menu déroulant essai

Rechercher dans ce blog

Affichage des articles dont le libellé est Interviews. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Interviews. Afficher tous les articles

lundi 15 avril 2013

Entretien avec un auteur...


Estelle Faye
 

(auteure de "La dernière lame" paru aux éditions Pré aux Clercs, collection Pandore)

 -----------------------------------------------------------------------------------------------------

Les chroniques de Lana :
Bonjour Estelle. Je te remercie d'avoir accepté de nous accorder cette interview.
Pour commencer, pourrais-je te demander de te présenter à nos lecteurs ?

Estelle Faye :
Avec deux romans, pour l'instant, à mon actif, je suis encore ce qu'on appelle un "jeune auteur". J'écris de la fantasy, du fantastique, du roman d'aventure. Et j'aime aussi le roman historique et la science fiction, les histoires de post-apocalypse notamment.

A part ça, je viens du théâtre, j'ai été comédienne, j'ai dirigé ma propre troupe, j'ai fait une école de scénario, et je réalise des courts métrages.
----------------------------------------------------------------------------------------------------
Les chroniques de Lana :
A la fois scénariste, actrice et écrivain. Des questions me viennent à propos de ton profil "multi-casquettes".
Tout d'abord, qu'est-ce qui t'a donné envie de tenter l'aventure de l'écriture de roman et de faire ainsi une petite infidélité au monde du cinéma ?

Estelle Faye : 
En dernière année d'école, un peu par hasard, et parce que j'avais du temps libre, j'ai participé à un Appel à Textes pour une anthologie - Dragons chez Calmann-Lévy. Ma nouvelle a été retenue, publiée. Suite à cette publication j'ai rencontré Xavier Mauméjean, le directeur de collection de Pandore...
Et le virus de l'écriture littéraire m'a prise et ne m'a plus lâchée !
J'ai vraiment pris goût à toutes les possibilités qu'offre le roman par rapport au scénario : créer des mondes immenses, entrer "dans la tête" des personnages...
J'aime aussi le travail sur le style, chercher le ton juste pour une scène, une histoire...
Aujourd'hui, je ne pourrais plus me passer de la littérature.
----------------------------------------------------------------------------------------------------
Les chroniques de Lana : 
Penses-tu que tes expériences en écriture de scénario et de jeu d'acteur ont été une aide véritable lors de l'écriture de "La dernière lame" ?

Estelle Faye : 
Le scénario m'a appris à travailler la mécanique d'une histoire, à "resserrer les boulons" d'un synopsis, à veiller au bon enchaînement des scènes.

Mon expérience de comédienne, elle, m'aide beaucoup à construire les personnages. Quand j'invente une histoire, je me mets dans la peau de chacun de mes héros, comme si j'allais jouer leur rôle sur scène. Je m'interroge sur leurs motivations, leurs réactions, leur personnalité - ce qui revient à se poser des questions comme :
"Voyons, je suis Untel, j'ai tel parcours, tel comportement, telle façon de voir le monde. Dans cette situation précise, comment vais-je agir ?"

J'essaye de construire mes personnages en partant d'eux-mêmes, et non en les faisant entrer de force dans des scènes préconçues.
----------------------------------------------------------------------------------------------------
Les chroniques de Lana :  
Peux-tu nous raconter ton parcours vers l'édition ? A-t-il été semé d'embûches ou fais-tu partie de ces auteurs pour qui tout se passe comme sur des roulettes ?

Estelle Faye : 
Pour mes deux premiers romans, en fait, tout a été assez facile. Après ma nouvelle dans Dragons, j'ai rencontré Xavier Mauméjean, donc, et là tout s'est enchaîné, de manière un peu magique. Je sais que j'ai beaucoup de chance, par rapport à d'autres jeunes auteurs, et en même temps aujourd'hui je me sens à ma place dans l'écriture.
Bien sûr j'ai encore beaucoup à apprendre, mais j'ai vraiment l'impression d'être sur une voie qui me convient.
J'espère juste que pour la suite de mon parcours, tout se passera aussi bien !
----------------------------------------------------------------------------------------------------
Les chroniques de Lana :  
"La dernière lame" est ton tout premier roman et je le trouve plutôt réussi (même si j'ai émis quelques petites réserves dans ma chronique). Les descriptions sont très visuelles, le suspense est omniprésent, le style est très cinématographique...
Peux-tu nous parler de la naissance de ce roman ?

Estelle Faye : 
Tout d'abord merci pour ta chronique. Les quelques réserves que tu as exprimées, ça fait partie des points que je veux travailler davantage dans mes prochains romans. Avoir des retours de lecteurs, de critiques, ça aide aussi à progresser !

L'aspect visuel de mes romans est primordial pour moi. Très souvent, mes histoires naissent d'une image. "La dernière lame" ne fait pas exception.
L'image de départ, ici, c'était une jeune femme très belle, en robe de bal, assise au bord de la mer, dans une cité autrefois somptueuse, mais qui se laissait engloutir lentement par les eaux. Une jeune femme mélancolique, aux grands yeux verts. C'est elle que j'ai vue tout d'abord, et ensuite je me suis demandée qui elle était, d'où elle venait, quelle était son histoire et celle de sa ville, du monde autour d'elle... C'est de là que le roman est parti.
  ----------------------------------------------------------------------------------------------------
Les chroniques de Lana : 
"La dernière lame" est un roman de fantasy jeunesse, cependant j'ai trouvé que certaines scènes étaient assez dures.
Lorsque tu l'as rédigé, avais-tu en tête le public à qui serait destinée cette histoire et t'étais-tu posé certaines barrières à ne pas franchir ?

Estelle Faye : 
Quand j'ai rédigé "La dernière lame", non seulement j'avais le public cible en tête, mais j'en avais un échantillon sous la main, si on peut dire ! En effet, j'ai beaucoup discuté du synopsis avec ma cousine Léna, quatorze ans à l'époque. Elle reste une de mes premières lectrices, et aussi une grande source d'inspiration !
Quand je vois ce que lisent les ados, que ce soit en roman, en manga, en bande dessinée... je constate qu'ils vont facilement aujourd'hui vers des univers durs et sombres (ici je pense à certains passages de "Black Butler" par exemple, ou encore à la série "Apocalypsis" d'Eli Esseriam...).
Globalement, les adolescents d'aujourd'hui évoluent dans un contexte plus dur qu'il y a quinze ou vingt ans. La plupart sont conscients de toutes les crises que traverse notre société. Dès le collège, beaucoup se posent des questions graves sur leur avenir, se demandent s'ils seront au chômage ou dans quel état on leur laissera la planète. C'est aussi pour ce public là que j'écris, pour des jeunes qui ne vivent pas dans un monde tout rose, et qui cherchent dans les romans à la fois de l'évasion, de l'aventure, et un écho à leurs préoccupations.

Ensuite, en tant qu'auteur, que j'écrive pour des ados ou des adultes, je suis contre la violence et la cruauté gratuites, et je tiens toujours à équilibrer mes passages les plus sombres par une touche d'espoir.
Et quand j'écris pour la jeunesse, je ne mets aucune scène qui pourrait mettre mal à l'aise le lecteur. Ce n'est pas de l'auto-censure, ça me paraît naturel.
 ----------------------------------------------------------------------------------------------------
Les chroniques de Lana :  
Dans ma chronique, j'ai fait part de mon étonnement concernant l'aspect temporel de ton roman.
Pourquoi avoir placé un bond temporel de sept ans entre la fin de la deuxième partie et le début de la troisième ?

Estelle Faye :  
En tant que lectrice, j'ai toujours aimé voir les effets du passage du temps sur les personnages. Quitter un héros et le retrouver dans un état différent, quelques années plus tard, j'ai toujours trouvé ça passionnant. Cela laisse aussi de la place au lecteur. Il sait plus ou moins ce qui se passe dans les "trous" de l'histoire, et en même temps il doit compléter les blancs avec son imagination.

Après, dans "La dernière Lame", j'ai poussé ce jeu assez loin. Dans mes prochains romans, je serai sûrement moins radicale !
----------------------------------------------------------------------------------------------------
Les chroniques de Lana :  
J'ai un peu regretté de ne pas avoir eu plus de temps pour mieux connaître Jester, personnage ayant pourtant une place prépondérante dans l'histoire.
Pourquoi arrive-t-elle si tardivement dans l'intrigue ? Etait-ce une fois de plus un choix prémédité ?

Estelle Faye :   
Pour faire tenir tout l'univers de "La dernière Lame" dans un roman de la collection Pandore, forcément, il fallait faire des choix. Qu'allais-je montrer ? Qu'allais-je laisser dans l'ombre ?
Pour moi, certes Jester apparaît en tant que Jester assez tard dans le roman, mais sa présence, son secret irrigue toute l'histoire, et ce, dès le prologue - je n'en dis pas plus pour ne pas déflorer l'intrigue.

Cependant de nombreux lecteurs regrettent de ne pas la voir davantage "en chair et en os", et au final je les comprends. Dès que j'aurai le temps, j'écrirai une petite nouvelle ou une novella sur Jester, pour qu'on en découvre un peu plus sur elle.
 ----------------------------------------------------------------------------------------------------
Les chroniques de Lana :   
Si tu pouvais te mettre dans la peau du personnage (appartenant à ton roman) de ton choix, lequel choisirais-tu ? Pourquoi ?

Estelle Faye :  
Jester, justement. Parce que c'est le personnage le plus mystérieux, et par certains aspects le moins humain. Donc se glisser dans sa peau, ce serait une expérience radicalement "autre" !
----------------------------------------------------------------------------------------------------
Les chroniques de Lana :  
Quels sont tes auteurs préférés ?

Estelle Faye : 
Vaste question... Si j'essayais d'en faire la liste, il y aurait évidemment Jack London, pour "Martin Eden", sans doute le plus beau roman sur l'écriture. Et puis des auteurs de romans maritimes, de romans d'aventure, comme Conrad et Melville. Des auteurs de théâtre, bien sûr, Racine, Marlowe ou encore Sarah Kane. Des auteurs de romans noirs et de policiers historiques, comme James Ellroy ou Ellis Peter. Et bien sûr des auteurs de l'imaginaire : Herbert pour "Dune", Sturgeon pour "Cristal qui songe", Lovecraft et Clive Barker pour le fantastique sombre, Mathieu Gaborit pour les "Chroniques des Crépusculaires" et "Abyme"... et Francis Berthelot pour toute son œuvre !
----------------------------------------------------------------------------------------------------
Les chroniques de Lana :  
Lorsque tu écris, observes-tu un petit rituel ou as-tu des manies ?

