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lundi 3 octobre 2011

"Memoria" de Laurent Genefort


364 pages
Editeur : Folio SF
Dates de parution : septembre 2011
Origine : France
Version originale

Voici mon avis concernant "Memoria" de Laurent Genefort.

Jetons tout d'abord un oeil à la couverture.
Un aspect de faux métal pour cette couverture. L'illustration met tout de suite dans le bain : il s'agit de science-fiction et plus précisément de space-opéra. Les vaisseaux spatiaux et la gigantesque "lune" le prouvent. Bien entendu, cette histoire semble se dérouler dans un futur (plus ou moins proche) à en juger par l'aspect du lieu représenté autant que par les vêtements de l'homme figurant sur l'image. Cet homme au premier plan n'est autre que le héros de l'histoire que nous nous apprêtons à découvrir et la drôle de malette qu'il tient dans la main droite est d'une importance capitale.
Cette image me procure un sentiment de solitude, de différence, d'exclusion. Les rails au sol donnent une impression de fuite vers un avenir improbable (le soleil que l'on aperçoit par la porte ouverte semble à la fois proche et lointain : une promesse illusoire).

Voici le résumé figurant au dos du roman :
"Il travaille pour le compte des multimondiales qui se partagent l'univers. Il erre de planète en planète au gré de ses contrats. Il est le tueur à gages le plus redouté des mondes humains. Le plus cher, aussi. Nul ne sait qui il est véritablement. Pas même lui. Tel est le prix de son immortalité, qu'il doit à un artefact extraterrestre unique et qui ne le quitte jamais. Tout comme les «crises de souvenirs» qui le terrassent de plus en plus souvent. Des souvenirs dont il ne sait même pas s'ils sont les siens. Des crises qui masquent une terreur secrète, tapie au fond de lui sous la forme d'un cauchemar qui, inexorablement, se rapproche et menace de l'engloutir.
Le compte à rebours est engagé...

Mémoria marque le grand retour de Laurent Genefort à la science-fiction et s’inscrit, comme la plupart de ses romans, dans l’univers des Portes de Vangk. Le roman est ici complété d’une nouvelle et d’un lexique de l’univers de la Panstructure."

Parlons un peu des personnages.
On n'apprend la véritable identité du personnage principal qu'à la fin du roman. Il s'appelle Ian mais durant la quasi totalité de l'histoire il ne s'en souvient pas. Il ne se rappelle pas de son passé, de ses origines, il n'a aucun souvenir de son véritable Moi. Et pourtant, des souvenirs, il en a à la pelle ! Mais ce ne sont pas les siens. Ian a la particularité de pouvoir "emprunter" le corps de n'importe quelle personne et de pouvoir s'injecter ses souvenirs afin de mener à bien des missions en infiltration totale. Ian est un tueur à gages. Il excelle dans sa branche et est grassement payé pour l'exécution de ses contrats.
Ian n'est pas mauvais. Il ne tue pas d'innocent et ne fait qu'emprunter les corps et les souvenirs des autres. Une fois sa mission accomplie, il se transfère dans un nouveau corps et rend l'ancien à son propriétaire. Tout ceci lui est permis grâce à la drôle de machine extra-terrestre unique qui se cache dans la malette dont il ne se sépare jamais.

Mais tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes pour Ian. Il est victime de crises de souvenirs de plus en plus intenses et rapprochées. C'est ce qu'il appelle le cauchemar noir. Devant l'augmentation de la force et de la fréquence de ces crises, Ian pense qu'il est en train de payer son immortalité par une menace de plus en plus proche, un danger qui le rapproche de plus en plus de sa propre fin.

Un personnage complexe, torturé, fort. Un personnage dont la découverte du passé ne nous laissera pas sans réaction émotionnelle. 

Pour moi, tous les autres personnages du roman ne sont que secondaires. Même s'ils sont plutôt bien travaillés, aucun d'eux n'a autant d'impact que Ian.

