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mardi 3 février 2015




Lecture en cours : "Zone de turbulence" de John J. Nance (Livre de Poche)

4ème de couverture :

"Trois cents passagers à bord du Meridian Six. Destination : Le Cap, via Londres. Mais au lendemain du 11 septembre, les services de sécurité et de renseignement américains sont sur les dents. Et devant l'incompréhensible atterrissage d'urgence du Boeing sur un aéroport africain, les tours de contrôle se mettent à redouter le pire. A bord, c'est la panique... Et si le Meridian Six était devenu une bombe volante ? Après Black Out et L'Horloge de Pandora, le nouveau best-seller de John J. Nance, le grand maître du thriller aéronautique, nous précipite au cœur d'un scénario catastrophique d'une vraisemblance terrifiante."

*** Roman d'occasion qui a su attiser ma curiosité et me faire saliver lors de son achat pour plusieurs raisons :
1) J'ai toujours été fascinée par les avions. ^^
2) J'aime beaucoup les thrillers.
3) Ayant moi-même envisagé il y a quelques temps de pondre un roman ayant pour sujet l'utilisation d'avions civils transformés en bombes, j'étais curieuse de voir de quelle manière cet auteur avait, de son côté, traité le sujet.
4) J'avais envie de découvrir un auteur de thriller que je n'avais pas encore eu le plaisir de lire.

Pour le moment, j'accroche pas mal. Le suspense est bien géré. La seule petite chose que je pourrais pointer du doigt est le côté un peu caricatural et exagéré de la vie à bord d'un Boeing. Pour avoir déjà voyagé sur les lignes internationales et nationales d'une grande compagnie américaine, j'avoue ne pas avoir vraiment vécu la même expérience que les passagers de ce roman. Peut-être les choses ont-elles évolué depuis les événements du 11 septembre ? Après tout, en 1990, j'avais bien trouvé que l'accueil aux douanes New Yorkaises n'était pas très amical alors, après les événements du 11 septembre, la psychose a très bien pu provoquer une certaine tension entre passagers et personnel aérien.

Mais ceci est un petit détail qui ne gâche en rien mon envie de continuer cette lecture.

Je suis vraiment curieuse de savoir où John J. Nance compte m'emmener. ^^

mercredi 15 mai 2013

Mon avis sur "La cavale" de Maxime Frantini

181 pages
Editeur : auto-édité par l'auteur
Date parution : Mars 2013
Origine : France
Version originale
ISBN : 979-10-91116-15-2


Voici le résumé figurant au dos du roman :
"L'étau se resserre autour d'Ylian Estevez, le hacker le plus recherché de la planète, contraint à fuir et à se cacher. A ses trousses, le FBI a lancé le redoutable inspecteur Fitz et la jeune Laureen, sa coéquipière.

Mais malgré le charme de Martine et le calme de Lac Mégantic qui incitent le hacker révolté à déposer les armes, le moment est mal choisi pour une retraite discrète.

A Dubaï, la "plus grande démocratie du monde" a convoqué l'élite de la diplomatie internationale pour arracher un accord légitimant le contrôle total d'Internet.

Fidèle à ses idéaux, Anonymous s'oppose à ce traité liberticide et place toutes ses forces dans la bataille.

Mais les hacktivistes pourront-ils compter sur Ylian ? "

Voici la bande-annonce du roman : 



Mon avis sur ce roman :
C'est avec beaucoup de déception que j'ai appris que les aventures d'Ylian n'avaient toujours pas trouvé d'éditeur. Comme je le disais dans ma chronique de "Journal d'un hacker", je suis certaine que ce genre de romans est susceptible de trouver de nombreux lecteurs. Bref. Je ne vais pas m'étaler plus longtemps sur ce point mais je souhaite dire aux éditeurs qu'ils ne savent pas ce qu'ils perdent ! Heureusement, l'auteur, Maxime Frantini, a décidé de continuer l'aventure et d'auto-publier ce nouvel opus (en version électronique et en version papier).

Ayant eu un très gros coup de coeur pour "Journal d'un hacker" , je vous avoue que j'étais impatiente de replonger dans l'univers d'Ylian Estevez. J'attendais beaucoup de cette suite et le risque d'être déçue était tout à fait possible.

Dès les premières pages, ça bouge. Ylian, qui avait échappé au FBI à la fin du volet précédent, se retrouve en position de gibier. De gros moyens ont été déployés pour piéger le hacker le plus recherché de la planète. A tel point que j'ai bien cru que la souricière allait se refermer sur lui.

Mais n'oublions pas qu'il s'agit d'Ylian Estevez, un homme d'une prudence extrême et d'une très grande intelligence. C'est avec un grand "Ouf ! " de soulagement que je l'ai vu se sortir magistralement du piège qu'on lui avait tendu. Bien entendu, ses poursuivants n'ont pas du tout apprécié de se faire rouler une fois de plus dans la farine. C'est alors que commence... la traque.

J'ai un peu pris peur en constatant qu'Ylian portait une arme sur lui. Je me suis dit que l'auteur n'avait pas pu en faire une crapule, un tueur car ça aurait été à l'opposé de la nature d'Ylian que j'avais découverte dans le roman précédent. Mais j'ai tout de même douté durant quelques pages, essayant de me convaincre que le fait de se retrouver en position inconfortable avait pu provoquer un tel changement d'attitude du personnage. Après tout, une proie traquée peut devenir dangereuse, guidée par son seul instinct de survie. Néanmoins, ça me chagrinait un peu.

Puis, par bonheur, quelques chapitres plus loin, j'ai retrouvé le personnage qui m'avait tant plu. Une deuxième fois "Ouf !". Cependant, l'auteur a, à juste titre, tout de même fait évoluer Ylian. Quel plaisir de découvrir que le hacker que rien ne semblait pouvoir atteindre ou émouvoir a finalement des petites faiblesses. L'une d'elles se prénomme Martine, l'autre, Chris.

Mais n'allez pas vous imaginer que le jeune homme s'est ramolli, est devenu un petit toutou inoffensif, une lavette... ^^ Non, non, il est toujours de nature prudente et rusée... quoique... il est vrai que son coeur prend parfois le dessus sur la raison et ça, c'est très dangereux... pour lui.

Dans ce volet, Ylian est un homme à la fois fort et faible, bon et dangereux, doux et cynique... Une personnalité ambivalente mais qui donne envie au lecteur de s'attacher à lui et de souffrir à ses côtés. On se met sérieusement à douter pour son avenir. Je l'ai senti beaucoup moins à l'aise que dans "Journal d'un hacker", énormément torturé et pourtant, toujours terriblement efficace.

Malgré la faille dans sa carapace et le fait qu'il soit traqué, Ylian n'hésite pas à filer un coup de main à Mystic et aux Anonymous. Car Ylian reste fidèle à ses valeurs et il n'apprécie pas vraiment ce qui est en train de se tramer dans le dos des utilisateurs du monde entier : les Etats-Unis souhaitent faire signer un traité aux autres nations qui leur permettrait d'avoir un contrôle total sur l'Internet. Au revoir liberté d'expression ! Adieu libertés individuelles ! Une muselière est sur le point d'être posée sur le réseau : la confidentialité vit ses derniers instants.

Mais Ylian, en bon Robin des bois des réseaux fera son possible pour aider les Anonymous à lutter contre ce traité liberticide en tentant d'empêcher sa ratification secrète.

Une fois de plus, les tours joués par Ylian à ses poursuivants m'ont bien fait rire. Et ce coup-ci, les autorités québécoise ne sont pas épargnées.

D'ailleurs, si deux agents du FBI, Laureen et Fitz, n'étaient pas aussi efficaces, j'aurais pu reprocher à l'auteur de trop se payer la tête des autorités américaines et québécoises. ^^ Mais l'équilibre entre incompétence et efficacité est parfaitement établi grâce aux deux enquêteurs, donc, on ne portera pas plainte. ;-)

Sinon, que dire de plus ?

Le style est toujours très fluide, les pages se tournent toutes seules, l'intrigue est plutôt bien ficelée, les personnages ont été retravaillés et on voit chacun évoluer au cours de l'histoire, réagissant aux événements de manière tout à fait réaliste et parfois inattendue (ben oui, au FBI aussi ils peuvent avoir un coeur et un peu d'humanité ! ^^).

Un seul petit regret : 
J'ai regretté la présence de pas mal de fautes d'orthographe (ou d'erreurs créées par un correcteur orthographique. Sales bêtes ces correcteurs orthographiques intégrés aux traitements de texte ! ^^). Mais c'est souvent la faiblesse des ouvrages en auto-édition. Aïe ! Ne tapez pas trop fort ! Je n'ai jamais dit que les écrits auto-édités étaient moins bons. Je dis juste qu'un auteur qui s'auto-édite n'a pas forcément les mêmes moyens pour faire corriger son manuscrit que les auteurs des grandes maisons d'édition. Alors, pardonnons ce petit écart qui ne gâche en rien la qualité de l'histoire qui nous est contée. ;-)

En conclusion :  
Une fois de plus j'ai passé un excellent moment (trop court. Snif !) et malgré mes craintes je n'ai pas été déçue par ce nouveau volet des aventures d'Ylian Estevez.
Action, humour, amour... tout est là, condensé dans 181 pages avec une plus grande part laissée au côté psychologique que dans "Journal d'un hacker".