Estelle Faye : 
Je n'ai pas de rituel à proprement parler, mais j'écris quasi toujours sur de la musique, et avec un thé ou un café à portée de main.
Et j'écris beaucoup la nuit. Par moment, j'essaye de changer ça, d'avoir des horaires plus "normaux". Mais quand je termine un texte, c'est encore à coup de nuits blanches.
----------------------------------------------------------------------------------------------------
Les chroniques de Lana :   
Si tu le souhaites, j'aimerais qu'on parle un peu du choix de l'illustration de couverture. Elle est magnifique, mais comme je l'ai mentionné dans ma chronique, je m'interroge beaucoup sur la place de l'auteur à ce moment du processus de publication : as-tu eu un droit de regard ou le choix est-il uniquement du ressort de l'éditeur ? Je pose cette question car j'ai souvent constaté (tout éditeurs confondus !) que les couvertures ne reflétaient pas toujours fidèlement le contenu du roman ou le descriptif des personnages.

Estelle Faye : 
Dans le cas de "La dernière Lame", je n'ai pas du tout participé au processus. Mais en même temps, je trouve que la couverture est belle et qu'elle correspond à l'ambiance du roman. Et puis c'est une vraie couverture de dessinateur, pas une photo puisée dans une banque de donnée et vaguement retravaillée sous Photoshop. Donc en tant que jeune auteur, sur ce coup, j'ai eu de la chance !
 ----------------------------------------------------------------------------------------------------
Les chroniques de Lana :   
Envisages-tu, un jour, d'adapter "La dernière lame" pour le cinéma ?

Estelle Faye :  
A priori non. Si j'ai fait de "La dernière Lame" un roman, c'est parce que c'était pour moi la forme qu'il fallait à cette histoire.
Maintenant, si quelqu'un d'autre, un jour, désire l'adapter, et qu'il a de bonnes idées pour cela, pourquoi pas ? Mais il faudra un sacré budget !
 ----------------------------------------------------------------------------------------------------
Les chroniques de Lana :    
Peux-tu nous parler de tes projets en cours ou à venir ?

Estelle Faye :  
En adulte, je me suis lancée dans une grande saga maritime, qui se déroule au 18e siècle, avec des grands voiliers, des passions, des abordages, de la vengeance, du sel et des embruns...
Et je vais sûrement continuer à écrire en jeunesse, mais là il est encore trop tôt pour en parler.
----------------------------------------------------------------------------------------------------
Les chroniques de Lana :     
Nous sommes arrivées au mot de la fin : que souhaiterais-tu ajouter ?

Estelle Faye :  
Merci pour l'intérêt porté à "La dernière Lame". Et je te souhaite encore beaucoup de belles lectures !
----------------------------------------------------------------------------------------------------
Les chroniques de Lana :   
Le blog Les chroniques de Lana te remercie pour le temps que tu as bien voulu lui accorder et te souhaite une bonne continuation dans tous tes projets.

mardi 26 mars 2013

Interview-chat de Nathy


Il était une fois sur le forum l'Alchimie des mots...

Avant la fermeture de l'Alchimie des mots, j'ai tenu à sauver tous les compte-rendus des interviews-chat que nous avions animées, Sélène et moi, afin de ne pas voir ces merveilleux moments d'échange disparaître en fumée.

C'est avec beaucoup d'émotion que je les partage avec vous sur ce blog.
En espérant que vous prendrez  autant de plaisir à les découvrir (ou les revivre) que nous avons eu à accueillir tous ces auteurs bien sympathiques.

** Avertissement : ces interviews ont été faites lors d'un chat, ce qui peut expliquer que des fautes de frappe ou d'orthographe puissent être présentes et que certaines phrases puissent s'avérer un peu maladroites. Nous avions préféré conserver le texte en l'état pour ne pas perdre une miette de la spontanéité de ces échanges en direct. ;-)

Voici donc en exclusivité la retranscription intégrale 
de l'interview-chat de :
   

*** Retrouvez ma chronique concernant "Anamorphose" de Nathy, paru aux éditions Rebelle, par ici : http://les-chroniques-de-lana.blogspot.fr/2012/04/mon-avis-sur-anamorphose-invictus.html


11 mai 2012, 21h00 : Début de la séance.
 

Selene : 
Bienvenue à tous sur le forum l'Alchimie des mots pour cette interview-chat. Je souhaite tout d'abord rappeler rapidement le déroulement de la séance aux membres du forum présents ce soir. J'ouvre la session en posant les deux premières questions. Une fois que notre invité aura répondu, je donnerai la parole à chacun de vous dans l'ordre d'inscription. Je vous demanderais de ne pas intervenir tant que je ne vous aurais pas accordé la parole afin de ne pas perturber le bon déroulement de l'interview.. Une seule question par personne et par tour. Évidemment je ferai autant de tours de table que nécessaire et ainsi jusqu'à la fin de la séance.
Ce soir, nous avons le plaisir d'acceuillir Nathy. Bonsoir Nathy.

Nathy  : 
Bonsoir

Selene  : 
Merci d'avoir accepté notre invitation.

Nathy : 
C'est moi qui vous remercie

Selene : 
Nathy, pourrais-tu te présenter brièvement et nous dire ce qui t'a séduite dans notre projet d'interview chat pour accepter d'y participer ?

Nathy : 
 
Je suis donc auteur chez Rebelle Editions où mon premier roman, Anamorphose, a été publié en janvier 2012.
Ce qui m'a plu ? Le fait de pouvoir discuter en direct plutôt que de remplir un questionnaire.

Selene : 
Je viens de lire ton roman et je dois dire que je suis encore sous le choc !

Nathy : 
Ah bon tant que ça ?

Selene : 
J'ai adoré ressentir tout ce que tu fais passer dans tes mots.

Nathy : 
Merci.

Selene : 
J'ai souvent été surprise par la justesse avec laquelle tu retranscris ce panel d'émotions que l'on rencontre au fil des pages.

Nathy : 
Je crois que c'est ce qui m'a plu d'écrire dans Anamorphose, faire passer des sentiments, des émotions au travers de l'histoire.

Selene : 
Ma question : comment arrives-tu à décrire ces scènes de violence ?? Elles paraissent si réelles que j'ai plusieurs fois eu l'impression de les avoir vécues. Aucun détail n'est flou, ni superflu comme on peut le lire dans d'autres livres.

Nathy : 
Comment j'y parviens ?
Et bien j'essaie de me mettre à la place des personnages, et je me pose la question : qu'est ce qu'on peut penser, ressentir dans de pareils moments … J'ai aussi eu de bons conseils, une amie a accepté de me parler de ce qui lui était arrivé, comment elle avait ressenti ça après... Et j'ai passé des heures à retravailler ces fameuses scènes, ajouter une phrase, en enlever. A faire lire à mon compagnon mes bêta-lectrices...
Je me suis aussi basée sur certains films où j'ai pu voir ce genre de scène pour en faire une description mais je ne voulais pas trop en faire non plus.

Selene : 
Et bien j'avoue que je ne m'étais pas imaginé que cela puisse être le fruit de tant de travail, c'est vraiment réussi.

Nathy : 
Merci et puis je crois que dans ces moments-là les "acteurs" ne font pas de grands discours, ils se focalisent sur l'instant rien de plus donc inutile d'en ajouter des tonnes.
Voilà

Selene : 
Si tu n'as rien à ajouter, je vais maintenant donner la parole aux membres du forum. Sophie étant absente ce soir, je vais donner la parole à Lana.

Lana : 
Voici donc ma première question pour toi, Nathy : peux-tu nous dire d'où t'est venue l'inspiration pour l'écriture de « Anamorphose » ?

Nathy : 
J'avais une image en tête et puis je voulais arriver à celle-ci. Elle s'est transformée au cours de l'écriture.
J'ai écrit Anamorphose fin 2009 début 2010, ça fait donc déjà un moment. Je voulais la confrontation de deux univers, la confrontation de deux êtres. Mais des adultes. Je ne me sentirais pas à l'aise avec une histoire d'ados.
Il y avait aussi tout cet aspect métamorphose qui m'intéressait, le passage de l'humain au vampire, comment la personne le vivait ... mais comme je suis un peu tordue, je ne voulais pas une histoire trop simple. C'est comme ça que j'ai créé le personnage de Dante.
Pour Camille, il était évident pour moi qu'une femme légère n'aurait jamais attiré Dante, il lui fallait son pendant féminin.
Voilà

Lana : 
Dante est vraiment mon personnage préféré, il est effectivement le reflet de la complexité dont tu parles. Merci pour ta réponse.

Nathy : 
J'aime les personnages complexes.

Selene : 

Tiffange, c'est à toi ;-)

Tiffange : 
Bonsoir Nathy ! De nos jours, les histoires de vampires font partie de celles qui fonctionnent le mieux dans le domaine de la littérature fantastique. Je dois avouer que ce ne sont pas des créatures qui m'attirent particulièrement. Mais toi, peux-tu me dire ce qui te plaît chez eux? Et pourquoi, selon toi, ils ont autant de succès?

Nathy : 
Bonsoir Tiffange.
Vaste question. Déjà le projet d'écrire une histoire de vampires remonte à plus de 10 ans et avec elle l'envie d'écrire à nouveau. Ce qui m'attire chez le vampire c'est ce mythe que l'on retrouve partout sur notre planète, à toutes les époques et dans toutes les cultures. Je me suis donc demandée à un moment ce qui aurait pu donner vie à ce mythe mais en me basant sur une hypothèse celle de la véracité de leur existence. C'était un peu farfelu mais j'ai donc bâti mon idée à partir de ça.
Mais en règle générale j'ai toujours été attirée par les mythes, les créatures mythologiques... pas forcément que les vampires et c'est même un goût relativement récent... environ une quinzaine d'années. J'ai commencé à m'intéresser aux vampires après avoir lu Lestat. car avant, et bien, les vampires n'étaient vraiment pas ma tasse de thé.
Ce qui me plaisait c'était aussi ce rapport à l'immortalité, aux différents pouvoirs. Le fait de passer les époques, d'être en quelque sorte la mémoire de l'humanité.
Ce qui en fait leur succès ? Actuel ? Sans doute le côté mystérieux, l'interdit, parce qu'entre la bit-lit d'aujourd'hui et les écrits du XIXème ou même Anne Rice il n'y a pas grand chose à voir.
Je crois que c'est l'aspect fantasme qui est soulevé car au final dans beaucoup de ces romans on y retrouve une grosse dose de sexe, mais aussi tout le coté sur-homme que sans doute beaucoup aimerait posséder. L'amour éternel aussi.
Voilà

Tiffange : 
Je te remercie pour tes réponses !

Selene : 
Laetitia ne sera pas là non plus ce soir, je vais donc poser une question en son nom, qu'elle vient de m'envoyer par sms

Nathy : 
ok

Selene : 
Nathy, pourquoi utilises-tu le pseudo Lunatik ??