Mon avis concernant ce roman :
Pas évident de se plonger dans un space-opéra lorsqu'on a perdu l'habitude d'en lire. Et pourtant, j'ai tout de suite accroché au personnage principal dont nous suivons l'histoire au fil des pages. Ma curiosité a été plus forte que tout et l'intrigue principale n'a cessé de me tirer en avant, évitant les obstacles qui auraient pu me gâcher la lecture.

Quand je parle d'obstacles, je veux parler de la complexité de l'univers (ou plutôt des univers) dans lequel se passe l'histoire. D'ailleurs, je tiens à tirer mon chapeau à l'auteur pour le formidable travail qu'il a fait en créant cet univers des Portes de Vangk. Un univers pertinent et d'une richesse incroyable. Tout est tellement bien décrit que l'on arrive à s'imaginer le décor dans lequel évolue notre héros. Même s'il faut parfois faire quelques efforts pour arriver à matérialiser certaines parties dans notre tête, on finit toujours par arriver à se représenter la scène grâce aux détails soignés dont l'auteur nous abreuve.

Concernant cet univers, je tiens à vous faire part de la réflexion que je me suis faite pendant ma lecture : je me suis dit que tout ceci me rappelait une série que je regardais à la télévision il y a quelques années en arrière. Je veux bien sûr parler de "Stargate" et ses innombrables portails intergalactiques. Les portes de Vangk de "Memoria" ont énormément de similitudes avec la fameuse porte des étoiles de la série télé. Pour continuer dans les comparaisons avec les séries télévisuelles, je pourrais aussi citer "Code Quantum" pour le côté "je-me-retrouve-dans-un-corps-qui-n'est-pas-le-mien", "le caméléon" pour le côté camouflage savant et fuite intelligente, "Dead Zone" pour le côté amnésique du héros, ... Bref, "Memoria" est un peu un mélange de tous ces concepts.

Par contre, pour les non-initiés à ce genre de littérature, il faut un peu s'accrocher au début : beaucoup de termes très spécifiques, de noms bizarres, de concepts futuristes... Rien d'insurmontable puisque j'ai réussi à m'imprégner de l'atmosphère de cette histoire haletante.

Tout au long du récit nous partageons les peurs et la souffrance du héros. Au fil des pages on n'a envie que d'une chose : découvrir qui il est vraiment. Et l'auteur le sait parfaitement ! Il finit par nous donner ce que l'on attendait mais, oh ! surprise ! ce n'est pas vraiment ce à quoi on s'attendait. Une fin qui va très vite, une fin très forte, un concentré de révélations. Nous découvrons la véritable identité du héros en même temps que lui et nous sommes autant surpris que lui.


En conclusion :  

Quel plaisir de pouvoir renouer avec les space-opéras grâce à ce roman ! En tant normal, je ne suis pas très friande de ce style de littérature : des univers et des enjeux trop compliqués dans lesquels on a tendance à vite se perdre, se noyer... "Memoria" est un space-opéra qui nous garde la tête hors de l'eau jusqu'à la dernière page. Et pour ceux qui souhaiteraient savoir précisément à quoi correspond tel ou tel terme, un lexique est proposé à la fin de l'ouvrage.

J'allais oublier : "Memoria" est suivi d'une nouvelle qui reprend le même personnage principal et le même concept. Très intéressant de pouvoir comparer le roman et la nouvelle. Personnellement, j'ai tout de même une préférence pour le roman : j'aime quand tout est bien développé !

Je conseille bien entendu la lecture aux fans de space-opéras qui se régaleront au moins autant que moi. Les non-initiés à ce style de littérature mais qui aiment la science-fiction en général (comme moi) pourront eux aussi être conquis.

Un grand merci à Karine du forum "club de lecture" , à l'auteur, Laurent Genefort et aux éditions Folio pour m'avoir permis de découvrir ce titre lors d'un partenariat.

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