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vendredi 24 mai 2013

"Balancé dans les cordes" de Jérémie Guez (Mon avis sur l'ouvrage)




Lauréat Prix SNCF du Polar 2013
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Informations de publication :

  • ISBN : 978-2-290-05435-2
  • Collection : Policier
  • Format : 11 x 18 cm • 188 pages
  • Origine : France (Version originale)
  • Date de parution : février 2013
  • Prix : 5,60 euros
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Résumé au dos de l'ouvrage :

 "Tony est un jeune boxeur. Garçon sans histoires, il consacre sa vie au sport, prépare son premier combat pro et se tient à l'écart des trafics qui rythment la vie de sa cité. Mais il doit composer avec une mère à problèmes, qui se laisse entretenir par des voyous.
Tout dérape lorsque l'un d'entre eux la bat et l'envoie à l'hôpital. Tony décide de faire appel à Miguel, le caïd de la ville, pour étancher sa soif de vengeance.

 Dans ce milieu, rien n'est jamais gratuit. 
La faveur demandée a un prix, celui du sang. "

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L'auteur :

Jérémie Guez

Jeune auteur de talent, né en 1988 aux Sables d'Olonnes, Jérémie Guez a rencontré le succès avec "Paris la nuit", son premier roman, dont il a commencé l'écriture alors qu'il n'avait que 16 ans et qu'il a achevé 3 ans plus tard


"Balancé dans les cordes" est le second tableau d'un triptyque dont Paris et sa banlieue sont les personnages principaux. 


Ses deux premiers romans sont en cours d'adaptation cinématographique.

* Page Facebook de l'auteur : https://www.facebook.com/pages/J%C3%A9r%C3%A9mie-Guez/131150970284240
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Mon avis sur ce roman :

L'auteur, Jérémie Guez, est un grand amateur de polar noir américain et ça se ressent parfaitement dans ce roman qui, durant 188 pages nous plonge dans l'univers sombre des cités de la banlieue de Paris. Plus précisément, nous nous retrouvons catapultés en plein coeur des quartiers chauds d'Aubervilliers, lieu peuplé à la fois de personnages à l'amitié sincère comme Moussa (jeune homme ami d'enfance de Tony n'ayant pourtant pas une situation reluisante puisque trafiquant de drogue), mais aussi de personnages à qui il s'avère très dangereux d'accorder sa confiance, comme Miguel, le caïd de la ville.

Faire appel à Miguel, c'est signer un pacte avec le Diable : plus moyen de faire marche arrière, votre vie lui appartient. Et c'est dans ce terrible piège que Tony va tomber rapidement, aveuglé par la colère et l'envie de venger sa mère.

J'ai vraiment beaucoup aimé cette immersion au coeur d'une cité. Bien sûr, c'est une expérience plutôt violente mais c'est toujours mieux de pouvoir la vivre bien installé dans son fauteuil plutôt qu'en se rendant physiquement sur les lieux pour se rendre compte de la situation. Au moins, on peut en sortir physiquement indemne. Car pour ce qu'il en est du reste, je pense qu'on ne peut que ressortir marqué par une lecture comme celle-ci.

Tony est un jeune de la cité qui, malgré son environnement défavorable, ne se laisse pas influencer négativement et préfère consacrer sa vie à la boxe. C'est un jeune bien, comme il en existe dans la vraie vie. Et oui ! Tous les habitants des cités ne sont pas des voyous, des criminels... certains rêvent d'en sortir... comme Tony.

Mais on a beau être fort et déterminé à ne pas tomber du côté obscur de la Force, un malheureux événement peut toujours réussir à nous ébranler, à faire déborder l'eau du vase. C'est ce qui arrive précisément à Tony le jour où sa mère se fait agresser et se retrouve à l'hôpital. Tony explose. Il ne veut pas que l'individu s'en sorte comme ça et il se jette dans la gueule de Miguel.

A partir de cet instant, c'est la descente aux enfers pour notre héros. Lorsqu'il se rend compte de son erreur... il est déjà trop tard. Quand on tombe dans les griffes de Miguel, on ne peut plus s'en échapper... vivant du moins. Miguel est très influent, respecté et surtout craint comme la peste par ses ennemis. Il est un peu comme un parrain de la Mafia.

Jusqu'à la dernière page, l'auteur nous embarque dans un récit nerveux, oppressant et très dynamique. Cette descente aux enfers de Tony, nous la vivons à ses côtés.