Nathy : 
Lunathyque ?

Selene : 
Ohhhhhhhh pardon, je recopie bêtement...

Nathy : C'est lié au graphisme. Je signe mes créations graphiques de Nathy depuis des années et à un moment donné je faisais beaucoup d'images nocturnes avec une lune en fond. Je refaisais mon site et un ami m'a proposé de l'appeler Lunathyque. Donc mon site pro en tant qu'illustratrice c'est Lunathyque mais mon nom d'artiste c'est Nathy tout simplement que ce soit écriture ou dessin.
Voilà

Selene : 
Merci !! Je vais maintenant me permettre de poser une question de la part de Sophie : « Il me semble que tu écris sur les vampires. Que penses-tu de la mode (étouffante, pour moi) des vampires à la Twilight (qui tue le mythe de Dracula) ? Est-il difficile de sortir du nouveau cliché vampire = beau gosse/histoire d'amour culcul la praloche/paillettes et brushing (quoiiii?) ? »

Nathy : 
Pas grand chose. J'ai bien aimé Twilight, ça changeait. Maintenant, ce qui a été sympa pour une histoire avec ses qualités et ses défauts n'est pas forcément intéressant de se voir multiplier à l'infini. C'est de la littérature pour ado rien de plus à mon avis. Ce n'est pas un ado de 17 ou 18 ans même vampire qui me fera rêver. Dracula n'est qu'un mythe, une référence parmi tant d'autres, mais à mon avis il ne faut pas s'arrêter à ça non plus. Si on fait 100.000 « dracula-like » ça deviendra aussi gonflant que le même nombre de pseudo Twilight.
Je crois qu'on peut tout à fait en sortir... le côté attirant a été une invention de la littérature gothique du XVIIIe/ XIXe : c'est sans doute plus facile d'attirer ses victimes avec une belle gueule que si on ressemble à Quasimodo. Mais oui on peut sortir du coté minet... je ne trouve pas que les vampires de la confrérie de la dague noire par exemple soient des vampires tout mignons tout gentils.
Dans Anamorphose, on croise aussi bien des vampires séduisants et "gentils" que les pires des créatures. Lucrezia en est un exemple mais Dante n'est pas un ange, pas plus que Cathal par exemple.
Et puis personne n'est jamais tout mignon tout propre chaque personne a sa part d'obscurité, les vampires aussi, ça me semble logique.
Voilà

Selene : 
Merci Nathy. Ma question à présent
Ton histoire se situe à l'endroit où tu résides (enfin si je ne me trompe pas), comment s'est fait ce choix ?? En a t-il été de même pour Venise, ou cela n'a t-il rien à voir ??

Nathy : 
Non, je ne vis pas à Clermont-Ferrand mais à Montluçon soit à 100km.

Selene : 
Désolée, comme je disais, si je ne me trompe pas... Alors peux tu justement expliquer ce choix de situer ton histoire à cet endroit précis ?

Nathy : 
Et bien en fait je suis plus à l'aise à l'idée de décrire des lieux que je connais. Les rues que j'y décris je les connais pour avoir travaillé dans le quartier ou m'y mettre promenée.

Selene : 
Ah donc tu as déjà habité là bas ?

Nathy : 
Non travaillé seulement. Je faisais les aller retour quotidiennement et puis c'est une ville que j'aime beaucoup.
Et puis je n'avais pas envie d'avoir des héros aux US, je ne connais pas le pays ni les us et coutumes, donc c'était plus facile pour moi. Et puis je ne vois pas trop la nécessité de situer une histoire ailleurs que dans son pays, même si on y voit Venise. J'en ai un peu marre des auteurs français qui situent leurs histoires très souvent aux US.

Selene : 
On ressent cette connaissance du "terrain" dans tes descriptions, c'est sans doute ça qui m'a induite en erreur.

Nathy : 
Et oui.
Et il y a vraiment une rue où il y avait des prostituées. Je me suis servie d'anecdotes que l'on m'a racontées aussi.
Voilà

Selene : 
Merci beaucoup Nathy !!
Je vais donc redonner la parole à Lana.

Lana : 
Une question que j'aime beaucoup poser à nos invités-auteurs : pourrais-tu partager avec nous ta manière de procéder du moment où une idée germe dans ta tête au moment où tu mets le point final à un roman ?

Nathy : 
En général j'ai une idée qui me trotte dans la tête et que je laisse mûrir. Je la construis dans mon imagination, j'ai toujours fait ça. Je me racontais des histoires quand j'étais gamine et j'ai continué jusqu'au jour où j'ai écrit une nouvelle. Je ne fais pas de plan écrit par contre j'ai une idée assez précise de ce que je veux.
Donc à partir de là je me construis ma trame bref je cogite et quand je me lance ça vient tout seul, j'écris à la volée. Les idées viennent aussi au cours de l'écriture mais par exemple si un jour ou un soir une idée supplémentaire vient, je ne prends pas de notes, je la réfléchis et je la reprends quand j'ouvre à nouveau mon texte.
Parfois je me fais surprendre par mes personnages, un événement peut surgir à cause d'une image entrevue, un film, une musique...
Je fais aussi des recherches sur internet, dans les livres, je questionne les professionnels de la santé par exemple, ou un ancien militaire pour certains détails.
Pour la fin, Anamorphose a été un cas particulier. Au départ l'histoire devait être un drame. Je n'ai pas écrit l'histoire dans le but de la publier, j'écrivais pour une bande de copines et quand je leur ai posté cette fin tragique où Dante tue Camille (on la retrouve sous forme de rêve) mes lectrices ont hurlé. Alors pour leur faire plaisir j'en ai écrit une seconde moins dramatique et puis quand j'ai décidé de reprendre le manuscrit pour tenter l'édition j'ai repris un tiers de l'histoire que j'ai complètement réécrit et Anamorphose a eu une nouvelle fin. Plus longue, plus travaillée
Mais ce n'est pas forcément ma manière de procéder. J'écris au feeling si on peut dire...
Voilà

Selene : 
Tiffange, c'est à toi ;-)

Tiffange : 
Est-ce d'abord l'écriture qui a pris de la place dans ta vie? Ou les illustrations? Comment concilies-tu ces deux passions ?

Nathy : 
La question qui tue.
Non j'ai d'abord dessiné. En fait j'ai tenu un crayon à dessin avant de savoir écrire... j'ai dessiné, peint pendant des années et j'ai fait des études artistiques...
L'envie d'écrire était là, comme je disais auparavant, j'aimais me raconter des histoires. Et puis l'envie d'écrire arrivée à la trentaine s'est faite de plus en plus tenace. J'avais tenté d'écrire étant ado mais je n'étais pas très douée.
Je vis du graphisme donc c'est cela qui prend le plus de place dans ma vie mais l'écriture est un besoin. Rester sans écrire m'est difficile.
C'est très difficile de concilier deux passions d'autant plus quand on vit de l'une d'entre elles, car la vie d'artiste est difficile. Le graphisme est un dévoreur de temps. Pour écrire, il faut que j'arrive à trouver le temps nécessaire et j'avoue que parfois même si l'envie est là je choisis le graphisme par nécessité pécuniaire. C'est clair que je ne peux pas m'investir dans l'écriture comme parfois je pourrais en avoir envie. Je fais avec ou je grapille du temps par-ci par-là parfois sur mon temps de sommeil.
Voilà

Selene : 
A-t-on le temps de faire un dernier tour de table, Nathy ?

Nathy : 
Oui. Je suis une couche tard. Un peu vampire sur les bords. Lol

Selene : 
Très bien. Alors, à mon tour de poser une question que je pose souvent mais dont j'aime découvrir à chaque fois la réponse : as-tu des rituels, des habitudes ou des conditions particulières pour pouvoir écrire ?

Nathy : 
Oui oui... Je ne supporte pas le bruit à côté de moi donc j'ai besoin de m'isoler... et comme mon bureau contient l'ordi de mon copain et le mien ce n'est pas évident. Donc je mets le casque sur les oreilles, de la musique et ma tasse de thé que je vais remplir régulièrement. J'aime écrire le matin quand je suis toute seule ou le soir voire la nuit.
Je choisis souvent la musique en fonction de ce que j'écris et selon mes goûts bien sûr.

Selene : 
Ce serait abuser de te demander ce que tu peux écouter quand tu écris ???

Nathy : 
Non. J'écoute souvent du Thérion, Epica, Nightwish Amorphis, Crematory donc la plupart du temps du métal, death metal et symphonique, parfois de la dark electro et aussi du gothic
Voilà

Selene : 
Merci Nathy, j'avoue que je m'en doutais un peu... mais c'est vraiment sympa de partager !!

Nathy : 
Ah bon pourquoi donc ?

Selene : 
Je vais laisser Lana poser sa question et je répondrai ensuite. Lana, c'est donc à toi !!

Lana : 
Ton premier roman a été publié par les éditions Rebelle, une jeune maison d'édition prometteuse avec de nombreux titres sympathiques à son catalogue malgré son jeune âge.
Raconte-nous ton parcours vers l'édition. Te faire éditer pour la première fois a-t-il relevé du parcours du combattant ou appartiens-tu à cette catégorie d'auteurs pour qui tout s'est passé comme sur des roulettes ?

Nathy : 
Mon parcours est sans doute un peu particulier... Je ne songeais vraiment pas à publier et mes copines me harcelaient pour que je propose mes manuscrits, elles m'ont tellement cassé les pieds que j'ai cédé, j'ai pris le manuscrit le plus court (Anamorphose) en me disant pourquoi pas mais sans y croire.
A coté de ça je suis admin de Belisam'Art , je fais aussi des interviews d'auteurs, éditeurs, graphistes ...
je me suis dit que voir tout le parcours d'un manuscrit pouvait être intéressant, j'ai donc cherché des bêta lecteurs.. une vrai galère, j'ai fait une première série de corrections, c'est aussi à ce moment là que j'ai réécrit le dernier tiers de l'histoire et puis j'ai envoyé mon histoire à plusieurs maison d'édition dont l'ex-Editions Cauchemars J'ai une 1 réponse et demi... Une négative et la seconde où on ne m'a pas vraiment dit non, mais où on m' a gentiment suggéré de proposer Anamorphose à une autre maison, Amorosa... sans commentaires...
Et puis j'ai remisé Anamorphose et fait un trait sur l'édition.
En mai 2011 Astrid Lafleur que j'avais interviewée en tant qu'auteur et avec qui j'avais lié amitié (on habite la même ville) m'a annoncé qu'elle créait sa maison d'édition et c'est elle qui m'a demandé ce que je faisais de mes écrits... et quand je lui ai dit rien du tout elle a voulu que je lui confie Anamorphose. Et en août elle m'a proposé un contrat.
Donc je n'ai pas vraiment galéré..., mais c'est plutôt Rebelle qui est venue me chercher que l'inverse.
Voilà

Selene : 
Je me permets de répondre rapidement à Nathy
Quand je me suis penchée sur "ton cas" pour rédiger ta fiche auteur, j'ai découvert une première partie de ton univers : tes illustrations !! C'est un univers que je "côtoie" également et qui m'est familier. J'ai tout de suite eu l'impression que tu aimais également tout ce qui se rapprochait de loin ou de près à cet univers. En bref, cela m'aurait étonnée que tu n'écoutes pas de métal et de gothique.