Si vous ne supportez pas les lois liberticides, la privation de confidentialité sur le web, .... et toutes ces entraves que les dirigeants souhaitent mettre sur le chemin des internautes... si la devise "Net is a free nation" sonne juste à vos oreilles, vous devez absolument faire connaissance avec Ylian Estevez en lisant "Journal d'un hacker" et "La Cavale" !

N'hésitez pas aussi à parler de ces romans autour de vous afin qu'Ylian Estevez devienne un véritable symbole du combat pour la liberté sur internet.


Un grand merci à l'auteur, Maxime Frantini pour m'avoir permis de poursuivre l'aventure avec Ylian.

mardi 2 avril 2013

Mon avis sur "Le Baiser du Banni" de Cristina Rodriguez

363 pages
Editeur : Le Pré aux Clercs
Dates de parution : octobre 2012
Origine : France
ISBN : 978-2-84228-493-0
Prix : 19,50€

 
Voici mon avis concernant "Le baiser du Banni" de Cristina Rodriguez.


Voici le résumé figurant au dos de l'ouvrage :
"Dalach Matamoros, hermaphrodite aux grands yeux violets, est à Washington pour un rendez-vous d'affaires quand la nouvelle tombe sur tous les écrans : des "anges fossiles" ont été découverts en Chine ! Pour les Matamoros et les Di Dante, deux clans qui s'affrontent depuis la nuit des temps, la guerre céleste est ouverte... Et Dalach se retrouve confrontée de plein fouet à l'histoire de sa famille en même temps qu'à un combat sans merci pour la résurrection des archanges.
Un attentat sanglant à Washington, un faux rabbin à Jérusalem, un manoir ancestral au coeur d'une réserve naturelle de Leon en Espagne, un navire transportant des "antiquités" en provenance de Chine et sur lequel se succèdent d'étranges accidents mortels, la mythique Bible Noire que recèle le Vatican : autant de mystères auxquels Dalach et les siens sont confrontés.
Une intrigue sulfureuse sur fond de guerre de religion ultime, des rebondissements en cascade à couper le souffle, une écriture maîtrisée, Le Baiser du banni va vous entraîner très loin, du côté des anges bannis..."



Mon avis concernant cet ouvrage : 

Un roman que j'étais impatiente de découvrir, tant le résumé m'intriguait.

Cependant, ne vous y trompez pas : même si la couverture indique "thriller", je classerais plutôt cet ouvrage dans la catégorie "thriller fantastique". Je vais vous avouer que ceci n'a pas été pour me déplaire, loin de là ! Moi qui affectionne particulièrement les thrillers et les romans fantastiques je suis plus que comblée lorsque je me retrouve face à un ouvrage mêlant les deux genres, surtout quand le mélange est réussi. Ce qui est le cas ici.

De l'action, de l'action, du mystère, encore de l'action, encore quelques louches de mystère... et de l'originalité ! Le thème principal n'est, certes, pas forcément original en ce moment (si vous vous souvenez bien, j'ai déjà chroniqué un ouvrage traitant de guerre entres anges et anges déchus il n'y a pas longtemps.) mais l'auteure a su nous offrir une intrigue et des personnages faisant toute la différence sur la concurrence. ;-)

Tout d'abord, en nous proposant un héros/une héroïne présentant une particularité que je n'avais pas encore eu l'occasion de rencontrer lors de mes lectures : il/elle est hermaphrodite.  Vous comprenez mon léger ennui pour savoir quel genre utiliser pour parler de ce personnage (je vais tout de même préférer utiliser le "elle" pour vous en parler, son côté féminin étant prédominant). Car, en plus d'avoir un prénom hors du commun, Dalach se révèle être un personnage digne d'intérêt et attachant. Mais la distinction ne s'arrête pas là ! Certes, Dalach est assez singulière et sait très bien en jouer pour obtenir ce qu'elle souhaite aussi bien de la part des hommes que des femmes mais elle va découvrir d'autres informations la concernant qui vont changer sa vie à jamais et ajouter à son problème de quête d'identité perpétuelle. L'auteure semble aimer mener la vie dure à ses personnages. La pauvre Dalach déjà méchamment tiraillée entre son côté féminin et son côté masculin, se retrouve au coeur d'une querelle entre clans ancestraux.

Dalach est en effet le fruit d'un amour interdit entre deux membres de familles ennemies (les Matamoros et les Di Dante). Mais pour en rajouter encore une petite couche (pas si petite que ça), Dalach se retrouve être comme la Leeloo du film de Luc Besson "Le cinquième élément" : elle est la clé de la résurrection des archanges Michaël et Lucifer et chaque clan veut s'emparer d'elle, mais dans un but opposé. Les uns souhaitent voir les archanges ressusciter tandis que les autres veulent à tout prix empêcher la prophétie de se réaliser.

Nous nous retrouvons donc entraînés dans une guerre de religion pleine de suspense, de sentiments divers et variés et d'action et il faut s'accrocher car ça décoiffe un max !

L'auteure nous immerge au coeur d'une histoire underground et nous invite à plonger dans les secrets des deux clans, deux familles très différentes autant par leurs intentions que par leurs modes de fonctionnement. La famille des Matamoros est une matriarchie. Ce sont les femmes qui dirigent le clan et les hommes ont pour rôle de les servir et les protéger. Ils sont spécialement formés pour assumer leurs fonctions de gardien, de "chasseur", auprès de la femme dont la sécurité leur a été attribuée. Dalach appartenant à moitié à la famille des Matamoros s'est ainsi vue attribuer son propre garde du corps : Angel (son cousin). Malgré ses grandes qualités de protecteur, Angel se trouvera confronté à de grandes difficultés pour préserver la vie de sa cousine, cette dernière se mettant perpétuellement en danger du fait de son caractère impétueux. J'ai particulièrement apprécié l'évolution de leur relation plutôt explosive.


L'épilogue nous laisse fortement penser qu'une suite serait envisageable. L'auteure, non contente de torturer ses personnages, a décidé de nous torturer, pauvres lecteurs, en nous laissant avec davantage de questions que de réponses. ;-)

Mais Critina Rodriguez nous gâte en nous offrant plus de 300 pages passionnantes, une intrigue qui nous entraîne sans ménagements sur de véritables montagnes russes maintenant un suspense savamment travaillé, des personnages qui sortent de l'ordinaire et un style tellement agréable qu'on a l'impression que les pages se tournent trop vite (c'est toujours difficile de voir qu'on a atteint la dernière page d'un bon livre). Je pense que je peux décerner un coup de coeur au "Baiser du Banni" pour toutes ces qualités que je viens de citer.

Un roman que j'aimerais pouvoir un jour voir adapté pour le grand écran car il a tout ce qu'il faut pour faire un excellent film.

En conclusion :  
Une lecture que je recommande sans hésitation. Un mélange de saveurs parfaitement maîtrisé et goûteux. Une histoire captivante et pleine de rebondissements. Des personnages charismatiques et singuliers à la psychologie finement ciselée. Un feu d'artifice de sentiments divers. Bref, un roman qui ne m'a pas laissée indifférente et qui, j'en suis certaine, a tout pour plaire à de nombreux autres lecteurs.

Je remercie vivement les éditions Le Pré aux Clercs  pour cette très belle découverte.



mardi 18 septembre 2012

Mon avis sur "Journal d'un hacker" de Maxime Frantini

211 pages
Editeur : auto-édité par l'auteur
Date parution : Juin 2012
Origine : France
Version originale
ISBN : 9791091116077
Prix : 19,99€


Voici mon avis concernant "Journal d'un hacker" de Maxime Frantini.

Jetons tout d'abord un oeil à la couverture.
Une couverture que j'aime beaucoup. Elle regroupe les éléments définissant la vie du personnage principal. Tout d'abord, l'ombre. Ensuite, l'anonymat et le besoin de se fondre dans la masse : un sweat à capuche qui nous cache totalement l'identité du personnage. En arrière-plan, très discrets, des buildings symbolisant les USA. On retrouve bien entendu le masque de "V" (V pour Vendetta), symbole universellement connu du mouvement hacktiviste Anonymous. Celui-ci est placé au centre d'une cible de sniper. Une façon plutôt brillante de nous indiquer que les pirates, les hackers, sont dans la ligne de mire du FBI. Et bien entendu, outil indispensable à tout bon pirate : un ordinateur portable !

Voici le résumé figurant au dos du roman :
"Hiver 2012. Les grandes démocraties ont multiplié lois et accords pour accentuer leur contrôle sur Internet. Aux USA, les manifestations d'indignés sont quotidiennes et la misère gagne du terrain.

Pour mettre le monde sous surveillance, le FBI utilise Galaxy, un monstrueux système informatique chargé de filtrer et indexer exhaustivement les données d'Internet.

D'une puissance inégalée, il a été conçu comme une entité autonome et inviolable, protégée de l'ingéniosité des hackers. Aucun pirate ne peut accéder au plus liberticide et confidentiel des outils informatiques.

Mais Ylian Estevez, le hacker le plus recherché de la planète, relève le défi. Avec l'appui du mouvement hacktiviste Anonymous, il conçoit un plan machiavélique pour détruire Galaxy.