Je me suis vraiment demandé comment tout ceci allait bien pouvoir se terminer. Et comme la curiosité est souvent plus forte que tout, les pages se sont tournées très vite.

Une particularité de ce roman : les personnages parlent le langage de la cité dans les dialogues. Un détail qui renforce encore le côté immersif de ce roman. Bien sûr, on ne comprend pas toujours l'intégralité des dialogues si on n'est pas initié à ce langage mais on saisit l'essentiel, ce qui nous permet de bien suivre toute l'histoire.


En conclusion :


Ce roman a été un grand coup de coeur pour moi. J'ai vraiment adoré me retrouver plongée dans cet univers si sombre, effrayant et si réel des banlieues de Paris. Un récit poignant, percutant, qui ne m'a pas laissée de marbre. Les personnages sont criants de vérité et on s'attache très vite, malgré le fait qu'il exerce une activité illicite, à Moussa, le petit trafiquant de drogue qui voue une loyauté sans faille à son ami Tony. 

Une histoire qui peut changer notre vision des habitants des cités : tous ne sont pas si mauvais que cela, mais peu réussissent à s'en sortir sans devoir faire de trafic pour survivre. Tony avait un rêve, devenir boxeur pro, se sortir de cette cité qui ne lui promettait pas d'avenir brillant... Ce roman, c'est l'histoire d'un rêve brisé.


Mon appréciation :

Coup de coeur !



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En vente depuis le 13 mars 2013


lundi 11 juin 2012

Mon avis sur : "Vampires d'une nuit de printemps" de Lia Vilorë

248 pages
Editeur : Editions du petit caveau
Dates de parution :  15 mai 2012
Origine : France
Version originale
ISBN :   978-2-919550-04-3
Prix : 17,90€

Voici mon avis concernant "Vampires d'une nuit de printemps" de Lia Vilorë.


Jetons tout d'abord un oeil à la couverture.
J'aime beaucoup le coup de crayon de l'illustratrice, Rozenn Illiano.
Sur cette image, une jolie jeune femme à l'allure moderne de par sa coiffure et son maquillage. Sa tenue aux accents légèrement "clownesques" illustre parfaitement l'humour décalé de ce roman. La jeune femme, qui n'est autre que
Lía Fáil, l'héroïne, tient une fleur face à un micro de scène. Chose étrange, cette fleur est affublée d'un visage aux caractéristiques humaines et, comme si cela ne suffisait pas, elle chante ! Oui, elle chante. En jetant un coup d'oeil attentif à la jeune femme, on pourrait se dire qu'elle est en train de nous jouer un numéro de ventriloque. C'est presque ça. Mais notre héroïne est bien plus qu'une simple ventriloque. Je vous en reparle dans quelques instants. Commencez par vous imprégner de l'atmosphère particulière du roman en en découvrant le résumé. ;-)


Voici le résumé figurant au dos du roman :
 "Cher journal,
Désormais, mon nom est Fáil, Lía Fáil, et je suis un vampire.
Sans déconner ?
Punaise de pouvoir idiot, et tu réponds à l’écrit en prime !
Ben, depuis le temps, je sais que tu ne sais pas t’empêcher d’écrire tes tracas alors…
Ouais… pas faux…
Alors, vas-y, raconte…
En décembre dernier, je suis devenue un vrai vampire du genre « Kit complet sans les petits inconvénients ». Avec le sexy garde-du-corps écossais en prime.
Tu vas en faire des envieuses ! 
Ouais… surtout qu’à l’heure qu’il est, c’est le seul à ne pas vouloir ma tête pour un crime que je n’ai pas commis !
Qui est ? 
Toute ma nouvelle famille m’accuse d’avoir assassiné notre Maître, celui qui m’a créée. Mais je te jure : j’ai rien fait !
Ça me rappelle quelque chose…
M’en parle pas !
***
Bourré de références cinématographiques, de traits d’humour et de rebondissements, l’auteur nous propose de suivre les pas de son héroïne, Lia Fáil, dans une enquête qui lui permet de vivre maintes péripéties. un récit moderne et original, teinté d’humour pour le moins mordant !"