Nathy : 
Oui en effet c'est souvent lié.

Selene : 
Je suis bien placée pour le savoir...
Tiffange, je te laisse la parole.

Tiffange : 
Je te remercie Sélène, mais je n'ai plus de question et je vais devoir m'en aller. Nathy, je te remercie pour ta disponibilité, je suis ravie d'en avoir appris plus sur toi. Merci au staff de l'alchimie pour ce moment très sympathique et bonne soirée à tous !

Selene : 
Bonne soirée Tiffange, merci à toi d'avoir participé.

Nathy : 
Merci à toi et bonne soirée Tiffange.

Selene : 
Je vais donc demander si un membre a encore une question pour Nathy.

Lana : 
Oui. Quels sont tes auteurs fétiches ?

Nathy : 

Je lis des auteurs très différents les uns des autres. Michel Robert pour la Dark Fantasy, Anne Rice Des auteurs du XIXe : Maupassant, De Nerval, ... Baudelaire, Jean Ray, Abraham Meritt, Sire Cédric.
Voilà

Lana : 
Sire Cédric et Baudelaire sont deux auteurs que j'aime aussi beaucoup. Merci.

Selene : 
Je plussoie...
Malheureusement, il est bien plus que l'heure de clôturer la séance et de libérer notre invitée.
Merci beaucoup Nathy de nous avoir permis de te connaître un peu mieux.

Lana : 
Merci à toi, Nathy, d'avoir autant joué le jeu.

Nathy : 
De rien c'était avec plaisir.
22h55, Fin de la séance

** Tous droits réservés au blog Les Chroniques de Lana ** 

 Ne pas utiliser sans autorisation. Merci. 

lundi 11 mars 2013

Interview-chat de Tiffany Schneuwly


Il était une fois sur le forum l'Alchimie des mots...

Avant la fermeture de l'Alchimie des mots, j'ai tenu à sauver tous les compte-rendus des interviews-chat que nous avions animées, Sélène et moi, afin de ne pas voir ces merveilleux moments d'échange disparaître en fumée.

C'est avec beaucoup d'émotion que je les partage avec vous sur ce blog.
En espérant que vous prendrez  autant de plaisir à les découvrir (ou les revivre) que nous avons eu à accueillir tous ces auteurs bien sympathiques.

** Avertissement : ces interviews ont été faites lors d'un tchat, ce qui peut expliquer que des fautes de frappe ou d'orthographe puissent être présentes et que certaines phrases puissent s'avérer un peu maladroites. Nous avions préféré conserver le texte en l'état pour ne pas perdre une miette de la spontanéité de ces échanges en direct. ;-)

Voici donc en exclusivité la retranscription intégrale 
de l'interview-chat de :
   

*** Retrouvez ma chronique concernant "Le Requiem d'un soupir" de Tiffany Schneuwly, paru aux éditions Val Sombre, par ici : http://les-chroniques-de-lana.blogspot.fr/2012/02/mon-avis-sur-le-requiem-dun-soupir-de.html


27 avril 2012, 21h00 : Début de la séance.

Lana :
Bienvenue à tous sur le forum l'Alchimie des mots pour cette interview-chat. Je souhaite tout d'abord rappeler rapidement le déroulement de la séance aux membres du forum présents ce soir.
J'ouvre la session en posant les deux premières questions. Une fois que notre invité aura répondu, je donnerai la parole à chacun de vous dans l'ordre d'inscription.
Je vous demanderais de ne pas intervenir tant que je ne vous aurais pas accordé la parole afin de ne pas perturber le bon déroulement de l'interview..
Une seule question par personne et par tour. Évidemment je ferai autant de tours de table que nécessaire et ainsi jusqu'à la fin de la séance.
Ce soir, nous avons le plaisir d'accueillir Tiffany Schneuwly. Bonsoir Tiffany.

Tiffany Schneuwly :
Bonsoir Lana! Et merci de m'accorder cette interview-chat! ;-)

Lana :
Merci à toi d'avoir accepté notre invitation. Tiffany, Pourrais-tu te présenter brièvement et nous dire ce qui t'a séduite dans ce projet d'interview-chat pour accepter d'y participer ?

Tiffany Schneuwly :
Bon, et bien, comme vous vous en doutez sûrement, je m'appelle Tiffany Schneuwly et je suis passionnée d'écriture. Passionnée, à tel point que je me suis dit un jour "et si j'essayais d'écrire une histoire?". L'histoire est née, et, à ma plus grande surprise, elle a été publiée. Depuis, c'est une drogue pour moi et j'espère n'être qu'au tout début d'un long parcours d'écrivain! En ce qui concerne l'interview-chat, je pense qu'en tant qu'auteure débutante, c'est une véritable chance de pouvoir discuter avec des amateurs de lecture et d'écriture, ne serait-ce que pour avoir un regard extérieur sur mon parcours, découvrir ce que je pourrais améliorer ou développer!

Lana :
N'oublie pas de me signaler que tu as terminé de répondre en écrivant "voilà". ;-)

Tiffany Schneuwly :
oh! toutes mes excuses! Voilà! ;-)

Lana :
Ton roman « Le Requiem d'un soupir » est un concentré d'émotions qui sonne avec une étonnante justesse d'un bout à l'autre de l'histoire. Comment as-tu fait pour réussir à exprimer aussi bien tous ces sentiments ?

Tiffany Schneuwly :

Je pense que le fait que cette histoire soit en partie auto-biographique m'a aidée à communiquer mes émotions et à les faire ressentir aux lecteurs. A bien des reprises, j'ai revécu certains passages de ma vie et j'étais tellement prise dans mon récit que j'en avais moi-même les larmes aux yeux. C'est parce que c'est une histoire vraie, je pense, qu'elle parvient à toucher ainsi les lecteurs! Voilà.

Lana :
Merci pour tes réponses, Tiffany. Je vais maintenant donner la parole aux membres du forum.
Sélène, c'est à toi.

Sélène :
Merci et Bonsoir !
Tu nous parlais de la première histoire que tu as fait naitre, et qui a été publiée. Tu es un toute jeune auteure et j'aimerai savoir ce qui s'est passé dans ta vie quand tu as su qu'elle serait publiée ? Qu'est ce que cela a changé dans ta vision des choses et de ta passion ?
Ta passion pour l'écriture ? Pardon..

Tiffany Schneuwly :
ça a été un grand chamboulement, et beaucoup de choses qui m'arrivaient en même temps. Je venais tout juste de terminer mes études et je faisais mes premiers pas dans le monde du travail. Du coup, au début, j'étais tellement enthouisaste que je devais faire attention à ne pas oublier mon travail! C'est peut-être une des raisons qui a fait que, selon moi, cette histoire a été publiée trop vite. J'aurais du prendre plus de recul pour prendre les choses les unes après les autres. Après, au niveau de ma passion, ça a vraiment tout changé. Je ne connaissais la littérature que par les livres que je lisais et les quelques textes que je gribouillais. J'en ensuite découvert tout ce qui se cache derrière la publication d'un roman, depuis la signature du contrat à sa parution, et je me suis dit "wow!". J'avais l'impression d'avoir été propulsée dans un nouvel univers. J'ai alors commencé à réapprendre ma passion. Et, aujourd'hui, je suis encore en plein apprentissage! Voilà! ;-)

Sélène :
Merci Tiffany !!

Lana :

Sophie, c'est à toi.

Sophie :
Bonsoir Tiffany .

Tiffany Schneuwly :
Bonsoir Sophie! :-)

Sophie :
Une question peut-être inhabituelle... mais comment est le milieu de l'écriture en Suisse ? Nous connaissons les difficultés en France des librairies, des jeunes auteurs, et encore des maisons d'éditions naissantes... mais comment est la situation au pays du chocolat ? La difficulté de se faire publier, tout ça...

Tiffany Schneuwly :
Je dirais que, de manière générale, se faire publier n'est pas une chose évidente, où que l'on soit. Mais il faut savoir que la Suisse est un pays très fermé à tout ce qui touche au monde des arts. Il y a très peu de maisons d'édition, et les rares qui existent privilégient plutôt les ouvrages scientifiques, les doctorats, les documents historiques, etc... Sans compter qu'il y a encore la barrière des langues. En Suisse, nous avons 4 langues nationales. Donc, un auteur qui publie en français n'a pas une portée énorme sur son pays. Sans compter que nous n'avons pas le prix unique du livre, comme vous l'avez en France, ce qui fait que les livres coûtent relativement chers. Pour résumé, je dirais que, si la publication d'un livre n'est pas une chose évidente, quand on est suisse, on a presque meilleure temps d'aller voir ce qu'il se passe chez nos voisins les français! voilà!

Lana :
Phero, c'est à toi.

Phero :
Bonsoir Tiffany.

Tiffany Schneuwly :
Bonsoir Phéro!

Phero :
Et merci Lana, lol. Tiffany ma question est simple . Le requiem est un roman que je qualifierai d'àn plusieurs niveaux. Comment as-tu défini la frontière entre l'émotionnel et le fantastique?

Tiffany Schneuwly :
Le fantastique, dans le roman, est représenté par une petite fille qui a un rôle de conscience et qui n'et visible qu'aux yeux de l'héroïne. J'ai créé une frontière en ne faisant interragir cette part de fantastique qu'avec un seul personnage. Et je l'ai minimisée en la représentant par une fillette qui, à priori, n'a rien de fantastique. C'est juste une enfant. Cette conscience a été le soutien émotionnel de l'héroïne durant toute l'histoire. Mais alors qu'elle lui apparaissait sous forme d'enfant, elle avait souvent des réflexions plutôt adultes. Je pense que ce sont ces réactions un peu trop adultes pour une fillette qui nous font nous rappeler que, non, elle n'existe pas réellement. Mais c'est parce que c'est une enfant qu'elle parvient à nous faire ressentir tant de choses! voilà!

Phero :
merci Tiffany :-)

Lana :

A toi Léomète

Léomète :

Merci ! Bonsoir Tiffany ! ;-)

Tiffany Schneuwly :
Bonsoir Léomète!