Pour la division Cyber Crime de Mark Benson, composée des plus brillants cyber flics, la capture d'Ylian Estevez est une priorité, et sa croisade une opportunité unique. Entre les hackers et le FBI s'engage alors une guerre des plus indécises, avec pour enjeu la liberté de milliards d'Internautes."

Voici la bande-annonce du roman :
Vous pouvez aussi découvrir gratuitement quelques pages ici : 
Extrait du roman (pdf)
Parlons un peu des personnages.
On peut véritablement discerner trois grands protagonistes dans ce roman. Tout d'abord, le FBI. En particulier la division Cyber Crime avec à sa tête Mark Benson. Un homme pas complètement antipathique mais dont on aime rire en tant que lecteur. Ce pauvre Mark Benson m'a un peu fait penser au Shérif de Nottingham dans le grand classique "Robin des bois". Ensuite, vient Ylian Estevez, pirate de génie qui a pour but de détruire Galaxy, le joujou dernier cri du FBI. J'ai vraiment eu un coup de coeur pour ce personnage : certes, c'est un pirate informatique capable de vider votre compte en banque avec deux lignes de code mais Ylian est surtout montré comme un justicier, un Robin des bois du net. Sa devise résume parfaitement ses revendications : "Net is a free nation." Il a un côté torturé : la mort de son père l'a profondément marqué. Ylian est un solitaire. Il n'aime pas travailler en groupe. Mais il sait admettre quand il a besoin des autres pour réussir un défi. Il fera donc appel au troisième principal protagoniste de l'histoire : les Anonymous. A la tête du mouvement... pardon ! J'allais dire une grosse bêtise. Il n'y a pas de leader dans ce mouvement hacktiviste et c'est ce qui fait sa force. ;-) Reprenons donc : le contact d'Ylian chez les Anonymous, un certain Mystic, n'hésitera pas une seconde à coopérer avec le hacker solitaire. Il faut dire que Ylian Estevez est une véritable légende pour les pirates informatiques. Ses exploits font le tour de la toile par le biais de ses nombreux fans. Mais Ylian est quelqu'un de secret qui n'agit pas pour la gloire mais pour la liberté du Net, pour la liberté de tous ces utilisateurs. Il est révolté par les lois liberticides que les gouvernements ne cessent d'instaurer et Galaxy est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.
Mon avis concernant ce roman :
Ce roman est un véritable coup de coeur ! Je suis encore tout étonnée qu'aucun éditeur n'en ait voulu. Heureusement que l'auteur a pris la décision de l'auto-éditer ! Il aurait été vraiment dommage de ne pas pouvoir découvrir cette petite bombe. Mais pourquoi "Journal d'un hacker" n'a-t-il pas trouvé preneur chez les éditeurs ? J'ai encore du mal à comprendre. Avait-on peur que ce roman fédéralise les internautes et donne envie de se rebeller contre le système qui nous enferme de plus en plus sans que l'on ne s'en rende vraiment compte ? Craignait-on que des milliers de jeunes n'aient envie de devenir eux aussi des Ylian Estevez ? Je ne sais pas. Une chose est sûre : ce roman pourrait devenir un best-seller si son auteur avait les moyens des grandes maisons d'édition. Que l'on soit pro ou anti pirates, on ne peut que saluer les exploits d'Ylian. Le pirate informatique, ou hacker, a depuis toujours, mauvaise réputation auprès de la majorité des gens. Ils sont considérés comme des criminels, des voleurs... Mais raisonner de la sorte c'est mettre tous les oeufs dans le même panier ! Certes, il existe des personnages sans scrupules qui pirateront des données, des sites, dans l'unique but de satisfaire leurs petites affaires : remplir son compte en banque personnel avec l'argent des autres ou détruire pour le simple plaisir de le faire et pour la gloire. Mais il faut savoir qu'il existe aussi des hackers qui se battent pour nos libertés à tous. Ylian Estevez en fait partie. "Journal d'un hacker" nous ouvre les yeux sur cette dictature qui se met doucement en place. Vous vous croyez à l'abri derrière vos pare-feu et vos antivirus ? Alors, attendez-vous à avoir des surprises. ;-) Vous n'utilisez jamais Internet ? Mais ce n'est pas pour cela que vous êtes mieux protégés ! De nos jours, quasiment tout le monde possède un téléphone portable, un téléphone fixe ou une tablette et personne n'est à l'abri d'une violation de la confidentialité de ses échanges. C'est ce que Maxime Frantini nous propose de découvrir dans ce roman. Le FBI, par l'utilisation du super ordinateur Galaxy, se permet de laisser traîner des oreilles indiscrètes où bon lui semble. Ce projet est destiné à plus ou moins long terme, à mettre sur écoute le monde entier, à trier et indexer tous les faits et gestes des utilisateurs, à enregistrer des données personnelles, à briser les règles de confidentialité... Les USA souhaitent dominer le monde en utilisant des moyens liberticides. Ylian Estevez a dit non. Il a dit non à l'abolition des libertés de chacun. Il a dit non à la mise à mort de la confidentialité. Il a dit non à l'enterrement de la liberté d'expression. Il a dit non à Galaxy. Il a dit non, et il va tout faire pour détruire cette menace de manière tout à fait pacifique. Dans cette cyber-guerre où FBI et pirates jouent au chat et à la souris, il n'y aura aucun dommages collatéraux. Ylian est calculateur. Il n'agit pas sans avoir monté un plan qui a toutes les chances de réussir. Tel un joueur d'échecs, il réfléchit, élabore sa stratégie pour aboutir à un échec et mât de son adversaire. Et pourtant, malgré le talent indéniable de ce génie de l'informatique, on se surprend à trembler pour lui et à douter. Arrivera-t-il à ses fins ? Se fera-t-il prendre ? Réussira-t-il à fuir à temps ? Galaxy résistera-t-il malgré tout ses efforts ? Bien heureusement, une petite touche d'humour est présente : ce qui nous aide à relâcher un peu la tension. Le style est très fluide, très facile à lire. L'histoire est addictive (à peine deux jours pour le lire).
Un seul petit regret : 
Quand il n'y en a plus, on en voudrait encore ! J'ai eu énormément de mal à me séparer d'Ylian Estevez, hacker très attachant et fascinant. Mais je vais me consoler en lisant le premier volet de ses aventures qui est disponible sur le site de l'auteur. Et puis, à ma plus grande joie, d'autres aventures sont prévues. ;-)
En conclusion :  
Un véritable coup de coeur pour ce thriller bien ancré dans notre réalité (Jetez donc un oeil sur les actualités !) qui nous invite à découvrir l'univers trouble et fascinant d'un hacker mais qui nous ouvre aussi les yeux sur la situation actuelle et nous pousse à réfléchir. Qui doit-on le plus craindre ? Les hackers ou les institutions gouvernementales ? Je ne peux que vous recommander vivement ce roman. Mais attention : après l'avoir lu, vous risquez de devenir paranoïaque ou indigné. ;-) Je vous aurai prévenus ! ^^
Un grand merci à l'auteur, Maxime Frantini et au forum Club de lecture pour m'avoir permis de découvrir ce titre lors d'un partenariat.

(Une petite mise en scène du roman effectuée par mes soins. Un grand merci à mon homme pour m'avoir confectionné un Anonymous en paper toy. Je n'oublie pas de remercier mon ordinateur, Marcel, pour avoir accepté de poser pour la photo. Pour info : je n'ai pas piraté le site de la division Cyber crime du FBI. Je me suis contentée de donner une petite touche personnelle à une image trouvée sur le web pour coller au plus près du roman, histoire de vous mettre dans l'ambiance. ;-) )

vendredi 6 juillet 2012

Mon avis sur "Siècle Bleu : ombres et lumières" de Jean-Pierre Goux

559 pages
Editeur : Hugo et Cie
Dates de parution : mai 2012
Origine : France
Version originale
ISBN :   9782755609042
Prix : 21€

Voici mon avis concernant "Siècle bleu : tome 2 - ombres et lumières" de Jean-Pierre Goux.

Jetons tout d'abord un oeil à la couverture.
Un paysage d'ouest américain qui fait rêver (Arizona ? Nouveau-Mexique ? Colorado ?). Une terre sauvage magnifique avec ses couleurs chaudes. Un ciel bleu qui vire au noir dans la partie supérieure. Et puis, cette courbe, fraction d'un cercle d'une couleur bleue. Une fine pellicule d'atmosphère. Le symbole de Gaïa. L'alliance bleue, l'espoir, la lumière ! On peut d'ailleurs voir une lueur vive, comme une étoile qui brille avec force sur cet arc bleu. La lumière au bout du chemin ? Cette petite lueur d'espoir, je l'assimile à Paul Gardner, l'un des personnages qui croit à l'avènement d'un Siècle Bleu. La lumière pour vaincre l'ombre et les ténèbres. Les organisations de l'ombre, mafias, cartels, trafic d'argent, complots...