Voici un extrait du roman :




Parlons un peu des personnages.
Tout d'abord, je tiens à vous présenter un peu plus en détails (Pas trop non plus ! Je ne voudrais pas vous gâcher le plaisir de la découvrir par vous-mêmes.) Lía Fáil, l'héroïne. Ce roman est son histoire. L'histoire de sa deuxième vie. Non pas qu'elle soit le genre de personnage à mener une double vie ! En fait, on peut dire que Lía a vécu une nouvelle naissance. Elle aurait dû compter parmi les victimes d'un accident de bus mortel mais le destin en a décidé autrement. Un homme étrange enveloppé dans un long manteau noir lui a offert cette renaissance. Mais à un certain prix : il a fait d'elle un vampire. Lía a tendance à râler souvent (pour ne pas dire la plupart du temps !), a un caractère plutôt explosif et pas vraiment facile à vivre pour les autres et de surcroît, elle s'exprime avec un franc-parler qui peut prêter à rire ou choquer les lecteurs. Personnellement, je fais partie des lecteurs ayant apprécié cette liberté évidente d'expression et le caractère terrible de cette héroïne mais je pense que certaines personnes pourraient trouver la demoiselle agaçante, imbuvable, à claquer contre un mur. Tout est question de goût. Quoiqu'il en soit, cette jeune femme avec tous ses défauts est promise à une destinée hors-norme qui lui vaudra d'être la victime d'un affreux complot : son maître vampire sera assassiné et le coupable cherchera à lui faire porter le chapeau.
Oh ! J'allais oublier : comme chacun des vampires présents dans ce roman, Lía a hérité d'un pouvoir unique. Elle n'est pas une simple ventriloque comme on pouvait le penser en décryptant la couverture. Elle arrive véritablement à faire parler les objets : maison, pipe, épée... se mettent à jacasser comme des pies en sa présence. Un pouvoir qui paraîtra de prime abord farfelu et pas très utile mais qui s'avérera être d'une grande valeur au fil des événements.


Deux autres personnages dont je voudrais parler rapidement : Maximilian Orfhlaith et Amaël Ailill.

Le premier est le maître vampire qui a transformé notre héroïne en vampire. Je l'ai trouvé très charismatique. J'ai presque été déçue qu'il soit victime d'un assassinat. Car c'est de son meurtre que Lía est accusée. Le meurtre de celui qui lui a permis de revivre et d'accomplir sa destinée. Le maître vampire de chaque clan ("convent") est la seule figure à pouvoir engendrer d'autres vampires. Il est donc d'une importance capitale pour l'existence et la survie de ses disciples.


Amaël Ailill est un vampire d'origine écossaise. D'un courage exemplaire, d'une force hors-norme, d'une galanterie sans faille, d'un sang-froid impressionnant, ce solide gaillard a toutes les qualités d'un preux chevalier. Enfin, c'est l'image que j'en ai eu. C'est un gentleman certes, mais avec une pointe de machisme : il considère que les femmes ont besoin d'être protégées car elles sont faibles. Amaël appartient au convent lié à celui de l'héroïne. A chaque membre du convent Orfhlaith correspond un membre du convent Ailill de sexe opposé. Amaël est donc le partenaire destiné à Lía.
J'ai vraiment adoré ce chevalier-servant, incarnation de la force tranquille mais cachant bien plus sous sa carapace. C'est mon personnage coup de coeur de ce roman.

Bien sûr, ce roman est peuplé de bien d'autres personnages vampiriques que je vous laisserai découvrir. ;-) J'ai tenu, comme d'accoutumée, à ne vous parler que de ceux qui m'avaient le plus marquée.

Mon avis concernant ce roman :
Un roman qui m'a beaucoup fait rire et qui a su aussi me surprendre.

L'humour est omniprésent. C'est un humour assez "cru", souvent déjanté et complètement décalé ! Comme je le disais un peu plus haut, certains lecteurs auront peut-être du mal à apprécier pleinement la liberté totale d'expression et le langage de l'héroïne parfois fleuri et parsemé de quelques noms d'oiseaux. Mais attention ! Même si le ton est très relâché, il ne franchit jamais la frontière de la vulgarité gratuite. Je dirais plutôt que l'auteure a su nous livrer un personnage féminin haut en couleur et non conventionnel, à la limite de l'anti-héroïsme. Lía n'a rien d'une femme "sois belle et tais-toi". Elle a un tempérament de feu presque exagéré qui contraste délicieusement avec le caractère "force tranquille" de son compagnon Amaël. Si l'on creuse un peu sous la surface, on se rend compte que les personnages ont été travaillés malgré ce sentiment de stéréotype que l'on éprouve en faisant leur connaissance. Lía la femme au tempérament impétueux, la femme plus têtue qu'une ânesse, la femme au cynisme énervant, se révèle être aussi une femme pouvant faire preuve de sagesse et de fragilité. Il en est de même en ce qui concerne Amaël : la force tranquille, l'homme "bonne pâte", nous montre qu'il cache un véritable volcan sous la surface.