Léomète :
Tu as toujours écrits, sur différents supports, depuis petite je crois. Comment passe t’on au stade de l’édition ? C’est un cap ; les exigences de la maison d’édition doivent être lourd. Comment ça se passe concrètement ?

Tiffany Schneuwly :
Je crois que se sont les exigences des lecteurs qui sont les plus lourdes! (rires) J'ai publié mon premier roman, encouragée par ma maman, auprès d'une petite maison d'édition. Cet éditeur ne poussait pas franchement ses auteurs à travailler leurs textes. Du coup, la naïveté de mon premier récit a réussi à convaincre certains lecteurs, mais d'autres se sont montrés plus critiques, et je les en remercie. Je crois que le meilleur moyen de passer ce cap, c'est de se confronter aux avis des lecteurs, ce sont eux qui ont le plus à nous apprendre. J'ai eu la chance de pouvoir rééditer mom premier roman et je suis d'ailleurs en train de le retravailler. J'essaie de tenir le plus possible compte des premières critiques que j'ai reçues. Ensuite, j'ai croisé la route d'autres éditeurs qui m'ont directement mise en contact avec des correcteurs. Et c'est un soutien non négligeable que je suis bien contente d'avoir! voilà!

Léomète :
Merci Tiffany ! ;-)

Tiffany Schneuwly :
Je t'en prie! ;-)

Lana :
Je vais me permettre de poser une question de la part de Laetitia qui n'a malheureusement pas pu être parmi nous ce soir :
« Pourquoi la figure de l'ange est très présente dans tes romans? Quelle signification/importance ont ils pour toi? »

Tiffany Schneuwly :
Ah! Les anges! Oui, j'avoue, ce sont mes créatures fétiches! Et puis, ce sont aussi des personnages chers à ma maman (dont je suis très proche). Quand j'ai choisi d'écrire ma première histoire, j'ai tout de suite su que je voulais me diriger vers le fantastique, car c'est mon domaine préféré. Les anges se sont imposés naturellement car ce sont des créatures qui me fascinent et auxquels je n'ai pas de peine à croire. Et puis, j'avais envie d'explorer un autre domaine que celui de la sorcellerie et du vampirisme! :-) voilà!

Lana :
Pourrais-tu partager avec nous ta manière de procéder du moment où une idée germe dans ta tête au moment où tu mets le point final à un roman ?

Tiffany Schneuwly :
Bien sûr! Je commence généralement par choisir un thème que je veux travailler, et je cherche de suite un titre pour le roman. Etrangement, si je n'ai pas le titre, j'ai de la peine à me lancer. Ensuite, je choisis mes personnages et je fais une fiche descriptif pour chacun d'entre eux. Bien sûr, il arrive parfois que certains personnages s'invitent en cours d'écritire et n'étaient pas prévus à la base. Mais ils passent également par la case "description". Ensuite, je décris chapitre par chapitre ce qui va se passer. Pas dans les détails, juste un paragraphe par chapitre. ça me permet de garder un fil conducteur durant l'écriture et de ne pas me laisser entraîner par mon imagination qui risque de faire partir l'histoire dans tous les sens et de la faire perdre en cohérence. voilà!

Lana :
Merci. Sélène, c'est à toi.

Sélène :
Je sais que c'est une question qui revient souvent mais... j'aimerais tout de même te la poser à Toi.

Tiffany Schneuwly :
Et j'y répondrai volontiers! ;-)

Sélène :
Quels sont tes "rituels d'écriture" ? Comment te mets tu en "condition" pour écrire, qu'est ce qui te porte ?? Ou te transporte plutot...

Tiffany Schneuwly :
Je n'ai pas vraiment de rituels, mais plutôt, comme tu le dis, des conditions. J'ai besoin de bruit autour de moi. J'ai plus de peine à écrire dans le silence. Je n'écoute pas non plus de musique car je me surprends trop souvent à chanter au lieu d'écrire. En général, j'allume la télévision sur une chaîne au hasard ou alors la radio. Je sais que beaucoup d'auteurs ont l'habitude d'écrire sur papier avant de transcrire leurs récits sur l'ordinateur. Pour moi, ce n'est pas le cas. Je confie directement tout à mon cher PC! En ajoutant encore mon canapé, je dirais que j'ai là tout ce qu'il faut pour être à l'aise et faire évoluer mes personnages!:-) voilà!

Lana :
A ton tour Sophie.

Sophie :
Alors... J'ai peur de faire une grosse boutade mais Tiffany, reprends-moi si je me plante.

Tiffany Schneuwly :
Est-ce que je dois avoir peur? :-p

Sophie :
Il me semble que "Entre deux feux" est déjà sorti, avec un autre éditeur (compte auteur ?). A présent, il sort avec un autre (non, oui, Sophie, arrête la picole).
Comment s'est passé la réécriture ? As-tu tout recommencer ou juste repris ce qui te paraissait gênant ? La première édition était-elle ""irréfléchie"", rapide ? (je ne suis pas très claire :s)

Tiffany Schneuwly :
Tu as presque tout juste! ;-) Entre deux feux a été publié en décembre 2010 chez Mon Petit Editeur. MAis ce n'était pas du compte d'auteur. Cet éditeur ne fait rien payer à ses auteurs, mais travaille avec un système d'impression à la demande. Je vais peut-être commencer par expliquer pourquoi je change d'éditeur.

En fait, c'est un peu le hasard qui m'a donné cette occasion. Une éditrice qui travaille chez Kirographaires Editions m'a contactée d'elle-même car elle avait lu un extrait de Entre deux feux et avait beaucoup aimé l'univers. Elle m'a donc parlé de la maison d'édition pour laquelle elle travaille et m'a demandé si je n'avais pas un manuscrit sous la main à lui transmettre. A ce moment-là, je n'en avais pas. Par contre, elle m'a expliqué la manière de travailler de sa maison et c'est cette maière de travailler qui m'a attirée. J'ai donc demandé s'ils pratiquaient auss les rééditions et elle m'a répondu positivement. C'est donc comme ça que l'occasion de donner un nouveau soufflre à l'histoire s'est présentée. Ensuite, comme je l'ai dit précédemment, Entre deux feux a été publié sous l'enthouisasme et l'impatience d'une jeune auteure qui voyait un rêve se réaliser. Ce n'étais franchement pas évident de prendre du recul, j'étais tellement pressée de tenir le roman entre mes mains. Je ne dirais pas que cette première édition était irréfléchie, mais effectivement rapide et surtout bâclée au niveau des corrections. J'ai donc opté pour les grands moyens pour la réédition :

J'ai soumis ce premier tome à une correctrice et co-auteure avec qui j'ai l'habitude de travailler et qui fait des corrections draconniennes. Comme nous sommes très différentes l'une de l'autre, elle m'a permis de relever les grosses faiblesses du roman et de les corriger. J'ai aussi recruté des bêtas-lecteurs qui sont, en ce moment même, en train de lire ce tome avec les premières modifications que j'ai effectuées. Je compte sur eux pour déceler les derniers points qui ne sont pas cohérents et/ou trop naïfs! Bien sûr, l'histoire restera toujours la même, les personnes qui n'ont lu que la première édition n'auront aucune peine à enchaîner avec la suite.

C'est une véritable aubaine pour moi de pouvoir retravailler ce tome mais, je ne le cache pas, une véritable épreuve pour moi. A bien des reprises je me suis dit "non, j'abandonne, je ne le réédite pas et je laisse tomber cette saga!" Mais, au final, je ne pouvais pas faire un coup pareil à ma mère et aux premiers lecteurs qui m'ont soutenue et ont cru en moi! Voilà!

Lana :
phero, c'est à toi.

Phero :
Merci Lana. Bon Tiffany, ne frappe pas hein, lol.

Tiffany Schneuwly :
heu... lol!

Phero :
Tu as fait 4 mains avec Suzanne que j'ai la grande chance de lire. Qu'est-ce que cela a modifié actuellement dans ta facon d'écrire?

Tiffany Schneuwly :
Beaucoup de choses! :-p En fait, j'ai eu tout à gagner en travaillant avec elle. Nous sommes tellement à l'opposé l'une de l'autre qu'on en devient parfaitement complémentaire. Depuis que j'ai écrit avec elle, j'ai appris à travailler avec plus de rigueur, à faire davantage attention à la cohérence, à ne pas me perdre dans des descriptions ennuyeuses ou inintéressantes et à mieux gérer les scènes d'action. Je lui dois vraiment énormément et j'ai franchement l'impression que j'ai plus gagné à écrire avec elle, qu'elle a gagné à écrire avec moi! voilà!

Phero :
Merci Tiffany :-)

Lana :
Léomète, c'est à toi.

Léomète :
Merci !
Bon, une question un peu bateau, je le crains. Lorsque tu écris ; l’inspiration est‘ elle toujours aussi présente ou est’ elle plus capricieuse ? Est-ce quelque-chose que tu peux favoriser (de part l’endroit où tu écris par exemple, de part la lecture… ).

Tiffany Schneuwly :
Arf... comme beaucoup, je suppose, il m'arrive de souffrir de la page blanche. J'ai des périodes d'écriture, et des périodes de lecture. Et lorsque je suis dans une des périodes, impossible de la mélanger avec l'autre! J'ai trop peur d'être trop influencée par mes lectures lorsque j'écris. :-) Par contre, je m'insire énormément de mon vécu lorsque j'écris. Alors c'est vrai que j'ai souvent les sens en éveil et qu'une situation qui peut paraître banale dans la vie réelle peut tout à fait débloquer ma phase de page blanche et me redonner de l'inspiration! voilà!

Lana :
A-t-on le temps de faire encore un tour de table, Tiffany ?

Tiffany Schneuwly :
Oui, aucun problème pour moi! ;-)

Lana :
Dans ce cas : Quels sont tes auteurs fétiches ?

Tiffany Schneuwly :
J.K. Rowling restera mon modèle, sans hésitation! Sa saga HP m'a accompagnée durant toute mon enfance et mon adolscence. Elle est suivie de près par D. J. MacHale, auteur, entre autres, de la saga Bobby Pendragon. Sinon, j'ai aussi beaucoup d'admiration pour les auteurs francophones tels que Brussolo et Pierre Bottero. Voici pour les grands noms! Maintenant, depuis que j'écris, j'ai découvert énormément d'auteurs encore peu ou moyennement connus qui ont énormément de talent et que j'apprécie tout autant. Je citerais notamment notre cher Frédéric Livyns! ;-) voilà!

Lana :
Merci. Sélène, c'est ton tour.

Sélène :
Le fantastique est apparement ton domaine de prédilection, mais envisage-tu ou désirerais-tu de changer de registre ?? Est-ce le fantastique qui fait partie de ton inspiration ?