Voici le résumé figurant au dos du roman :
"Traqué au coeur du pays Navajo, Abel Valdés Villazón, le leader du groupe écologiste Gaïa, révèle un mensonge d État effroyable et espère ainsi provoquer la chute du gouvernement américain. Mais ce secret dissimule un complot bien plus vaste qui implique Pékin et le milliardaire Cornelius Fox.
La Maison Blanche, pour se défendre, lance toutes les forces du pays aux trousses de Gaïa tandis qu une bombe atomique explose dans le désert du Nouveau-Mexique.
Aidés par un mystérieux hacker et bénéficiant peu à peu du soutien de la population, Abel et sa femme Lucy se battent pour survivre et leur combat devient le symbole de l opposition entre deux vision de l Homme.
La Révolution bleue se met en marche. Les rêves d une poignée d individus suffiront-ils à infléchir la marche d un monde au bord de l effondrement ?
Mafias, raréfaction des ressources naturelles, paradis bancaires, hacking, machinations d État, menace nucléaire, Ombres et Lumières nous plonge dans les arcanes les plus secrètes de notre société.

Roman d aventures, thriller écologique et manifeste révolutionnaire, Ombres et Lumières, deuxième volet de la saga Siècle bleu questionne notre avenir et donne une fantastique leçon d espoir.
"



Voici le trailer officiel du roman :





Parlons un peu des personnages.
Beaucoup de personnages intéressants. Je vais cependant en sélectionner quelques uns pour ne pas écrire des pages. ;-)

Tout d'abord, nous faisons la connaissance (ou retrouvons, pour ceux qui ont eu la chance de lire le premier tome) de Abel Valdès Villazon. L'un des grands héros de cette aventure. Ce jeune homme juste, se retrouve en plein coeur des hostilités. Il faut savoir qu'il mène une double vie. Le jour, il est à la tête de Biosphere Economics, une société spécialisée dans les études environnementales et économiques (société fondée avec sa femme Lucy). La nuit, dans le plus grand secret (sa propre femme n'est pas dans la confidence !), il endosse son costume de guérillero écologique et surtout de leader de Gaïa, une organisation activiste prête à tout pour sauver la planète et l'humanité. Comme on peut le comprendre, Gaïa est on ne peut plus gênante pour les grands de ce monde, en particulier pour le gouvernement américain. C'est à cause de cela que Abel va se retrouver en plein coeur des hostilités et qu'il devra faire preuve de beaucoup de courage pour surmonter les épreuves qui jalonneront son chemin. Malgré sa peur de perdre son ami Paul Gardner coincé sur la lune, malgré le fait que le gouvernement américain lui ait collé l'étiquette d'ennemi public numéro 1 et qu'il soit obligé d'user de toutes les ruses possibles pour échapper à la traque, il devra toujours garder espoir et lutter. Mais l'ennemi est aussi à l'intérieur : il doit apprendre à dompter le jaguar noir qui est en lui. D'ailleurs, petit détail intéressant : Abel a des dons de chamane. ;-)


Ensuite, vient bien évidemment Lucy, la femme d'Abel. Une jeune femme qui n'hésitera pas à sacrifier une part d'elle-même pour mener à bien la mission qu'on lui aura confiée. Elle se révélera être une excellente actrice même si le fait d'endosser une nouvelle personnalité s'avérera traumatisant pour elle. Mais ce ne sera pas le seul élément qui laissera à jamais des traces en elle. Elle découvrira une information plutôt dérangeante concernant l'un de ses proches.

Un autre personnage que j'ai beaucoup aimé : Paul Gardner. Cet astronaute envoyé sur la lune dans le premier tome et qui se retrouve coincé sur l'astre lunaire fait partie des amis d'Abel. C'est un homme qui croit encore à l'avènement d'un Siècle Bleu. Il est persuadé que son rêve est réalisable et que l'humanité est encore capable de faire machine arrière et de sauver la planète bleue. Une planète dont il admire la beauté depuis le sol lunaire. Il se battra pour vivre. Il ne perdra jamais espoir. Son seul lien de communication avec la Terre est unilatéral : il peut envoyer des messages mais ne peut pas en recevoir. Chaque jour il écrit, il écrit pour parler de ce qu'il voit, de son rêve. Il écrit dans l'espoir d'ouvrir les yeux de l'humanité sur le fait que la route empruntée n'est pas la bonne, cette route ne mène qu'à un précipice mortel. Il écrit pour convaincre le monde qu'il est encore temps de faire demi-tour. Il est encore temps pour le Siècle Bleu.

Avant de passer à mon avis, je vais terminer en vous parlant de mon personnage coup de coeur : Julio Molina.
Cet homme était le meilleur ami de feu le père d'Abel. Expert en sécurité informatique, ex-dirigeant de la société Intercontinental Global Wire (un éditeur de logiciel pour la finance), il s'avère être un hacker redoutable. Il est aussi incollable sur les rouages de ce que l'on pourrait appeler la société underground : mafias, cartels, crime organisé, complots gouvernementaux et internationaux... Il a une vengeance à assouvir, une blessure à refermer et pour cela, il a élaboré un plan qui permettra d'arriver à ses fins tout en aidant Abel et Lucy.
J'ai beaucoup aimé le côté bipolaire de ce personnage : à la fois fort et faible. Faible dans son corps (il est cloué sur un fauteuil roulant) mais fort dans sa tête. J'avoue avoir été en admiration devant cet homme fascinant. J'ai beaucoup aimé les trois autres personnages dont je vous ai parlé juste avant mais ma préférence va à Julio Molina.

Je pourrais vous présenter bien d'autres personnages importants comme le président Carlson (président des Etats-Unis), les différents "méchants"... mais ce serait beaucoup trop long. ;-)

Mon avis concernant ce roman :
Depuis quelques temps, je suis devenue très fan des thrillers. Cependant, je n'avais encore jamais lu de véritable thriller écologique. Lorsque j'ai ouvert ce livre, je me demandais bien ce qui m'attendait à l'intérieur. D'autant plus que le résumé, très alléchant je dois bien l'avouer, mais faisant étalage de tellement de choses en apparence sans véritables liens immédiats, avait piqué ma curiosité à un point tel que je brûlais d'envie de voir comment l'auteur avait réussi à cuisiner tous ces ingrédients.

Je n'ai pas été déçue, loin de là ! J'ai même plutôt été impressionnée. Ce roman est un thriller à part entière : suspense omniprésent, pas de temps mort et un côté addictif qui m'a déchirée à chaque fois que j'ai été contrainte de refermer l'ouvrage. C'est un beau pavé de plus de 550 pages tellement passionnant qu'il mériterait que l'on puisse s'installer dans son fauteuil, tranquillement, coupés du monde pour se plonger dedans d'une traite.

Bon, d'accord, vous avez compris que j'ai beaucoup aimé mais vous aimeriez avoir un avis un peu plus constructif ? Pas de souci ! Le voici donc.


Tout d'abord, si vous avez lu le résumé avec attention, vous avez dû relever un détail : "Ombres et lumières" est le deuxième tome de la série "Siècle Bleu". Mais je vous rassure tout de suite : aucune obligation d'avoir lu le premier volet pour dévorer ce deuxième volume. Moi même, je n'ai pas eu le plaisir de lire le premier tome. C'est donc un deuxième tome qui peut se lire indépendamment du premier et d'ailleurs, on nous offre toutes les informations nécessaires au tout début du livre. Un résumé détaillé du tome 1 nous aide à comprendre l'univers de "Siècle Bleu". Il est suivi d'un aide-mémoire concernant les principaux personnages rencontrés dans le tome 1. Pas moyen de se sentir perdu ! On entre dans l'histoire très facilement.


Ce roman est une fiction, certes, mais tellement proche de la réalité qu'il nous pousse à réfléchir sur notre société actuelle. Il est riche d'un message important pour les générations actuelles et celles à venir. Un véritable manifeste pour la survie de notre belle planète et de notre espèce.

Mais l'auteur va bien plus loin qu'un simple message écologiste. Plutôt que de nous dire de but en blanc "il faut préserver notre planète" Jean-Pierre Goux nous montre ce qui pourrait bien finir par arriver un jour si l'on n'y prend garde. Et quoi de plus efficace que de nous rendre suspicieux envers nos dirigeants mondiaux ? Pour nous convaincre que tout ce qui se passe dans son livre pourrait devenir réalité, l'auteur va jusqu'à nous emmener dans l'univers underground de la politique et des finances. On y découvre un gouvernement américain pas aussi héroïque et propre que l'on veut essayer de nous le faire croire. Complots, mensonges, manipulations, dissimulations... La scène mondiale est le théâtre d'une grande mascarade où l'on a beaucoup de mal à distinguer les bons des méchants.

J'ai beaucoup aimé la manière dont l'auteur a démonté les rouages de cette société de l'ombre devant nous. Mafia, Cartels, paradis bancaire... tout nous est expliqué en détails de manière passionnante. Une part de culture générale mise à la portée de tous.

Les personnages nous sont décrits avec juste ce qu'il faut de détails pour que l'on s'y attache facilement. L'important ici, c'est l'intrigue et son message. Les personnages servent l'histoire avec une grande efficacité. Et l'histoire nous fait passer son message comme une lettre à la poste.

J'ai aussi beaucoup apprécié de voir le gouvernement américain descendu de son piédestal habituel : pour une fois, ce ne sont pas les américains qui sauvent le monde, ce ne sont pas eux les héros ! Du moins, pas les dirigeants américains. Pour une fois, c'est le peuple mondial (j'insiste sur ce "Le") qui a le beau rôle. Il saura écouter le message d'espoir que Paul Gardner, du haut de l'astre lunaire lui aura envoyé. Il sera l'artisan d'un monde tourné vers la sauvegarde de la nature et de l'espèce humaine. Il fera de son mieux pour réaliser le rêve de l'astronaute : mettre en marche une révolution mondiale et donner naissance au Siècle Bleu.