On pourrait scinder le roman en deux parties très facilement. La première partie nous fait entrer dans le nouveau monde de Lía. Nous pénétrons en même temps qu'elle dans cet univers vampirique à la mythologie originale. Certaines explications concernant les origines de ces vampires nous paraîtrons un peu compliquées à comprendre, mais les principales informations sont faciles à assimiler. L'auteure nous propose du vampire neuf, du vampire original, créé à partir d'un mélange de caractéristiques traditionnelles et de nouveautés. Parmi les particularités que j'ai trouvées intéressantes figure le fait que chaque vampire se voit affublé d'un pouvoir (qu'il ne choisit pas) unique.

Une fois notre intégration quasiment terminée au sein de cette communauté vampirique, nous nous trouvons face au tournant de l'histoire : le meurtre du maître vampire. A partir de ce moment-charnière, le récit va prendre une direction tout à fait différente et nous nous retrouvons projetés au sein d'un roman policier. Cette deuxième partie ravira les amateurs d'enquêtes.
Les preuves semblent indiquer le coupable dès les premières pages de cette deuxième partie ? Si vous pensez ainsi, sachez que vous venez de tomber droit dans le piège que nous tend l'auteure. Beaucoup de rebondissements, de fausses pistes, de suspense. L'auteure nous mène par le bout du nez... jusqu'à la dernière page ! Eh oui ! J'ai bien dit "jusqu'à la dernière page".

Mais j'avoue que ça a été un véritable plaisir de me faire mener en bateau de la sorte avec autant d'humour et de fraîcheur.


En conclusion : 
Une fois de plus un roman qui nous prouve que toutes les histoires mettant en scène des vampires ne se ressemblent pas. Un humour décalé, un roman pétillant à souhait qui sort des sentiers battus, une héroïne à la fois agaçante et attachante, une nouvelle mythologie vampirique, ... bref, un roman qui mérite largement qu'on y plante les crocs.
 

Un grand merci à l'auteure, Lia Vilorë et aux  éditions du petit caveau pour m'avoir permis de découvrir ce roman à l'occasion d'un partenariat via Ex-Tenebris.

mardi 24 avril 2012

Mon avis sur "Sérum, saison 1 épisode 1" de Henri Loevenbruck et Fabrice Mazza

191 pages
Editeur : J'ai Lu
Dates de parution : février 2012
Origine : France
Version originale
ISBN :   978-2-290-04174-1
Prix : 6€

Voici mon avis concernant "Sérum, saison 1 - épisode 1"" de Henri Loevenbruck et Fabrice Mazza.


Jetons tout d'abord un oeil à la couverture.
Une spirale hypnotique constitue la principale illustration de cette couverture. Mais cette spirale a quelque chose de particulier : elle semble être formée de deux parties qui s'enroulent ensemble. On peut y voir une représentation du temps : passé/présent/futur avec une sorte de fracture au niveau de la jonction. Pourquoi cette perturbation ? Sûrement pour illustrer le grand traumatisme subi par l'un des personnages principaux de la série. Ces cercles concentriques me font aussi penser à une cible. Et là, tout s'enchaîne avec logique dans mon esprit : cible --> balle dans la tête --> amnésie --> rupture de l'enchaînement temporel passé/présent/futur.

Il y a aussi d'autres détails intéressants (car même si cette couverture semble relever d'une grande sobriété et d'une grande simplicité, je la trouve après examen attentif, riche en subtilités) comme la police un peu trash utilisée pour le titre : elle donne une impression de quelque chose de cassé, d'abîmé... comme la mémoire de la pauvre Emily Scott, l'un des personnages clés de cette série.
Une dernière chose : le symbole en forme de cygne blanc. On peut se demander ce que vient faire ce petit dessin ici, sur cette couverture... On comprendra le lien avec l'histoire dès qu'on aura commencé la lecture du deuxième épisode. Je tiens d'ailleurs à préciser que ce dessin diffère d'un épisode à l'autre. Ils donnent l'impression d'être comme des indices semés volontairement par les auteurs pour nous pousser à nous interroger sur leur signification.

