roman ! Si sa contemplation ne vous gêne pas le moins du monde, alors foncez !

Voici le résumé figurant au dos du roman :
"Une fois seul dans la salle d’embaumement, j’en profitai pour l’explorer un peu. Deux marmites attirèrent mon attention. Je soulevai le couvercle de l’une d’elles et ne distinguai tout d’abord qu’une espèce de soupe d’allure consistante. Une tige métallique était posée à côté et je l’utilisai pour sonder le contenu. Un objet dur y était immergé ; d’un mouvement de poignet, je parvins à le faire apparaître brièvement. Un nez surmonté de deux orbites surgirent à la surface de l’épais liquide et je sursautai, manquant de peu de renverser la marmite.

 
    La Soupe au formol, polar “à tiroirs”, se présente sous la forme d’une compilation de textes réalisée par Georges Flaubert, professeur de médecine à la retraite, dans sa volonté de constituer un dossier le plus complet possible concernant une certaine Affaire Barone : le très étrange vol d’une tête disséquée dans le musée d’Anatomie de la faculté de Médecine de Montpellier, suivi du meurtre apparemment inexplicable du professeur Barone, sous-chef du service d’anatomie, et d’un chapelet d’autres crimes.

Menant le lecteur vers la résolution de l'Affaire Barone, vérité, fiction et délires psychotiques se mêlent dans un assemblage bigarré au contenu le plus souvent macabre ou grotesque, où des anti-héros rivalisent de mauvaise foi et de déductions à l'emporte-pièce. "

Parlons un peu des personnages.
Des personnages très divers peuplent ce roman. 
La grande majorité d'entre-eux sont des médecins et des appariteurs mais vous y trouverez aussi des cadavres à la pelle, deux détectives, un inspecteur ... 

Mes personnages coups de coeur ont été Hane et Nicolau, les deux détectives. Ce duo m'a vraiment fait penser à Sherlock Holmes et le Dr Watson. Nicolau fait des suppositions que Hane s'empresse de démolir en se lançant dans des déductions. Ils échaffaudent ensemble des plans qui tournent le plus souvent à la zizanie. Comme le duo Holmes/Watson, ils sont en concurrence avec la police représentée par l'inspecteur Tort. Des personnages que j'ai trouvés plutôt amusants et intéressants même s'ils sont un peu les clônes de deux figures mythiques.

Pas mal d'anti-héros dans cet ouvrage, pour notre plus grand bonheur. Des personnages parfois à la limite du crédible tellement ils peuvent être grotesques mais on s'en fiche ! Ils remplissent tout à fait leurs rôles et nous font rire, frissonner, grimacer... c'est ce qui compte.

Mon avis concernant ce roman :
Que dire de cet ouvrage sinon que c'est un OVNI. Ce n'est ni un roman, ni un recueil, ni un "documentaire" mais, c'est à la fois un roman, un recueil et un "documentaire".
Je m'explique : ce livre se présente tout d'abord comme un documentaire sur une affaire qui est censée s'être réellement passée, l'affaire Barone. Le côté "réel" est accentué par le ton sérieux utilisé pour nous présenter chaque document avec, en prime, des consignes de lecture qui, elles, m'ont beaucoup fait rire. Chaque texte est accompagné d'une mise en garde contre les effets indésirables que l'on pourrait ressentir à sa lecture. Le narrateur principal, auteur supposé de ce dossier et médecin à la faculté de Montpellier, nous indique les "remèdes" à tenir à portée de main durant notre découverte de chacun des documents. Je ne vous en dévoilerai pas plus sur ces "recommandations", je préfère vous les laisser découvrir au fil de votre lecture.
Dans les toutes premières pages, on nous présente avec le plus grand sérieux possible, la recette de la soupe au formol : attention ! Il faut avoir le coeur bien accroché. C'est assez peu ragoûtant. Personnellement, ça m'a beaucoup amusée.

Cet ouvrage peut aussi être considéré comme un recueil, du fait qu'il est composé d'un regroupement de textes tous écrits par des protagonistes différents qui nous exposent chacun leur tour leur point de vue sur cette fameuse affaire concernant le meurtre du professeur Barone. Chaque style est vraiment très différent, chaque narrateur a sa façon de parler, ses petites manies, ses raisons d'avoir agit de la sorte... Par contre, certains semblent vouloir maquiller la réalité : parfois volontairement, parfois involontairement.

Enfin ce livre est un roman de par la manière dont chaque histoire est racontée. Un style agréable à lire, très abordable, très fluide. Ce livre se lit tout seul.

Pour en revenir sur les différents points de vue, je dirai que chaque texte relate la même histoire mais chaque version nous apporte un nouvel indice et nous fait progresser dans le dénouement de cette fameuse affaire. On redécouvre le même événement sous des angles différents qui nous permettent petit à petit d'assembler toutes les pièces du puzzle.


En conclusion :  
Un roman comme je n'en avais pas encore lu avec un concept plutôt amusant et intéressant. Encore une fois, je tiens à avertir les personnes sensibles : les descriptions sont assez macabres et les lecteurs qui n'ont pas le coeur bien accroché (ou qui ne sont pas habitués à lire des ouvrages d'horreur) seront bien vite choqués, dégoûtés et auront beaucoup de mal à lire cet ouvrage. Pour les personnes qui ne sont pas gênées par un peu de "boucherie gratuite", la lecture de ce roman sera un véritable moment de bonheur !

Un grand merci à Karine du forum "club de lecture" , à l'auteur, Frédéric Mouchet et à arHsens édiTions pour m'avoir permis de découvrir ce titre lors d'un partenariat.