Les bons et les méchants jouent au chat et à la souris au fil des pages. Paul Gardner est en sursis sur la lune et chacun de ses messages est une occasion de s'émouvoir. On se demande comment tout ceci va bien pouvoir finir.

La fin, je ne vous la dirai pas. Je vous laisserai le soin de la découvrir par vous-mêmes. Tout ce que je peux dire c'est qu'il y aura des explosions de joie mais aussi du soulagement et de la tristesse. Plusieurs personnages ne sortiront pas vivants de ce roman.


En conclusion : 
Après avoir lu ce roman, vous ne regarderez plus le monde la même façon. Peut-être que pour certains cela tournera à la paranoïa. D'autres sauront ouvrir les yeux sur notre situation actuelle et s'interrogeront sur la façon d'éviter que la réalité ne rejoigne celle énoncée dans le roman. De nombreuses menaces planent sur notre destin et sur celui de notre belle planète bleue. Saurons-nous écouter le message d'avertissement et d'espoir prodigué dans ce roman ? Saurons-nous mettre en place le Siècle Bleu ?

Une lecture que je vous conseille vivement. A la fois effrayante de réalité et véritable message d'espoir pour l'humanité. Un roman qui vous poussera à réfléchir tout en vous divertissant. A lire de toute urgence.

Si je ne me trompe pas, une suite serait prévue. Quand ? Je ne sais pas. Peut-être nous faudra-t-il faire preuve de patience mais la récompense en vaudra la peine, j'en suis certaine. ;-)


Un grand merci à  Jean-Pierre Goux , aux éditions  Hugo et Cie  ainsi qu'au forum Club de lecture pour m'avoir permis de découvrir ce roman.

mardi 24 avril 2012

Mon avis sur "Sérum, saison 1 épisode 1" de Henri Loevenbruck et Fabrice Mazza

191 pages
Editeur : J'ai Lu
Dates de parution : février 2012
Origine : France
Version originale
ISBN :   978-2-290-04174-1
Prix : 6€

Voici mon avis concernant "Sérum, saison 1 - épisode 1"" de Henri Loevenbruck et Fabrice Mazza.


Jetons tout d'abord un oeil à la couverture.
Une spirale hypnotique constitue la principale illustration de cette couverture. Mais cette spirale a quelque chose de particulier : elle semble être formée de deux parties qui s'enroulent ensemble. On peut y voir une représentation du temps : passé/présent/futur avec une sorte de fracture au niveau de la jonction. Pourquoi cette perturbation ? Sûrement pour illustrer le grand traumatisme subi par l'un des personnages principaux de la série. Ces cercles concentriques me font aussi penser à une cible. Et là, tout s'enchaîne avec logique dans mon esprit : cible --> balle dans la tête --> amnésie --> rupture de l'enchaînement temporel passé/présent/futur.

Il y a aussi d'autres détails intéressants (car même si cette couverture semble relever d'une grande sobriété et d'une grande simplicité, je la trouve après examen attentif, riche en subtilités) comme la police un peu trash utilisée pour le titre : elle donne une impression de quelque chose de cassé, d'abîmé... comme la mémoire de la pauvre Emily Scott, l'un des personnages clés de cette série.
Une dernière chose : le symbole en forme de cygne blanc. On peut se demander ce que vient faire ce petit dessin ici, sur cette couverture... On comprendra le lien avec l'histoire dès qu'on aura commencé la lecture du deuxième épisode. Je tiens d'ailleurs à préciser que ce dessin diffère d'un épisode à l'autre. Ils donnent l'impression d'être comme des indices semés volontairement par les auteurs pour nous pousser à nous interroger sur leur signification.

Oui, je sais, dit comme ça, ça paraît un peu compliqué mais après lecture du roman vous comprendrez parfaitement ce à quoi je fais allusion. ;-)



Voici le résumé figurant au dos du roman :
                                "1773 : MESMER INVENTE L’HYPNOSE
   1886 : FREUD INVENTE LA PSYCHANALYSE
2012 : DRAKEN INVENTE LE SÉRUM
Une injection.
Sept minutes pour accéder au subconscient d’Emily Scott.
Un carnet pour décrypter ses visions fantasmagoriques.
Quelques jours pour empêcher le pire.
Mais quand les morts suspectes se multiplient, le NYPD se pose une question : Arthur Draken est-il un psychiatre de génie ou un dangereux criminel ?"



Voici le trailer officiel du roman :





Parlons un peu des personnages.
Mes trois personnages préférés sont le Docteur Draken, le détective Lola Gallagher et Emily Scott.

Le premier, Arthur Draken, est à l'origine du titre de la série. Et oui, d'après le résumé du livre, ce serait ce cher Arthur qui serait à l'origine de l'invention du Sérum, une substance dont l'injection permettrait de faciliter l'induction hypnotique et d'accéder au plus profond du subconscient de ses patients. Il filme chaque séance qu'il conserve sur cassettes vidéos afin de les revisionner, les étudier et décrypter les symboles cachés dans les paroles des sujets. Oh ! Je me rends compte que j'ai oublié de vous préciser que le Docteur Draken est psychiatre. Je vous préviens tout de suite : le prix de la consultation n'est pas à la portée de toutes les bourses. ^^ J'ai tout de suite eu une profonde tendresse pour ce personnage à l'humour cynique. Il m'a un peu fait penser au célèbre Dr House de la série télévisée (ben oui, je regarde aussi la télévision parfois).

Le détective Lola Gallagher est une héroïne à la fois forte et fragile. Elle a un côté rebelle et n'hésite pas à braver les consignes quand elle sent que ça peut faire avancer les choses. Elle prend en charge Emily Scott, une femme de 35 ans qui, après avoir reçu une balle dans la tête souffre d'amnésie. Emily Scott est le nom qui lui est donné par la police. Dans ce premier épisode, on ne connaît pas son vrai nom. Lola décide de l'emmener chez Draken afin de l'aider à retrouver la mémoire.

Le Docteur Draken se trouve ainsi confronté au cas le plus compliqué de toute sa carrière. Grâce à son sérum, il va découvrir qu'Emily semble connaître des détails concernant un drame qui se prépare et qui pourrait changer l'avenir de la planète. Il n'a que peu de temps pour arriver à décrypter le secret qui se cache dans la mémoire d'Emily, d'autant plus que la jeune femme est en danger de mort : ceux qui ont essayé de la tuer souhaitent terminer le travail avant qu'elle ne puisse délivrer des informations capitales à quiconque.

Je ne vous parle que des trois personnages qui m'ont le plus marquée mais ce roman est peuplé de beaucoup d'autres personnes comme le fils de Lola Gallagher, Ben Mitchell (chercheur en neurophysiologie atteint de cécité), Phillip Detroit (le collègue geek de Lola), Tony Velazquez (un jeune officier de police que Lola prend sous son aile)...


Mon avis concernant ce roman :
"Sérum" inaugure un nouveau concept littéraire : le roman-série.
Tout le monde a déjà visionné au moins une fois dans sa vie une série télévisée. Et bien, "Sérum" a un goût très prononcé de série télévisée diffusée non pas sur écran mais sur papier.
Il y a en effet beaucoup de similitudes entre votre feuilleton télévisé préféré et "Sérum".
Tout d'abord, cette série est divisée en saisons et en épisodes (tout comme les séries télé). Chaque épisode est publié au fur et à mesure selon un calendrier digne des diffusions sur un programme télé.

Voici, par exemple, le calendrier de publication des 6 épisodes de la saison 1 :

- Episode 1 : 28 mars 2012
- Episode 2 : 25 avril 2012
- Episode 3 : juin 2012
- Episode 4 : septembre 2012
- Episode 5 : octobre 2012
- Episode 6 : novembre 2012

Chaque épisode est constitué d'un court roman de 200 pages environ. La première saison sera constituée de 6 épisodes, donc, de 6 romans. Pour le moment trois saisons ont été prévues mais il est possible que l'aventure ne s'arrêtera pas là.

L'un des avantages de ce système est de proposer des livres à un prix très abordable ( 6€ chaque épisode). Son format est aussi un petit plus bien agréable : format poche, pas trop épais, idéal pour être transporté partout. Enfin, le côté "série-télé" est un point fort non négligeable quand on voit le succès remporté par les séries-télé auprès du public.

Le principal inconvénient (puisqu'il faut bien en trouver un) est de devoir attendre la date de sortie du prochain épisode pour connaître la suite. Mais, n'est-ce pas le cas de nos feuilletons télévisés préférés ? ;-)

Mais les similitudes avec une série-télé ne s'arrêtent pas là.

"Sérum" a tout d'une bonne série-télé : suspense, rebondissements, tissage d'intrigues savamment mené, style cinématographique, rythme haletant, personnages attachants et mystérieux...