Oui, je sais, dit comme ça, ça paraît un peu compliqué mais après lecture du roman vous comprendrez parfaitement ce à quoi je fais allusion. ;-)



Voici le résumé figurant au dos du roman :
                                "1773 : MESMER INVENTE L’HYPNOSE
   1886 : FREUD INVENTE LA PSYCHANALYSE
2012 : DRAKEN INVENTE LE SÉRUM
Une injection.
Sept minutes pour accéder au subconscient d’Emily Scott.
Un carnet pour décrypter ses visions fantasmagoriques.
Quelques jours pour empêcher le pire.
Mais quand les morts suspectes se multiplient, le NYPD se pose une question : Arthur Draken est-il un psychiatre de génie ou un dangereux criminel ?"



Voici le trailer officiel du roman :





Parlons un peu des personnages.
Mes trois personnages préférés sont le Docteur Draken, le détective Lola Gallagher et Emily Scott.

Le premier, Arthur Draken, est à l'origine du titre de la série. Et oui, d'après le résumé du livre, ce serait ce cher Arthur qui serait à l'origine de l'invention du Sérum, une substance dont l'injection permettrait de faciliter l'induction hypnotique et d'accéder au plus profond du subconscient de ses patients. Il filme chaque séance qu'il conserve sur cassettes vidéos afin de les revisionner, les étudier et décrypter les symboles cachés dans les paroles des sujets. Oh ! Je me rends compte que j'ai oublié de vous préciser que le Docteur Draken est psychiatre. Je vous préviens tout de suite : le prix de la consultation n'est pas à la portée de toutes les bourses. ^^ J'ai tout de suite eu une profonde tendresse pour ce personnage à l'humour cynique. Il m'a un peu fait penser au célèbre Dr House de la série télévisée (ben oui, je regarde aussi la télévision parfois).

Le détective Lola Gallagher est une héroïne à la fois forte et fragile. Elle a un côté rebelle et n'hésite pas à braver les consignes quand elle sent que ça peut faire avancer les choses. Elle prend en charge Emily Scott, une femme de 35 ans qui, après avoir reçu une balle dans la tête souffre d'amnésie. Emily Scott est le nom qui lui est donné par la police. Dans ce premier épisode, on ne connaît pas son vrai nom. Lola décide de l'emmener chez Draken afin de l'aider à retrouver la mémoire.

Le Docteur Draken se trouve ainsi confronté au cas le plus compliqué de toute sa carrière. Grâce à son sérum, il va découvrir qu'Emily semble connaître des détails concernant un drame qui se prépare et qui pourrait changer l'avenir de la planète. Il n'a que peu de temps pour arriver à décrypter le secret qui se cache dans la mémoire d'Emily, d'autant plus que la jeune femme est en danger de mort : ceux qui ont essayé de la tuer souhaitent terminer le travail avant qu'elle ne puisse délivrer des informations capitales à quiconque.

Je ne vous parle que des trois personnages qui m'ont le plus marquée mais ce roman est peuplé de beaucoup d'autres personnes comme le fils de Lola Gallagher, Ben Mitchell (chercheur en neurophysiologie atteint de cécité), Phillip Detroit (le collègue geek de Lola), Tony Velazquez (un jeune officier de police que Lola prend sous son aile)...


Mon avis concernant ce roman :
"Sérum" inaugure un nouveau concept littéraire : le roman-série.
Tout le monde a déjà visionné au moins une fois dans sa vie une série télévisée. Et bien, "Sérum" a un goût très prononcé de série télévisée diffusée non pas sur écran mais sur papier.
Il y a en effet beaucoup de similitudes entre votre feuilleton télévisé préféré et "Sérum".
Tout d'abord, cette série est divisée en saisons et en épisodes (tout comme les séries télé). Chaque épisode est publié au fur et à mesure selon un calendrier digne des diffusions sur un programme télé.

Voici, par exemple, le calendrier de publication des 6 épisodes de la saison 1 :

- Episode 1 : 28 mars 2012
- Episode 2 : 25 avril 2012
- Episode 3 : juin 2012
- Episode 4 : septembre 2012
- Episode 5 : octobre 2012
- Episode 6 : novembre 2012

Chaque épisode est constitué d'un court roman de 200 pages environ. La première saison sera constituée de 6 épisodes, donc, de 6 romans. Pour le moment trois saisons ont été prévues mais il est possible que l'aventure ne s'arrêtera pas là.

L'un des avantages de ce système est de proposer des livres à un prix très abordable ( 6€ chaque épisode). Son format est aussi un petit plus bien agréable : format poche, pas trop épais, idéal pour être transporté partout. Enfin, le côté "série-télé" est un point fort non négligeable quand on voit le succès remporté par les séries-télé auprès du public.