Tiffany Schneuwly :
Changer de domaine, pas forcément. Par contre, j'aime travailler le fantastique sous toutes ses formes. Entre deux feux pourrait se rapporcher de l'univers fantastique de Harry Potter (monde des humains et monde des anges, attention, je n'ai pas la prétention de dire que mon histoire vaut cette magnifique saga, bien loin de là!!), Le Requiem d'un Soupir était plus proche d'une histoire vraie que du fantastique. Maintenant, je travaille un thriller, toujours basé sur le fantastique. Et j'ai également un projet d'une nouvelle saga qui tirera plus sur la fantasie que sur le fantastique. Renoncer au fantastique, je ne sais pas si j'y parviendrai un jour. Les seuls fois où j'ai plus ou moins réussi à m'en défaire, c'était lorsque j'écrivais des pièces de théâtre! Voilà!

Lana :
A toi, Sophie.

Sophie :
Eh bien je vais profiter de cette dernière question pour parler du forum. Merci de participer à l'interview-chat. Comment as-tu connu le forum ? Quelque chose t'a poussé à venir ? Le conseillerais-tu à de jeunes auteurs ? (on est pas chauvins, sinon).

Tiffany Schneuwly :
Je l'ai connu grâce au grand gourou Lana! Je la connaissais un peu car je l'avais croisée sur le forum de Val Sombre et, par la suite, je lui ai proposé de lire Le Requiem d'un Soupir. On a discuté plus longuement et, au fil de la discussion, elle m'a reparlé de ce forum. Ajoutez à ça le fait que Laetitia n'a pas arrêté de me chanter ses louanges, et j'ai eu tout de suite envie de venir y faire un tour. Je ne suis d'ailleurs pas déçue du tout! Alors, oui, je le conseillerais à des jeunes auteurs! C'est un excellent moyen de faire un peu parler de soi, de partager son expérience et de retirer également des leçons des réactions des autres membres! On a tout à y gagner en venant y faire un tour! voilà!

Lana :
Merci Tiffany. phero, c'est à toi.

Phero :
Merci Lana. Tout d'abord Tiffany, merci pour le compliment ca me va droit au coeur :-)

Tiffany Schneuwly :
Je t'en prie! :-)

Phero :
Ensuite, je profite que tu ais parlé de théatre. Je sais quetu touches également à la comédie musicale. N'as tu jamais eu envie de transposer l'univers de ta saga entre deux feux dans ce domaine? Je crois que ca rendrait bien!

Tiffany Schneuwly :
:-) je crois que tu commences à me connaître. Oui, ça me plairait énormément. Mais une comédie musicale est un projet gigantesque. Si je dois réussir à réaliser ce rêve, je me lancerais plutôt d'abord avec une pièce qui tire moins sur le domaine du fantastique, je l'avoue, par choix de facilité! Mais c'set un projet que je garde en tête et que je pourrai remettre au goût du jour lorsque j'aurai un peu plus d'expérience dans la mise en scène d'une comédie musicale! Voilà!

Phero :
Merci :-)

Lana :
Léomète, une dernière question ?

Léomète :
Merci.
Quels sont les aspects les plus sympathiques et au contraire les moins agréable lors de l’écriture de tes romans ? (Désolé ça doit revenir souvent ! :-/)

Tiffany Schneuwly :

(aucun souci!!) Les plus sympathiques, je dirais le sentiment de pouvoir tout contrôler. je prends énormément de plaisir à voir évoluer mes personnages, à essayer de travailler leurs réactions, leurs façons de voir les choses, et les faire grandir... La chose la moins agréable, pour moi, c'est la gestion du suspens. C'est mon principal point faible. J'avoue, je ne suis pas une bonne lectrice. Il m'arrive à de nombreuses reprises dans un moment fort du roman de faire une pause et de sauter à la dernière page pour être sûre que je ne vais pas être déçue (non!! pas taper!!). Alors du coup, j'ai trop tendance à vouloir ménager mes propres lecteurs, et j'en oublie de gérer ce fameux suspens! voilà!

Lana :
Il est malheureusement déjà l'heure de clôturer la séance et de libérer notre invitée. Un grand merci pour ta présence ce soir, Tiffany. Un moment de partage très enrichissant avec une auteure sympathique. J'espère que tu as passé un très bon moment. Je tiens à signaler que nous aurons l'occasion de t'accueillir à nouveau très bientôt pour une rencontre-débat sur l'asthme, cette maladie qui est le thème principal de ton roman « Le Requiem d'un soupir ». Nous communiquerons la date de cet événement dès que nous l'aurons fixée ensemble.

Tiffany Schneuwly :
Un tout grand merci à vous tous pour votre accueil, votre enthouisasme et votre intérêt! Je me réjouis de pouvoir renouveler l'expérience en axantun peu plus la discussion sur ce thème qui me tient à coeur! Merci encore à tous!!

Lana :
Merci à toi. ;-)

Sophie :
Merci Tiffange .

Sélène :

Merci ma Tiffange !!

Léomète :
Merci à toi !!! ;-)

Phero :
Merci à toi Tiffany et bonne soirée à toutes et tous :-)

Tiffany Schneuwly :
Oui, bonne soirée à tous et à tout bientôt!! (Merci Léomète)
22h34, Fin de la séance

** Tous droits réservés au blog Les Chroniques de Lana ** 

 Ne pas utiliser sans autorisation. Merci. 

mercredi 27 février 2013

Interview-chat de Sire Cédric


Il était une fois sur le forum l'Alchimie des mots...

Avant la fermeture de l'Alchimie des mots, j'ai tenu à sauver tous les compte-rendus des interviews-chat que nous avions animées, Sélène et moi, afin de ne pas voir ces merveilleux moments d'échange disparaître en fumée.

C'est avec beaucoup d'émotion que je les partage avec vous sur ce blog.
En espérant que vous prendrez  autant de plaisir à les découvrir (ou les revivre) que nous avons eu à accueillir tous ces auteurs bien sympathiques.

** Avertissement : ces interviews ont été faites lors d'un tchat, ce qui peut expliquer que des fautes de frappe ou d'orthographe puissent être présentes et que certaines phrases puissent s'avérer un peu maladroites. Nous avions préféré conserver le texte en l'état pour ne pas perdre une miette de la spontanéité de ces échanges en direct. ;-)

Voici donc en exclusivité la retranscription intégrale 
de l'interview-chat de :
   

*** Retrouvez ma chronique concernant "Le premier sang" de Sire Cédric, paru aux éditions Pré aux Clerc, par ici : http://les-chroniques-de-lana.blogspot.fr/2012/03/mon-avis-sur-le-premier-sang-de-sire.html

30 Mars 2012, 21h02 : Début de la séance.


Lana
Bienvenue à tous sur le forum l'Alchimie des mots pour cette interview-chat. Je souhaite tout d'abord rappeler rapidement le déroulement de la séance aux membres du forum présents ce soir.
J'ouvre la session en posant les deux premières questions. Une fois que notre invité aura répondu, je donnerai la parole à chacun de vous dans l'ordre d'inscription.
Je vous demanderais de ne pas intervenir tant que je ne vous aurais pas accordé la parole afin de ne pas perturber le bon déroulement de l'interview. Une seule question par personne et par tour. Évidemment je ferai autant de tours de table que nécessaire et ainsi jusqu'à la fin de la séance.
Ce soir, nous avons le plaisir d'accueillir Sire Cédric. Bonsoir Sire Cédric.

Sire Cédric
Bonsoir Lana ^^

Lana
Merci à toi d'avoir accepté notre invitation. Sire Cédric, Pourrais-tu te présenter brièvement à nos membres et nous dire ce qui t'a séduit dans ce projet d'interview-chat pour accepter d'y participer ?

Sire Cédric
Alors... je suis l'auteur de 7 livres, dont 5 romans, dans le genre thriller et fantastique.
C'est la première qu'on me propose le concept d'interview-chat. De nature curieuse, j'ai bien entendu accepté l'expérience. Cela me donne aussi l'occasion de discuter avec des passionnés (et ces derniers temps j'ai de moins en moins de temps pour ma correspondance privée)
Voilà ^^

Lana
Je me suis régalée avec ton dernier roman, « Le premier sang » qui est paru au mois de mars. J'ai vraiment été touchée par ton style, l'histoire, les personnages... mais une chose m'intrigue : lorsque tu as écrit ce roman, as-tu écrit séparément les histoires d'Eva et d'Alexandre Vauvert avant de les imbriquer l'une dans l'autre ou as-tu écrit directement les deux histoires en alternant les points de vue à chaque chapitre ?

Sire Cédric
Tout d'abord, merci ! Mon but est vraiment de faire passer un bon moment aux lecteurs. Quand ça fonctionne, je suis aux anges.
En ce qui concerne les fils narratifs du Premier sang, j'ai commencé à écrire l'histoire d'Eva, puis Alexandre est arrivé naturellement dans la narration, et à partir de ce moment j'ai alterné l'écriture quasiment dans l'ordre de la lecture.
J'écrivais un chapitre ou deux en suivant Eva, puis un chapitre ou deux en suivant Alexandre. Je savais précisément où je comptais arriver, je n'avais qu'à laisser mes personnages m'y conduire. Cette manière d'écrire me permet d'obtenir une vraie fluidité et un vrai va et vient entre les chapitres.
Mais il faut savoir que j'ai beaucoup écrit avant de beaucoup couper : de nombreuses scènes ont ainsi sauté, pour que le rythme soit soutenu du début à la fin, et que les chapitres donnent une impression de fluidité constante.
Voilà ^^

Lana
Merci pour tes réponses, Sire Cédric. Je vais maintenant donner la parole aux membres du forum.
Sophie, c'est à toi.

Sire Cédric
Bonsoir Sophie !

Sophie
Sire Cédric, bonsoir ! Je connais trop vaguement (malheureusement, honte sur moi) ta bibliographie mais je connais ton talent (parce que j'ai une mère mangeuse de livre) : quels conseils donnerais-tu à un jeune auteur, notamment sur le mélange Thriller-Fantastique, la construction de l'intrigue, les recherches...