Lorsque j'ai ouvert cet épisode 1 pour la première fois, j'ai découvert que l'expérience "Sérum" ne se réduisait pas à ce que je vous ai déjà cité. En effet, pour les heureux propriétaires d'un téléphone portable suffisamment moderne, des flash-codes sont prévus au fil des chapitres. Ils sont censés donner accès à du contenu multimédia qui permet de se plonger encore plus profondément dans l'univers de "Sérum". Je n'ai malheureusement pas pu tester ce système (mon téléphone portable n'est pas un modèle très moderne). J'étais un peu embêtée de ne pas pouvoir le faire. J'avais peur de passer à côté de quelque chose d'important... Mais j'ai très vite appris que le contenu était accessible via le site internet de "Sérum" dont voici l'adresse : http://www.serum-online.com/
Ouf ! J'ai ainsi pu expérimenter la lecture de quelques chapitres en écoutant les morceaux de la bande-originale spécialement composée pour la série. De quoi se mettre vraiment dans l'ambiance de chaque passage.
Sur ce site, vous découvrirez aussi quelques infos sur les personnages et les lieux des romans en vous promenant directement dans les rues de New-York grâce à la navigation Google Earth. J'ai trouvé l'idée plutôt sympa. Pouvoir se promener dans les rues de New-York sans décoller de son siège...

Excusez-moi, je m'égare. Où en étais-je ?
Ah oui, ça me revient.
Je souhaitais aussi mentionner le petit "générique" (du moins, c'est à cela que ça m'a fait penser) que l'on retrouvera à chaque début d'épisode. Si vous avez visionné la bande-annonce du roman (si tel n'est pas le cas, remontez un peu sur cette page et regardez la vidéo) vous aurez un petit aperçu de ce "générique textuel" dont je vous parle. Ce petit "générique" nous annonce que notre épisode est sur le point de commencer. Chut ! Asseyez-vous et ne faites plus aucun bruit. ;-)

Ce premier épisode est ce que l'on pourrait appeler le "roman-pilote" de la série. Grâce à lui nous faisons connaissance avec les principaux personnages et nous nous imprégnons du monde de "Sérum". Mais cette première immersion ne se fait pas en douceur ! Dès les premières pages nous plongeons tête la première dans le mystère et le suspense. Les chapitres sont de véritables scènes : ils sont courts et donnent un rythme soutenu au récit. Pas de longs discours stériles, le style est très visuel, cinématographique et il va à l'essentiel. Attention ! Ce roman n'est pas écrit entièrement comme un script, il conserve un côté littéraire très agréable. Les dialogues sont écrits selon les règles du roman mais ils sonnent avec une telle justesse qu'on pourrait très bien les jouer à l'écran.
Petit à petit des questions commencent à se poser. Normal ! "Sérum" est avant-tout un roman d'investigation. Comme dans les séries-télé, les réponses ne nous seront pas entièrement données avant la fin de la saison.
Donc, tout s'enchaîne à une vitesse folle, les pages tournent, encore et encore... jusqu'à ce qu'apparaisse le si frustrant "A suivre..." Et pour nous mettre encore plus en appétit, on nous offre un petit teaser de l'épisode suivant qui nous donne envie de hurler "Pitié ! Donnez-moi la suite maintenant !"

Exactement comme les séries-télé. En revanche, "Sérum" présente un point fort supplémentaire : pas de pub qui débarque en plein milieu de chaque épisode ! ^^



En conclusion : 
Je sais, je vous ai fait un véritable discours mais sachez que j'aurais eu encore bien des choses à vous dire à propos de ce premier épisode : j'aurais pu tenir une véritable conférence sur ce petit concentré d'innovation et de suspense. ;-)

En tous cas, je ne regrette pas d'avoir accepté l'injection de cette première dose de "Sérum" qu'on m'a proposée. Je viens d'ailleurs de recevoir ma deuxième dose et je peux vous garantir d'ores et déjà que les effets sont spectaculaires ! Pour le moment, pas trop d'effets secondaires, mis à part une très forte accoutumance.

Je ne peux que vous conseiller de tenter vous aussi cette expérience, mais, je vous aurais prévenus : il y a un gros risque d'addiction !

Un grand merci aux auteurs, Henri Loevenbruck et Fabrice Mazza ainsi qu'aux  éditions J'ai Lu , pour me permettre de vivre cette expérience.

lundi 26 mars 2012

Mon avis sur "Le premier sang" de Sire Cédric

512 pages
Editeur : Le pré aux clercs
Dates de parution : février 2012
Origine : France
Version originale
ISBN :   978-2-84228-468-8
Prix : 19,50€

Voici mon avis concernant "Le premier sang" de Sire Cédric.


Jetons tout d'abord un oeil à la couverture.
Une couverture qui donne une atmosphère mystérieuse. Cet oeil rouge qui nous regarde avec dureté et cette bouche féminine, à qui appartiennent-il ? En entrant dans le récit, on réalise très vite qu'il s'agit du visage de l'héroïne, Eva Svärta, une policière albinos au lourd passé. Le regard dessiné exprime à la fois de la souffrance, de la détermination et de la haine. La bouche close, quant à elle, symbolise le mutisme, le secret, le silence.
En filigrane partiel, nous apercevons des arbres. Symboles de l'attachement, de la descendance, ils symbolisent les origines de l'héroïne, ses racines et son passé, celui qu'elle cherche désespérément à comprendre pour en exorciser les démons qui la hantent. Tiens ? J'ai employé le mot "exorciser" ? Cette forêt me fait aussi penser à la forêt de Brocéliande, lieu de magie. Et la magie, ou plutôt la sorcellerie, est l'un des thèmes de ce roman.
Le côté "flash" de l'illustration fait penser à une perte de mémoire, une amnésie, un blanc dans son histoire personnelle. Il exprime parfaitement le flou dans lequel se trouve Eva.

Assez parlé de la couverture, passons à la suite !

Voici le résumé figurant au dos du roman :
"Les plus grandes terreurs naissent dans l'enfance et prennent racine au plus profond de nous.
Qu'est-ce qui les fait resurgir ? Sommes-nous capables de les surmonter ?

Par une nuit d'hiver glacée, deux flics de la criminelle, partis pour surveiller un parrain de la drogue en banlieue parisienne, mettent les pieds dans une étrange affaire. Leur principal suspect est mort brûlé vif dans son appartement et les méthodes employées ne ressemblent pas à un règlement de compte. Eva Svärta, la policière albinos, dominée par le désir obsessionnel de retrouver le meurtrier de sa mère et de sa soeur jumelle, pressent un danger imminent. Et si les fantômes du passé se mettaient à reprendre vie ? Hallucination ou réalité ?

À travers ce nouveau roman étonnant de maturité, Sire Cédric ramène son héroïne aux origines du mal qui l'empoisonne. Le vertige qui la submerge progresse tout au long de l'intrigue, impitoyablement, terriblement. Vos nuits n'ont pas fini de vous surprendre.
"



Voici la bande-annonce du roman : 




Parlons un peu des personnages.
Tout d'abord, il y a Eva, Eva Svärta, une policière albinos qui cherche à réunir les pièces du puzzle de son passé afin de comprendre pourquoi sa soeur jumelle et sa mère ont été assassinées alors qu'elle a été épargnée par le meurtrier. Eva se révèle être un personnage très fort. Elle a beaucoup de personnalité, de force mais aussi de fragilité. Eva menace plusieurs fois de basculer du côté obscur. Sa conscience professionnelle la ramène toujours sur le droit chemin, parfois in extremis. J'ai beaucoup aimé son côté singulier : une apparence aussi ambivalente que sa personnalité, une apparence qui suscite à la fois de la curiosité de la part de ses collègues mais aussi de la peur.
Eva souffre... en silence dans une sorte de forteresse de solitude qu'elle a érigée autour d'elle. Elle a une capacité d'empathie au-delà de la normale ce qui lui permet d'avoir une sorte de sixième sens. Grâce à son flair, elle finira par découvrir la vérité, cette vérité qu'elle cherche depuis le jour du meurtre de sa mère et de sa soeur, cette vérité qu'elle aurait finalement peut-être préféré ne pas connaître.

Ensuite, il y a le commandant Alexandre Vauvert, le héros masculin du roman. Il est présenté comme ayant une stature imposante. Le commandant Vauvert a un petit faible pour Eva, il est plutôt protecteur. Au début de l'histoire, Eva et lui ne sont pas vraiment voisins mais, au fur et à mesure, les événements vont les rapprocher à nouveau.

Et puis, il ne faut pas oublier les "méchants" de l'histoire. Ils sont au nombre de cinq. Quatre hommes et une femme. Ils ont, des années plus tôt, réveillé des forces sombres. Ils sont liés par un serment qui ne peut être brisé. Ils sont allés trop loin pour pouvoir faire demi-tour. Quatre d'entre-eux ont tenté de tout arrêter mais le retour surprise du cinquième membre de leur "bande" va bouleverser le cours des événements.

Ce n'est pas évident de parler de ces personnages capitaux sans en dévoiler trop. Vous ne m'en voudrez donc pas si j'ai essayé de rester le plus évasive possible. ;-)


Mon avis concernant ce roman :
Un roman que je ne suis pas prête d'oublier. Un roman mêlant habilement intrigue policière et fantastique.

Les personnages sont d'une crédibilité incroyable, d'une humanité saisissante. Loin des stéréotypes, ils ont des personnalités très fouillées, des passés riches qui les rendent forts et attachants.