Le principal inconvénient (puisqu'il faut bien en trouver un) est de devoir attendre la date de sortie du prochain épisode pour connaître la suite. Mais, n'est-ce pas le cas de nos feuilletons télévisés préférés ? ;-)

Mais les similitudes avec une série-télé ne s'arrêtent pas là.

"Sérum" a tout d'une bonne série-télé : suspense, rebondissements, tissage d'intrigues savamment mené, style cinématographique, rythme haletant, personnages attachants et mystérieux...

Lorsque j'ai ouvert cet épisode 1 pour la première fois, j'ai découvert que l'expérience "Sérum" ne se réduisait pas à ce que je vous ai déjà cité. En effet, pour les heureux propriétaires d'un téléphone portable suffisamment moderne, des flash-codes sont prévus au fil des chapitres. Ils sont censés donner accès à du contenu multimédia qui permet de se plonger encore plus profondément dans l'univers de "Sérum". Je n'ai malheureusement pas pu tester ce système (mon téléphone portable n'est pas un modèle très moderne). J'étais un peu embêtée de ne pas pouvoir le faire. J'avais peur de passer à côté de quelque chose d'important... Mais j'ai très vite appris que le contenu était accessible via le site internet de "Sérum" dont voici l'adresse : http://www.serum-online.com/
Ouf ! J'ai ainsi pu expérimenter la lecture de quelques chapitres en écoutant les morceaux de la bande-originale spécialement composée pour la série. De quoi se mettre vraiment dans l'ambiance de chaque passage.
Sur ce site, vous découvrirez aussi quelques infos sur les personnages et les lieux des romans en vous promenant directement dans les rues de New-York grâce à la navigation Google Earth. J'ai trouvé l'idée plutôt sympa. Pouvoir se promener dans les rues de New-York sans décoller de son siège...

Excusez-moi, je m'égare. Où en étais-je ?
Ah oui, ça me revient.
Je souhaitais aussi mentionner le petit "générique" (du moins, c'est à cela que ça m'a fait penser) que l'on retrouvera à chaque début d'épisode. Si vous avez visionné la bande-annonce du roman (si tel n'est pas le cas, remontez un peu sur cette page et regardez la vidéo) vous aurez un petit aperçu de ce "générique textuel" dont je vous parle. Ce petit "générique" nous annonce que notre épisode est sur le point de commencer. Chut ! Asseyez-vous et ne faites plus aucun bruit. ;-)

Ce premier épisode est ce que l'on pourrait appeler le "roman-pilote" de la série. Grâce à lui nous faisons connaissance avec les principaux personnages et nous nous imprégnons du monde de "Sérum". Mais cette première immersion ne se fait pas en douceur ! Dès les premières pages nous plongeons tête la première dans le mystère et le suspense. Les chapitres sont de véritables scènes : ils sont courts et donnent un rythme soutenu au récit. Pas de longs discours stériles, le style est très visuel, cinématographique et il va à l'essentiel. Attention ! Ce roman n'est pas écrit entièrement comme un script, il conserve un côté littéraire très agréable. Les dialogues sont écrits selon les règles du roman mais ils sonnent avec une telle justesse qu'on pourrait très bien les jouer à l'écran.
Petit à petit des questions commencent à se poser. Normal ! "Sérum" est avant-tout un roman d'investigation. Comme dans les séries-télé, les réponses ne nous seront pas entièrement données avant la fin de la saison.
Donc, tout s'enchaîne à une vitesse folle, les pages tournent, encore et encore... jusqu'à ce qu'apparaisse le si frustrant "A suivre..." Et pour nous mettre encore plus en appétit, on nous offre un petit teaser de l'épisode suivant qui nous donne envie de hurler "Pitié ! Donnez-moi la suite maintenant !"

Exactement comme les séries-télé. En revanche, "Sérum" présente un point fort supplémentaire : pas de pub qui débarque en plein milieu de chaque épisode ! ^^



En conclusion : 
Je sais, je vous ai fait un véritable discours mais sachez que j'aurais eu encore bien des choses à vous dire à propos de ce premier épisode : j'aurais pu tenir une véritable conférence sur ce petit concentré d'innovation et de suspense. ;-)

En tous cas, je ne regrette pas d'avoir accepté l'injection de cette première dose de "Sérum" qu'on m'a proposée. Je viens d'ailleurs de recevoir ma deuxième dose et je peux vous garantir d'ores et déjà que les effets sont spectaculaires ! Pour le moment, pas trop d'effets secondaires, mis à part une très forte accoutumance.