Sire Cédric
Hahaha.
Je ne vais pas être original, déjà. Je dirai de lire, de lire, de lire. Et ensuite d'écrire, d'écrire, d'écrire. Et ensuite de lire encore plus.
Je suppose que chaque auteur a sa propre manière de travailler, son approche de l'écriture. Mais je pense (en fait j'en suis sûr) que pour apprendre à écrire, il faut être capable de comprendre comment les autres font. Tu vois le personnage de Sylar dans la série Heroes ? Je me suis toujours énormément identifié à ce bonhomme, à son don en tout cas. Son pouvoir à lui est de comprendre comment les choses fonctionnent pour les reproduire. Et la littérature est un artifice, avec uniquement des lettres sur du papier il faut donner l'illusion de la vie, de peronnages, de lieux, d'enjeux énormes... C'est un vrai tour de magie. pour moi, cela n'est pas inné. Cela s'apprend. Et je pense que les techniques sont infinies.
Comprendre comment les autres écrivent, ce n'est pas leur pomper les idées, ni recopier leurs phrases, mais c'est comprendre comment ils font à un moment pour évoquer un ralentissement, comment ils introduisent leurs personnages - quand on écrit le plus dur est toujours de parvenir à faire qu'en seulement quelques lignes le lecteur s'attache à un personnage.
Pour les recherches c'est la même chose, il n'y a pas de formule universelles, je suppose que certains auteurs n'en font pas, d'autres passent six mois à prendre des notes qu'ils ne reliront pas une fois leur livre commencé, d'autres encore cherchent au fur et à mesure des besoins de leur histoire.
Donc, pour résumer, il faut lire. Aimer lire. Si on n'aime pas lire, je doute qu'on devienne jamais un écrivain.
Voilà ^^

Lana
Je suis tout à fait d'accord avec toi, Sire Cédric : en décryptant les écrits des autres on apprend beaucoup, que l'on soit écrivains ou aspirant-écrivain. ;-)

Sire Cédric
Si, j'ajouterai une anecdote, mais je pense qu'elle fera réagir certains : pour mon roman Le Premier Sang, j'ai utilisé à un ou deux endroits des techniques que je n'avais jamais essayées et qui viennent directement de Guillaume Musso. Je précise cela pour bien montrer qu'on peut apprendre de tout, à chaque instant, il suffit d'être curieux et de garder l'esprit ouvert.
Voila.

Sophie
Finalement, ma manière de décortiquer les films et les romans n'est pas une idée si stupide. Merci, car ça avait tendance à me freiner, je pensais que mon cerveau allait pomper des schémas d'histoire, d'intrigue.

Sire Cédric
Ce n'est pas stupide

Lana
Très intéressant. C'est à toi Nathy !

Nathy
Bonsoir Sire Cedric

Sire Cédric
Bonsoir Nathy

Nathy
Tu disais que tu avais jeté pas mal de choses dans ton dernier roman. Est-ce que c'est toujours le cas ? Qu'est ce qui en motive le choix ?

Sire Cédric
Cela se fait en deux temps.
D'abord, j'écris, je laisse couler le texte.
Puis (au fur et à mesure mais aussi à la fin, en relisant) je coupe tout ce qui n'est pas indispensable. Cela peut être des scènes qui se répètent (la même idée exprimée deux fois sans que cela n'apporte rien à l'avancée de l'histoire)
Ou bien, à quelques occasions, des scènes inutiles dans leur cruauté. J'en ai une en tête pour Le Premier Sang, un sacrifice de petit chien que j'avais écrite, et qui était vraiment insoutenable à coucher sur papier. Non seulement c'était du voyeurisme gratuit, mais cela n'apportait strictement rien à la compréhension de la psychologie des personnages. C'est pourquoi je l'ai retirée.
Couper autant me permet de resserer au maximum le rythme. Ecrire des longueurs et des digressions nécessite des techniques qu'à ce stade je ne maîtrise pas du tout. Je laisse ça aux gens comme King qui peuvent se le permettre ^___^ Et qui resteront passionnants.
Ce que je remarque au bout du compte est que, de toute manière, une fois toutes les longueurs coupées, j'arrive à la longueur parfaite pour un roman (dans les 500 pages)
Voilà.

Nathy
Merci

Lana (Pour Tiffange)
Je vais me permettre de poser une question de la part de Tiffange qui n'a malheureusement pas pu être parmi nous ce soir :
« J'ai vu sur ta page Facebook que tu as fait un petit tour au musée H.R. Giger, dans la belle cité de la Gruyère (à deux pas de chez moi ! ;-) ) J'espère que tu as gardé un beau souvenir de ton séjour dans ma petite Suisse. Est-ce un univers qui pourrait t'inspirer pour un roman ? »

Sire Cédric
Alors.
J'adore Giger ! C'était la première fois que je voyais ses oeuvres originales, et c'était un grand moement pour moi. En revanche je doute m'essayer aux univers biomécaniques pour l'instant, car je ne vois pas ce que je pourrais apporter à ce genre déjà surexploité.
Voilà ^^
(ah, si, les paysages de Suisse étaient extraordinaires, on se serait cru dans Phenomena ^^)

Lana
Laetitia, c'est à toi.

Laetitia
Une question un peu décalée : pourquoi Sire Cédric ? Comme pseudo...
(Et rebonjour)
Lol question piège ? Mdr

Sire Cédric
Ahhhhhhhhh.
Cela faisait longtemps ^___^ Ce pseudo, je l'ai depuis longtemps, et au début il n'était pas du tout censé devenir un pseudo à utilisation professionnelle.
Non, non, pas une question piège, je comprends qu'on se la pose.
Disons que je me le suis cherché ^^
C'était un surnom qu'on m'avait donné à une époque où je passais mes journées à lire des auteurs romantiques. Comte de Lautréamont, Lord Byron, Marquis de Sade etc etc. A quoi s'était ajouté le côté vampire, le côté français, etc, tout un tas de clins d'oeil au 36e degré. Et au fil des années tous mes amis m'appelaient Sire C. (pour le jeu de mot)Ils le font encore, d'ailleurs.
Quand j'ai commencé à publier, je ne me suis pas posé la question. C'est un pseudo à double tranchant, car d'une part il reste en tête. Et ça, c'est côté extraordinaire qu'il a. Mais je sais que d'autre part, au premier abord, on ne m'a jamais pris au sérieux. Et je parle des lecteurs, comme des journalistes, comme des libraires.
Mais c'est un peu naturel ^___^ donc je ne me plains pas (trop).
A l'heure actuelle, les lecteurs n'ont plus cette barrière. Mais les journalistes l'ont encore. Et certains libraires, qui ne me mettent pas en rayon car ils considèrent que je dois écrire du twilight...
Mais tout cela est en train de changer... tout doucement. Je dois énormément aux bloggeurs, notamment, qui ont fait marcher le bouche à oreilles !
Voilà ^___^
Ah si, j'ajoute que ce n'est que ça : un pseudo. Je vais citer King pour la millième fois mais, tout de même, c'est l'histoire, pas celui qui la raconte, le plus important ^^
Voilà voilà.

Laetitia
OK ! Merci ! vive les bloggeurs !!! :p

Lana
Je lance un deuxième tour de table en posant une nouvelle question : as-tu toujours souhaité devenir écrivain ou envisageais-tu de pratiquer un tout autre métier ?

Sire Cédric
La vérité ? J'ai toujours rêvé de devenir écrivain. Je l'ai toujours voulu. Mais est-ce que j'y croyais ? Franchement, non.
J'ai écrit durant toute mon adolescence, une bonne dizaine de romans. Ils étaient tous très mauvais, bien sûr, et fort heureusement pour moi ils ont disparu ^__^
Je rêvais de publier un jour, mais comme tout le monde me soutenait que c'était impossible de faire ce genre de métier, je n'y croyais pas vraiment. Pourtant écrire est ce qui me rend le plus heureux au monde.
Pendant une paire d'années j'ai même presque baissé les bras. Et là, j'ai été *vraiment* très malheureux. J'ai recommencé à écrire, plus sérieusement. J'ai redoublé mes envois aux maisons d'éditions. Et l'une d'entre elles a fini par me dire oui. A cet instant, j'ai tout cessé. Toute activité alimentaire. Pour ne plus faire qu'écrire. Parce que je pense qu'il est impossible d'avoir deux métiers à temps complet en même temps. Et il était devenu évident pour moi que je voulais vivre de ma passion. Sinon cette passion serait éternellement laissée de côté.
C'était un pari risqué, mais j'ai eu de la chance.
Aujourd'hui, je n'imagine pas faire autre chose.
J'ajouterai juste une précision, qui me semble importante. Je pense que ce qui m'a sauvé c'est de ne jamais avoir publié mes oeuvres de jeunesse à compte d'auteur comme on me le proposait.
Voilà ^^

Lana
On sent ce plaisir que tu as eu à écrire dans ton roman et c'est ce qui donne, je pense, la petite "pointe de douceur" dont je parlais dans ma chronique. ;-) Et concernant le compte d'auteur, c'est un terrible piège pour les aspirants-écrivains.

Sire Cédric
Ah ah.
Juste un mot. Sur le compte d'auteur, sans vouloir insulter ceux qui s'y sont retrouvés mais il faut savoir une chose super simple, qu'il faut garder en tête : si on nous propose de payer un seul centime = escroquerie. Et fiscalement comme socialement, quelqu'un qui passe par un système de ce genre n'est pas légalement un écrivain. Sans aucune notion de qualité, purement légalement.
Un livre qu'on a payé pour fabriquer n'est pas un livre. Les libraires n'ont pas le droit de le vendre. Et la personne qui a fait éditer son livre ainsi n'est pas un écrivain mais un commerçant (puisqu'il doit le vendre lui-même)
Ce que je veux dire, c'est que le Fisc veille et traque, car pour eux, c'est du travail dissimulé. Et c'en est, de fait, car les pauvres n'ont jamais payé d'Urssaff, de taxe professionnelle, etc, car ils ne savaient pas, et ils se prennent des redressement alors qu'à la base, ce sont eux qui ont été trompés.
Je voulais juste le dire (même si c'est crier dans l'espace)
voilà ^__^

Laetitia
D'accord avec tout ça... J'en connais qui y ont laissé des plumes... Puis honnêtement, autant aller soi-même à l imprimeur plutôt que de donner 2000 euros à n'importe qui lol

Lana
Merci pour ces précisions. Le compte d'auteur est à proscrire absolument !
Sophie ? Es-tu prête ?

Sophie
Sympa d'avoir (re)précisé tout ceci, beaucoup pense qu'écrivain n'est pas un métier...
As-tu une ambiance d'écriture ? Comme une musique qui te permet de bien te plonger dans l'écriture d'une scène spécifique, ou visionner un film pour être plus inspiré, ou autre chose... ?

Sire Cédric
Alors, premièrement, oui, écrivain, c'est un métier. Un métier extrêmement spécial, car c'est en même temps une passion, et finalement pas un métier ^^ Un beau paradoxe.
Pourtant, on ne peux commencer à écrire quelque chose de bon que du moment qu'on le fait pour les autres, comme un métier. Le fait que ce soit un métier, pour moi, aussi, implique un niveau d'exigence que je n'aurais jamais eu en écrivant pour moi. Je considère que je n'ai pas le droit de décevoir, du point de vue de la qualité, mes lecteurs, qui vont débourser de l'argent pour me lire.
Je n'ai pas d'ambiance systématique pour arriver à cela. Je pense que ce qui définit mes journées de travail est essentiellement... le travail ! Comme je le disais tout à l'heure, en termes de techniques, j'essaie d'apprendre, à chaque nouveau livre que j'écris. Je me considère encore comme un débutant. J'ai vraiment tout à apprendre de ce métier. Chaque livre est une occasion d'expérimenter. Et je fais de même avec mon environnement. J'essaie d'écrire le soir, le matin, chez des amis, dans des chambres d'hôtel, avec de la musique, au bord de la plage...
Voilà

Lana
Nathy, as-tu une autre question ?