L'intrigue file à un rythme de plus en plus effréné. Pas de place pour le moindre temps mort ! Les chapitres courts et les points de vue multiples participent avec brio à la mise en place de ce tempo, donnant naissance à un suspense total jusqu'à la dernière page. Nous entrons dans la lecture la tête pleine de questions, d'interrogations, de doutes. Notre lecture se trouve au fil de notre avancée, jalonnée par des indices distillés avec pertinence, répondant partiellement à certaines de nos questions mais sans trop dévoiler de choses afin que l'on ait envie de toujours aller de l'avant.

Les descriptions sont ciselées : rien de superflu, pas de longueurs inutiles, l'auteur ne nous décrit que l'essentiel, ce qui nous permet de plonger pleinement dans l'histoire. Il va droit au but. Son style pourrait être qualifié de cinématographique tant il est percutant et visuel.

J'ai beaucoup aimé le tissage d'intrigues de ce roman : plusieurs fils qui ne semblent rien avoir en commun et qui, petit à petit, se croisent, se nouent, jusqu'à former une seule et unique toile solide. En effet, les premiers chapitres nous racontent deux histoires différentes : la première est celle d'Eva. La seconde celle du commandant Vauvert. Chacun traite sa propre affaire de son côté jusqu'au moment où un lien entre les deux affaires est mis en évidence.

Ce roman va bien au-delà du simple thriller fantastique. Il pousse jusqu'au thriller horrifique. De nombreuses scènes d'horreur font partie intégrante de l'histoire. Le style de l'auteur nous rend ces abominations supportables. Il arrive presque à rendre beaux ces instants de boucherie. C'est un paradoxe, je le conçois, mais ce que j'ai pu ressentir, contrairement aux romans de Stephen King qui misent à fond sur la carte de l'horreur, de l'insupportable. J'ai aimé cette "pointe de douceur".

Un petit regret : je me mords les doigts de ne pas avoir lu le volet précédent, "De fièvre et de sang", mais là, ce n'est en rien la faute de l'auteur. ;-)


En conclusion : 
Ce roman était mon tout premier "Sire Cédric" et je m'en veux de ne pas avoir lu plus tôt les écrits de cet auteur exceptionnel.

Un petit conseil : afin de ne pas avoir de regret comme moi, lisez "De fièvre et de sang" avant de vous plonger dans la lecture du "premier sang" car, bien que la lecture du second volet puisse être faite indépendamment du premier, je suis certaine que l'on passe à côté de pas mal de choses importantes. Et puis, c'est un moyen de prolonger le plaisir. Les 512 pages de ce roman se lisent vite.

En arrivant à la fin du roman, je me suis dit que tout ne pouvait pas se terminer ainsi, qu'il devait y avoir une suite. Apparemment, j'aurais vu juste : un troisième tome semble être prévu. Je suis curieuse d'assister au dénouement, que dis-je ! au bouquet final de cette aventure palpitante. J'ai très envie de retrouver Eva et Vauvert.

Un grand merci à l'auteur, Sire Cédric et aux  éditions Le pré aux Clercs (tout particulièrement à Sigrid), pour m'avoir permis de découvrir cet excellent thriller.

lundi 28 novembre 2011

Mon avis sur "Non Stop" de Frédéric Mars


667 pages
Editeur : Black Moon (Hachette jeunesse)
Dates de parution : novembre 2011
Origine : France
Version originale

Voici mon avis concernant "Non Stop" de Frédéric Mars.

Jetons tout d'abord un oeil à la couverture.
J'aime beaucoup cette couverture en blanc, nuances de gris, noir et rouge sang. Elle reflète parfaitement l'état d'esprit de ce thriller.
Des hommes, parfaits anonymes, semblent marcher malgré l'obscurité ambiante. Sur chacun d'entre-eux, un point rouge indiquant un danger. Ses hommes sont, à première vue, sous la surveillance de snipers, prêts à leur tirer une balle en plein coeur. La cible en plein centre de l'image viendrait tout à fait confirmer cette théorie. Mais voilà, la situation est plus compliquée que cela. Après lecture du résumé et/ou visionnage du trailer, on voit un petit détail auquel on n'avait pas prêté attention : la taille du point rouge n'est pas la même pour tout le monde. L'homme au centre de la cible se voit affublé d'un point beaucoup plus gros que ses voisins. Et pour cause ! Si l'on observe l'image encore plus en détails et que l'on compare avec les informations contenues dans le résumé, on se rend très vite compte que cet homme ne marche plus. Il est à l'arrêt. Sa vie ne tient plus qu'à deux doigts. S'il ne redémarre pas bien vite, ce sera trop tard pour lui... et pour toutes les personnes se trouvant dans les parages, victimes impliquées ou non dans ce complot terroriste.
Ces hommes sont des "marcheurs de la mort".
Non, non. Je ne délire pas. Allez ! Lisez donc le résumé pour mieux comprendre ce que je vous raconte.


Voici le résumé figurant au dos du roman :
"9 septembre 2012, Manhattan
Un homme ordinaire reçoit une enveloppe anonyme et se met à marcher en direction du métro. A peine s'est-il arrêté sur le quai de la station qu'il explose, semant la mort autour de lui. Très vite, les explosions de ce genre se multiplient à une allure folle.
Sam Pollack et Liz McGeary, les deux agents chargés de l'enquête, doivent admettre qu'ils sont confrontés à une attaque terroriste d'une envergure inédite. Une attaque non revendiquée et d'autant plus difficile à contrer qu'elle transforme des innocents en bombes humaines, faisant d'eux les agents de ce scénario apocalyptique.
Tous se sont vu implanter un pacemaker piégé dans les deux dernières années. Tous reçoivent une enveloppe et se mettent à marcher. S'ils s'arrêtent, la charge explosive se déclenche. Où qu'ils soient. Quels que soient leur sexe, leur âge et leur couleur de peau.
La cavale sans fin de ceux qu'on appelle les "Death Walkers", les marcheurs de la mort, ne fait que commencer."



Pour compléter ce résumé déjà bien alléchant, voici le trailer officiel du roman :



Parlons un peu des personnages.
Mon personnage préféré n'est autre que Sam Pollack, capitaine de Police veuf et père d'une fille de 18 ans prénommée Grace avec qui les relations sont assez difficiles. Sam Pollack sera le premier membre des forces de l'ordre à être confronté aux "marcheurs de la mort". Il sera là lorsque le premier d'entre-eux explosera dans la station de métro. Il participera activement pour tenter de mettre fin à cette affaire de terrorisme d'une envergure exceptionnelle. Une affaire dans laquelle il sera profondément impliqué personnellement. Une affaire qui le poussera au bord du gouffre, aux frontières du découragement, du désespoir... Une affaire qui le poussera à se surpasser, à avancer en serrant les dents et à garder espoir aussi longtemps que possible.

Un autre personnage qui m'a beaucoup marquée : Stanley Cooper, Président des Etats-Unis d'Amérique en personne. C'est un personnage qui a plusieurs points communs avec le Président actuel des Etats-Unis, Barack Obama, à commencer par le fait qu'ils soient tous les deux les 44ème présidents des Etats-Unis mais aussi par le fait que tous deux soient des Présidents "noirs". Je ne sais pas si Barack Obama réagirait avec le même sang-froid et le même courage que Stanley Cooper s'il se trouvait à sa place. En tous les cas, l'auteur a façonné un homme droit, humble, ayant du coeur, du courage et n'hésitant pas à marcher aux côtés de ses concitoyens maudits pour les soutenir jusqu'au bout. Un président héroïque, un président que l'on admire, que l'on respecte.

Je m'arrêterai là pour les personnages. Les autres acteurs de ce thriller sont eux aussi dignes d'intérêt mais je n'ai souhaité vous présenter que les deux qui m'ont le plus marquée.


Mon avis concernant ce roman :
Ce roman est une bombe ! Pardonnez-moi le jeu de mots mais j'ai eu un véritable coup de coeur pour ce thriller d'origine française. Hé oui ! Vous avez bien lu : l'auteur de cet ouvrage est français. Voilà qui prouve que les auteurs français n'ont rien à envier à leur collègues anglo-saxons ! Frédéric Mars a été à la fois écrivain, journaliste et scénariste et, croyez-moi, ça se sent.

Il y a quelques temps, je m'étais extasiée en découvrant un autre thriller, un roman d'un auteur non francophone. Je vous avais vanté son côté palpitant, addictif, cinématographique même. Et bien, j'ai trouvé que "Non-Stop" était encore un cran au-dessus.

Des chapitres assez courts... Des chapitres ? Je pourrais presque les qualifier de scènes, comme dans un film. En effet, l'auteur nous fait vivre l'histoire en multiplexe : nous nous promenons allègrement entre le bureau du Président des USA, la rue, le domicile des divers personnages, le métro, l'hôpital... nous vivons les événements depuis plusieurs points de vue... L'intitulé de chaque chapitre sous la forme "horaire - ville- lieu précis" conforte encore plus cette idée de scénario. Tout s'enchaîne à un train d'enfer mais l'intrigue n'est pas linéaire. Beaucoup de rebondissements, de surprises jalonnent notre chemin jusqu'à la dernière page.