Je ne peux que vous conseiller de tenter vous aussi cette expérience, mais, je vous aurais prévenus : il y a un gros risque d'addiction !

Un grand merci aux auteurs, Henri Loevenbruck et Fabrice Mazza ainsi qu'aux  éditions J'ai Lu , pour me permettre de vivre cette expérience.

lundi 26 mars 2012

Mon avis sur "Le premier sang" de Sire Cédric

512 pages
Editeur : Le pré aux clercs
Dates de parution : février 2012
Origine : France
Version originale
ISBN :   978-2-84228-468-8
Prix : 19,50€

Voici mon avis concernant "Le premier sang" de Sire Cédric.


Jetons tout d'abord un oeil à la couverture.
Une couverture qui donne une atmosphère mystérieuse. Cet oeil rouge qui nous regarde avec dureté et cette bouche féminine, à qui appartiennent-il ? En entrant dans le récit, on réalise très vite qu'il s'agit du visage de l'héroïne, Eva Svärta, une policière albinos au lourd passé. Le regard dessiné exprime à la fois de la souffrance, de la détermination et de la haine. La bouche close, quant à elle, symbolise le mutisme, le secret, le silence.
En filigrane partiel, nous apercevons des arbres. Symboles de l'attachement, de la descendance, ils symbolisent les origines de l'héroïne, ses racines et son passé, celui qu'elle cherche désespérément à comprendre pour en exorciser les démons qui la hantent. Tiens ? J'ai employé le mot "exorciser" ? Cette forêt me fait aussi penser à la forêt de Brocéliande, lieu de magie. Et la magie, ou plutôt la sorcellerie, est l'un des thèmes de ce roman.
Le côté "flash" de l'illustration fait penser à une perte de mémoire, une amnésie, un blanc dans son histoire personnelle. Il exprime parfaitement le flou dans lequel se trouve Eva.

Assez parlé de la couverture, passons à la suite !

Voici le résumé figurant au dos du roman :
"Les plus grandes terreurs naissent dans l'enfance et prennent racine au plus profond de nous.
Qu'est-ce qui les fait resurgir ? Sommes-nous capables de les surmonter ?

Par une nuit d'hiver glacée, deux flics de la criminelle, partis pour surveiller un parrain de la drogue en banlieue parisienne, mettent les pieds dans une étrange affaire. Leur principal suspect est mort brûlé vif dans son appartement et les méthodes employées ne ressemblent pas à un règlement de compte. Eva Svärta, la policière albinos, dominée par le désir obsessionnel de retrouver le meurtrier de sa mère et de sa soeur jumelle, pressent un danger imminent. Et si les fantômes du passé se mettaient à reprendre vie ? Hallucination ou réalité ?

À travers ce nouveau roman étonnant de maturité, Sire Cédric ramène son héroïne aux origines du mal qui l'empoisonne. Le vertige qui la submerge progresse tout au long de l'intrigue, impitoyablement, terriblement. Vos nuits n'ont pas fini de vous surprendre.
"



Voici la bande-annonce du roman : 




Parlons un peu des personnages.
Tout d'abord, il y a Eva, Eva Svärta, une policière albinos qui cherche à réunir les pièces du puzzle de son passé afin de comprendre pourquoi sa soeur jumelle et sa mère ont été assassinées alors qu'elle a été épargnée par le meurtrier. Eva se révèle être un personnage très fort. Elle a beaucoup de personnalité, de force mais aussi de fragilité. Eva menace plusieurs fois de basculer du côté obscur. Sa conscience professionnelle la ramène toujours sur le droit chemin, parfois in extremis. J'ai beaucoup aimé son côté singulier : une apparence aussi ambivalente que sa personnalité, une apparence qui suscite à la fois de la curiosité de la part de ses collègues mais aussi de la peur.
Eva souffre... en silence dans une sorte de forteresse de solitude qu'elle a érigée autour d'elle. Elle a une capacité d'empathie au-delà de la normale ce qui lui permet d'avoir une sorte de sixième sens. Grâce à son flair, elle finira par découvrir la vérité, cette vérité qu'elle cherche depuis le jour du meurtre de sa mère et de sa soeur, cette vérité qu'elle aurait finalement peut-être préféré ne pas connaître.