Nathy
Les gens en général ne considèrent pas les activités artistiques comme des métiers.
Tu as mis combien d'années avant de trouver un éditeur qui accepte d'éditer un de tes manuscrits, Tu as eu beaucoup d'échecs ?

Sire Cédric
Le problème de l'écriture, et de l'art en général, oui, c'est que ce n'est pas considéré come un métier par la plupart des gens, car tout le monde s'imagine qu'il peut le faire.
Si on paye un comptable pour faire un bilan, il va nous le rendre on va dire merci et le payer. Mais si une entreprise paye, disons, un graphiste pour lui proposer une maquette de logo, ou autre, le bonhomme va amener son travail et toute l'entreprise va débouler, et dire, moi j'aurais mis du bleu, plutôt, ou une autre personne dira, mais moi j'aurais fait l'inverse, etc... C'est humain ^^
La conséquence, à mes yeux, est que la plupart des gens ne réalisent pas leurs limites.
J'ai en effet envoyé des manuscrits à des dizaines d'éditeurs, quand j'avais une vingtaine d'année, y compris Bragelonne, etc. Tous m'ont répondu la lettre classique "cela n'entre pas dans nos collections". Sur le moment on enrage, mais la vérité c'est juste que c'est une façon très polie de nous dire : "votre boulot n'est pas publiable, désolés", sans (trop) froisser l'auteur, car, après tout, il peut écrire quelque chose de super l'année d'après
Les éditeurs sont eux aussi un paradoxe : ils ne cherchent pas de manuscrits. (si vous voyez une annonce sur le net ou ailleurs disant : nouvel éditeur cherche des auteurs... vous pouvez fuir très vite) Et en même temps ils attendent de trouver quelque chose à publier pour gagner de l'argent. Donc ils ne vont pas décourager les écrivains, d'où la lettre très sobre qui évite de dire à l'auteur que son manuscrit n'est pas encore à la hauteur.
Comme tout le monde, j'ai eu droit à ces lettres. Et à l'époque comme tout le monde je bouillais. Mais j'ai tout jeté et j'ai à chaque fois recommencé à écrire de nouvelles choses. En mettant la barre plus haut à chaque fois. En gros je me suis toujours comparé à ce que je lisais (les Stephen King, les Fred Vargas et autres, toujours les plus grands) et je me disais : objectivement, est-ce que j'écris tient la comparaison ? Et forcément, non.
On en revient à ce qu'on disait tout à l'heure sur le besoin de comprendre comment font les pros pour apprendre à s'améliorer. J'ai dû écrire une dizaine de romans, donc, avant d'avoir un éditeur qui me propose de me publier un recueil de nouvelles (déjà publiées en magazines, et qui étaient à l'époque le meilleur de ce que j'avais écrit de ma vie)
Puis j'ai eu la chance de publier un premier roman, Angemort, qui est aujourd'hui épuisé et qu'on me demande sans cesse, mais avec le recul je dois avouer que ce roman n'est pas..... indispensable ^__^ C'était mon premier roman publiable, je ne sais pas si ça suffit à en faire un "bon" roman ^^
Pour conclure et répondre plus précisément, j'ai commencé à écrire dans mon coin à 10 ans, j'ai commencé à démarcher les éditeurs à 20 ans, et j'ai été publié par un éditeur pro (distribué en librairies etc) l'année de mes 30 ans.
Voilà ^^
Et je dois dire qu'à 20 ans j'étais incapable d'assumer le métier que je fais aujourd'hui

Lana
Laetitia, as-tu encore une question ?

Laetitia
Reviendras-tu nous voir si un jour tu deviens l'auteur incontournable du siècle ? En gros, n'as-tu pas peur de prendre un jour la grosse tête ? (désolée questions bizarres lol)

Sire Cédric
Laetitia, ta question n'est pas bizarre, c'est juste un préjugé.
Je vais essayer d'être clair ^^
J'écris pour les lecteurs, uniquement pour eux. Pour l'échange, pour le partage, pour vous faire vivre des trucs. Un écrivain n'existe QUE grâce à ses lecteurs. Dire autre chose est un mensonge, ou en tout cas une belle connerie.
Donc c'est moi qui doit tout aux lecteurs, qui ouvrent leur porte feuile pour acheter mes livres, livres qui eux-mêmes n'existent que dans la tête des lecteurs (sans lecteur, un livre, c'est du papier, de l'encre, mais l'histoire, elle n'existe pas)
Tout ça pour dire que, bien sûr, je ne changerai pas. Ces derniers temps j'ai beaucoup de mal à répondre à mes mails. J'ai moins de temps (et c'est un euphémisme) pour mes amis, pour les gens que je croise etc.
Mais cela ne changera jamais rien au fait que j'écris des histoires pour les gens, il n'y a aucune autre prétention derrière ce que je fais.

Lana
Vas-y Sklaerenn.

Sklaerenn
Sire Cédric, tu disais qu'avant d'être auteur, il fallait être lecteur. J'imagine qu'on t'a déjà posé la question mille fois, mais voilà : as-tu des auteurs préférés ? Es-tu plus Lovecraft ou Proust ? Ou es-tu du genre à n'avoir aucun à priori et à lire quelque chose juste sur un coup d'inspiration ?

Sire Cédric
Je n'ai aucun a priori, en revanche j'ai des goûts personnels ^^
Sire Cédric : Je ne supporte pas les livres mal écrits. Ce n'est pas de l'élitisme, les séries de romans de gare de type SAS ou autres sont très bien écrits et respectent le lecteur. Mais tu cites Lovecraft par exemple, et j'ai beau respecter l'univers qu'il a conçu, ce type écrivait comme un enfant de 13 ans. C'est mignon chez un enfant de 13 ans, ce n'est pas lisible en tant que littérature pour moi.
Je reste curieux de tout, mais dans l'ensemble, souvent, je suis atterré par les autofictions ou les livres pseudo intellos de littérature blanche qui sont des arnaques totales
J'ai toujours en tête Truismes de Marie Darriessecq, qui m'excusera d'avoir sans doute mal écrit son nom, mais bref si cette femme avait été là quand j'ai lu son livre je pense que je lui aurais mis une paire de baffes. Pour moi, s'il y a une chose qu'un écrivain n'a pas le droit de faire, c'est de se moquer de son lecteur. Truismes se fout ouvertement de la gueule du pauvre lecteur.
Mais c'est un exemple parmi d'autres.

Lana
Leslii, tu avais une question avant que je ne pose la toute dernière question de la séance (et oui, l'heure tourne !) ?

Leslii
Oui, ma question ! Enfin... Ce serait plus un conseil, mais comme tu as de l'expérience, j'en profite ^^'
En fait, j'écris depuis le collège et tout le monde a toujours aimé mes écrits. Encore aujourd'hui, j'aime que mes écrits plaisent à ceux à qui je fais lire, y compris mes professeurs, je souhaite leur faire plaisir, Mais en ce moment je perds toute confiance et je me dis que c'est peut être impossible pour moi de faire ce métier que j'aime tant... Alors, vu qu'apparemment tu as aussi eu des moment de... euh... déprime ? Je sais pas comment dire, pourrais-tu me conseiller ?

Sire Cédric
Alors. Déjà, si tes écrits plaisent, c'est une très bonne chose.
Je suis la preuve (et je ne suis pas le seul) qu'on peut faire ce métier et en vivre.
Il ne faut jamais baisser les bras, c'est ça l'essentiel.
Et surtout, s'améliorer en permanence.
Il y a deux aspects, d'une part notre propre capacité à inventer des histoires passionnantes, ce qui n'est jamais facile, et d'autre part réussir à entrer dans le milieu de l'édition qui est assez difficile. Mais tout cela repose sur la passion. Si tu es faite pour ce métier, je peux te dire que tu le feras quoi qu'il arrive.
C'est le seul handicap de ce métier, je crois, le fait qu'il est dévorant, que c'est à la fois un métier et notre putain de vie. Et qu'on ne s'en détache donc jamais. Je pense que cela rendrait folles certaines personnes, sérieusement.
Mon conseil, donc, est simple, ne baisse pas les bras, mais ne te pose pas de question. Continue d'écrire. Et à chaque nouvelle histoire que tu écris, essaie de mettre la barre plus haut, en testant des techniques, pour que les dialogues sonnent plus vrais, pour que certaines scènes soient vraiment tristes, ou érotiques,, ou amusantes...
Et ne te mets pas la pression ^___^

Leslii
D'accord... M'améliorer.
Je vais essayer ^^' Ca, je ne peux pas promettre, tout me fait stresser -.-

Sire Cédric
^___^
Voilà.

Lana
Voici la toute dernière question de la séance : j'ai cru comprendre qu'un troisième volet des aventures d'Eva et du commandant Vauvert allait paraître et qu'il allait clore la trilogie initiée par « De fièvre et de sang » et « Le premier sang ». Peux-tu nous en dire deux mots sur ce dernier opus et sa future date de publication ?

Sire Cédric
Non.
Hahahahaha.
Si ce n'est que ce n'est pas un "dernier opus". Simplement qu'Alexandre et Eva reviendront l'an prochain.
Je ne me projette pas. Je sais que j'ai envie d'écrire un autre, peut-être même encore un suivant, avec ces deux-là, mais on verra. J'ai toujours suivi mes envies au moment. J'ai des choses à écrire sur eux, des choses à leur faire vire, mais je ne veux pas me lasser non plus. L'écriture est aussi quelque chose de très ludique pour moi.
Voilà ^______________^

Lana
Il est malheureusement déjà l'heure de clôturer la séance et de libérer notre invité. Un grand merci pour ce partage, Sire Cédric. Personnellement, j'ai beaucoup apprécié cet échange enrichissant. J'espère que tu as passé un bon moment aussi et que nous aurons l'occasion de t'accueillir à nouveau.

Sire Cédric

Hahaha. C'était très sympa vraiment merci à vous.
Bonne soirée à tout le monde. Et j'espère à bientôt au détour d'un salon (Nathy, Sklaerenn le savent)
Lisez des livres ^^
RDV aux Imaginales !



22h48, Fin de la séance



** Tous droits réservés au blog Les Chroniques de Lana ** 

 Ne pas utiliser sans autorisation. Merci.