L'intrigue tient vraiment debout. Les faits nous semblent tellement réels. Ce roman est effrayant de par son côté réalistique. Les événements du 11 septembre nous ont tous beaucoup marqués. Lorsque nous avons appris la nouvelle ou découvert les images sur nos écrans, combien parmi nous n'ont pas pensé "Ce n'est pas possible ! Ce genre de chose paraît bien trop gros pour être réel !". En découvrant que ce que nous avions sous les yeux n'était pas la bande-annonce d'une nouvelle production Hollywoodienne mais la simple réalité, beaucoup d'entre-nous ont commencé à éprouver de la peur, à imaginer qu'une telle chose pourrait très bien se reproduire ailleurs... près de chez nous.

"Non Stop" se déroule dans la continuité des événements tragiques du 11 septembre. L'action se situe précisément 2 jours avant une cérémonie de commémoration durant laquelle la Tour de la Liberté est censée être inaugurée. Date symbolique qui pourrait véritablement être choisie par des terroristes pour rouvrir la blessure. C'est dans ce contexte d'une réalité effrayante que nous pénétrons en entrant dans la lecture.

Un homme qui explose dans une station de métro, rien de bien original me direz-vous. Des kamikazes qui se font sauter dans des lieux fréquentés, ce n'est pas nouveau. Oui mais, cette fois-ci, ces "kamikazes", ces bombes humaines, pourraient très bien être vous ou moi, vos parents, vos enfants, vos voisins, vos amis... votre bébé ! Comment ? Vous pensez que vous verriez forcément si votre bébé ou vos enfants étaient piégés ? Mais voilà le côté effrayant de la chose : le dispositif explosif n'est absolument pas décelable de l'extérieur. Même les personnes concernées ne savent pas qu'elles ont été transformées en bombes humaines ! Ah ! Ah ! Nous y voilà : vous vous demandez bien comment une telle chose pourrait être possible ? Figurez-vous que toutes ces "bombes humaines potentielles" sont porteuses d'un pacemaker. Un pacemaker qu'on leur a implanté durant les deux dernières années. Je suis certaine que vous rigolez déjà moins.
Plutôt flippant non ? Mais, attendez, il y a encore pire !
Une fois le mécanisme activé, les personnes piégées doivent marcher, marcher, marcher, sans jamais s'arrêter sous peine de déclencher le détonateur et boum ! Je suis sûre que vous commencez à angoisser un peu.


Très franchement, j'ai eu du mal à lâcher cette lecture. Les faits sont tellement criants de vérité que ça fait froid dans le dos.

Un style clair, qui sonne juste, un style à mi-chemin entre littérature et journalisme. Ce roman est très agréable à lire. Les 667 pages passent à une vitesse impressionnante. J'ai été véritablement surprise d'atteindre la dernière page aussi vite.

Les personnages sont eux aussi décrits avec beaucoup de réalisme, de justesse. On s'attache très vite à Sam Pollack.
Avec certains autres personnages, nous ne savons pas trop sur quel pied danser : devons-nous leur faire confiance ou nous méfier ? Sont-ils sincères ? Qu'ont-ils à cacher ? Ce qui n'est pas sans mettre en place un très grand suspense.

J'ai aussi beaucoup aimé la façon qu'a eu l'auteur de nous présenter des faits simultanés dans des lieux différents. Un peu comme dans un film où l'on ne cesse de nous montrer un chrono, puis un démineur qui tente de désamorcer une bombe, retour sur le compte à rebours qui s'égrène, puis sur le visage en nage du démineur... Ce procédé accélère encore le rythme déjà effréné de l'histoire, nous permettant ainsi d'assister à un final à couper le souffle.

En conclusion :  
Un roman que j'avais très envie de lire en en découvrant le résumé, la bande-annonce et les excellentes critiques. Un roman que je suis heureuse d'intégrer à ma bibliothèque personnelle. Un roman que je ne manquerai pas de relire avec plaisir. Un roman dont les techniques de création du réalisme et de gestion du suspense m'inspireront pour l'écriture de mes propres romans.

Bref, un véritable coup de coeur  pour ce roman que je vous invite à découvrir sans tarder !

Un grand merci à Karine du forum "club de lecture" , à l'auteur, Frédéric Mars et à Black Moon (Hachette Jeunesse) pour avoir organisé ce concours qui m'a permis de découvrir ce roman inoubliable.

vendredi 26 août 2011

"Mascarades" de Philippe Ward


315 pages
Editeur : Aïtamatxi éditions
Dates de parution : octobre 2009
Origine : France
Version originale

Voici mon avis concernant "Mascarades" de Philippe Ward.
Jetons tout d'abord un oeil à la couverture.
Une couverture à l'ambiance sombre, inquiétante. J'aurais bien vu une couleur différente pour le titre : à la place du vert, je trouve que le rouge aurait donné encore plus d'impact à la police utilisée en donnant un aspect "lettres de sang". Le nom de l'auteur qui apparaît en caractères énormes me fait un peu penser aux couvertures des ouvrages de Stephen King qui remplissent ma bibliothèque personnelle. ;-)
Tant que l'on n'a pas commencé la lecture du roman, on a du mal à identifier le personnage qui se trouve sur la couverture. Après avoir lu les premiers chapitres, on peut reconnaître un ziripot, personnage de carnaval appartenant à la culture basque.

Voici le résumé figurant au dos du roman :
"Une série de meurtres violents frappe le milieu séparatiste basque. Pour brouiller les pistes, les tueurs se déguisent en personnages des mascarades et des carnavals traditionnels. Mikel, un négociateur de la paix qui condamne la violence et les luttes fratricides, est chargé par son organisation d'enquêter sur les attentats sauvages qui déciment les rangs modérés. Ces investigations vont plonger ce paisible libraire bayonnais dans une enquête aux frontières du réel. Une traque au cours de laquelle, il va affronter des monstres folkloriques indestructibles. Aidé par un mystérieux trio de vieux gardiens, Mikel va découvrir les points faibles de ces êtres maléfiques. Cependant, parviendra-t-il à démasquer le sinistre Chasseur Maudit qui utilise ces créatures pour plonger son pays dans le chaos ? "

Parlons un peu des personnages.
Le personnage central s'appelle Mikel Bake. Il appartient à l'ETA, l'organisation basque qui revendique le droit à l'indépendance du pays Basque. Je sais ce que vous pensez mais, Mikel n'est pas un terroriste. Il y a deux façons de se battre pour la libération du pays Basque : les armes et les négociations pacifiques. Mikel est un pacifiste, un négociateur. Il ne supporte pas la violence et n'approuve pas les attentats dans lesquels des innocents trouvent la mort.
Mikel se trouvera très vite confronté aux créatures semeuses de mort. Il traquera le "chasseur maudit", celui qui est à l'origine de toute cette violence perpétrée par des êtres maléfiques. Bien entendu, Mikel rencontrera une femme, une séductrice, une femme dangereuse.

Cette femme se prénomme Inès et... non. Tout compte fait. Je préfère ne rien dévoiler sur elle.

Un autre personnage très important : le grand méchant de l'histoire, le "chasseur maudit". Il a découvert un très grand secret et souhaite l'utiliser à des fins personnelles. Je ne vous en dis pas plus sur lui : j'ai peur de trop vous en dire à son sujet.

Tout ce que je peux ajouter à propos des personnages est que Mikel m'a énormément plu. J'ai beaucoup aimé le voir évoluer (au sens propre et au sens figuré) au fil des pages.

Mon avis concernant ce roman :
Lorsque j'ai commencé à parcourir ce roman, mon attention a tout de suite été captée : le premier chapitre est très accrocheur ! L'auteur commence fort en nous plongeant tout de suite au coeur de l'action pour nous faire saliver et nous donner envie de passer au plat suivant.
J'avoue, je n'y connaissais rien à la culture basque avant de lire ce roman. J'ai découvert avec un certain plaisir toutes les créatures qui peuplent le folklore basque. Un "bestiaire" fabuleux qui donne envie d'en savoir plus sur les légendes de ce "pays". Une fois la dernière page tournée, je me suis empressée d'aller voir sur Google si je pouvais trouver des représentations de tous les personnages fascinants dont il est question dans cet ouvrage.

L'auteur a habilement mélangé culture basque, enjeux politiques et monstres sanguinaires pour nous livrer un thriller fantastique, aux frontières du réel.

Une petite remarque :
On sent que Philippe Ward aime profondément cette culture Basque et c'est certainement par passion qu'il nous abreuve de tous ces termes en euskara (langue traditionnelle). N'étant pas familière du tout avec cette culture, j'avoue avoir été un peu perturbée au départ mais cette sensation de "dépassement lexical" s'est très vite estompée au fil de ma lecture. Je tiens tout de même à préciser que l'auteur a pris le soin de tout traduire afin que rien ne demeure obscur au non-initié.


En conclusion :  
Un thriller fantastique qui se dévore et nous permet de découvrir de manière passionnante la culture et le folklore basques. Je me suis vraiment régalée ! Mon grand regret a été de parvenir à la dernière page : j'aurais bien aimé que le plaisir dure plus longtemps. Bon, je ne me plaindrai pas car le roman fait tout de même plus de 300 pages. C'est uniquement une façon de dire que ce roman m'a vraiment plu. ;-)


Un grand merci à Karine du forum "club de lecture" , à l'auteur, Philippe Ward et aux éditions Aïtamatxi pour m'avoir permis de découvrir ce titre lors d'un partenariat.