Ensuite, il y a le commandant Alexandre Vauvert, le héros masculin du roman. Il est présenté comme ayant une stature imposante. Le commandant Vauvert a un petit faible pour Eva, il est plutôt protecteur. Au début de l'histoire, Eva et lui ne sont pas vraiment voisins mais, au fur et à mesure, les événements vont les rapprocher à nouveau.

Et puis, il ne faut pas oublier les "méchants" de l'histoire. Ils sont au nombre de cinq. Quatre hommes et une femme. Ils ont, des années plus tôt, réveillé des forces sombres. Ils sont liés par un serment qui ne peut être brisé. Ils sont allés trop loin pour pouvoir faire demi-tour. Quatre d'entre-eux ont tenté de tout arrêter mais le retour surprise du cinquième membre de leur "bande" va bouleverser le cours des événements.

Ce n'est pas évident de parler de ces personnages capitaux sans en dévoiler trop. Vous ne m'en voudrez donc pas si j'ai essayé de rester le plus évasive possible. ;-)


Mon avis concernant ce roman :
Un roman que je ne suis pas prête d'oublier. Un roman mêlant habilement intrigue policière et fantastique.

Les personnages sont d'une crédibilité incroyable, d'une humanité saisissante. Loin des stéréotypes, ils ont des personnalités très fouillées, des passés riches qui les rendent forts et attachants.

L'intrigue file à un rythme de plus en plus effréné. Pas de place pour le moindre temps mort ! Les chapitres courts et les points de vue multiples participent avec brio à la mise en place de ce tempo, donnant naissance à un suspense total jusqu'à la dernière page. Nous entrons dans la lecture la tête pleine de questions, d'interrogations, de doutes. Notre lecture se trouve au fil de notre avancée, jalonnée par des indices distillés avec pertinence, répondant partiellement à certaines de nos questions mais sans trop dévoiler de choses afin que l'on ait envie de toujours aller de l'avant.

Les descriptions sont ciselées : rien de superflu, pas de longueurs inutiles, l'auteur ne nous décrit que l'essentiel, ce qui nous permet de plonger pleinement dans l'histoire. Il va droit au but. Son style pourrait être qualifié de cinématographique tant il est percutant et visuel.

J'ai beaucoup aimé le tissage d'intrigues de ce roman : plusieurs fils qui ne semblent rien avoir en commun et qui, petit à petit, se croisent, se nouent, jusqu'à former une seule et unique toile solide. En effet, les premiers chapitres nous racontent deux histoires différentes : la première est celle d'Eva. La seconde celle du commandant Vauvert. Chacun traite sa propre affaire de son côté jusqu'au moment où un lien entre les deux affaires est mis en évidence.

Ce roman va bien au-delà du simple thriller fantastique. Il pousse jusqu'au thriller horrifique. De nombreuses scènes d'horreur font partie intégrante de l'histoire. Le style de l'auteur nous rend ces abominations supportables. Il arrive presque à rendre beaux ces instants de boucherie. C'est un paradoxe, je le conçois, mais ce que j'ai pu ressentir, contrairement aux romans de Stephen King qui misent à fond sur la carte de l'horreur, de l'insupportable. J'ai aimé cette "pointe de douceur".

Un petit regret : je me mords les doigts de ne pas avoir lu le volet précédent, "De fièvre et de sang", mais là, ce n'est en rien la faute de l'auteur. ;-)


En conclusion : 
Ce roman était mon tout premier "Sire Cédric" et je m'en veux de ne pas avoir lu plus tôt les écrits de cet auteur exceptionnel.

Un petit conseil : afin de ne pas avoir de regret comme moi, lisez "De fièvre et de sang" avant de vous plonger dans la lecture du "premier sang" car, bien que la lecture du second volet puisse être faite indépendamment du premier, je suis certaine que l'on passe à côté de pas mal de choses importantes. Et puis, c'est un moyen de prolonger le plaisir. Les 512 pages de ce roman se lisent vite.

En arrivant à la fin du roman, je me suis dit que tout ne pouvait pas se terminer ainsi, qu'il devait y avoir une suite. Apparemment, j'aurais vu juste : un troisième tome semble être prévu. Je suis curieuse d'assister au dénouement, que dis-je ! au bouquet final de cette aventure palpitante. J'ai très envie de retrouver Eva et Vauvert.

Un grand merci à l'auteur, Sire Cédric et aux  éditions Le pré aux Clercs (tout particulièrement à Sigrid), pour m'avoir permis de découvrir cet excellent thriller.